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Vingt prévenus à la barre pour un trafic « structuré » de paka

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Mardi matin s’est ouvert le procès d’un vaste trafic de paka dont la production venait de la Presqu’île et des îles Sous-le-vent. Ce sont en fait deux trafics qui ont cohabité sur un même lieu de revente à Faa’a.

C’est un procès peu ordinaire qui s’est ouvert mardi matin au tribunal correctionnel de Papeete. Vingt prévenus comparaissent dans le cadre d’un vaste trafic de paka mis à jour en 2014. Un procès prévu sur trois jours. Et pour cause, le dossier s’intéresse à deux réseaux différents : l’un venant de la Presqu’île de Tahiti et l’autre des îles Sous-le-vent. Leur point communs ? Une cohabitation sur un même lieu de revente et les même dealers à Faa’a, principalement dans le quartier de la stèle de Tavararo et à Outumaoro. L’affaire met également à jour un trafic à l’organisation particulièrement structurée. « Presque une entreprise », a indiqué le juge lundi matin. Le trafic aurait rapporté près de 250 millions de Fcfp et permis d’écouler 5 000 boîtes par mois entre 2011 et 2014.

L’entreprise de la Presqu’île

Le réseau de la Presqu’île est le plus organisé avec un cloisonnement de chaque étape, de la production à la revente. On compte donc un grossiste, absent à l’audience, cinq revendeurs, trois planteurs, et deux «boss » dont un « big boss ». Si lors de leurs auditions en garde à vue ou devant le juge d’instruction,  les « petites mains » ont reconnus les faits et ont mis en cause les « boss », leurs versions étaient bien différentes lundi matin à la barre du tribunal correctionnel. Plus question d’évoquer des gains proches des millions de Fcfp. Les bénéfices ont été revus à la baisse. Les prévenus ont évoqué des pertes de mémoire sur les quantités vendues ou ont affirmé avoir parlé sous le coup de la colère. Des déclarations parfois contradictoires. Le prévenu identifié comme le « big boss » a varié dans ses déclarations pour reconnaître ses associés, comme l’explique son avocate Me Boulleret.

Le trafic familial des îles Sous-le-vent

La deuxième partie du trafic part de Huahine et Taha’a où est cultivé le paka. Le trafic se rapproche plus d’une entreprise familial avec à sa tête deux frères qui se rejettent la paternité de l’opération. La marchandise était conditionnée dans les îles, avant d’être envoyée à Tahiti par le Hawaiki Nui ou directement en poti marara. Ce sont ainsi 14 bacs en plastique contenant en tout 48 kilos de paka qui ont fait la navette, pour un gain de près de 18 millions de Fcfp. Le benjamin de la fratrie, désigné comme le leader, n’a pas contesté l’organisation mais a tout de même tenté de minimiser ses gains. Une précision importante, pour son avocat Me Jourdaine.

La journée de mercredi sera consacrée aux réquisitions du procureur et aux plaidoiries de la défense. Les prévenus encourent 10 ans de réclusion criminelle et 20 ans pour les quelques récidivistes.

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1 Commentaire

  1. Iritahua
    12 avril 2017 à 7h19 — Répondre

    Le gain que rapporte le Paka, de leur dire de travailler sous la direction d’un patron avec 39 heures par semaine avec un smig, le choix est vite fait. Arrêtons d’incriminer le Gouvernement ne fait rien.

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