ACTUS LOCALESCOMMUNESSPORTS Au stade Ganivet, le cauchemar des crampons, la rénovation en question Vaitiare Pereyre 2025-03-18 18 Mar 2025 Vaitiare Pereyre Depuis août dernier, les granulats censés stabiliser la surface du gazon synthétique du stade Ganivet se décomposent sous la chaleur. Et la situation va en s’empirant selon ses utilisateurs, qui se plaignent d’une pâte verte qui s’accroche aux crampons et dont ils ont du mal à se débarrasser. Jusque là, la situation faisait l’objet de discussions aux abords du stade mais depuis le weekend dernier les plaintes se multiplient sur les réseaux sociaux. La mairie, « consciente de l’urgence », explique travailler depuis septembre sur le sujet : elle envisage plusieurs solutions dont celle d’un co-financement par le Pays dans le cadre des Jeux du Pacifique. Un peu plus de quatre ans après son inauguration en juin 2020, la pelouse synthétique du stade Ganivet, utilisée par quelque 500 licenciés de la section football de Tefana, est dans un état préoccupant. Les utilisateurs du stade s’agacent de plus en plus de la présence d’une matière verdâtre et collante qui s’accroche à leurs crampons et dont ils ont du mal à se débarrasser. Si pendant plusieurs mois, le sujet a alimenté les discussions aux abords du stade et dans les services municipaux, depuis le week-end dernier, la grogne s’est amplifiée sur les réseaux sociaux, notamment du côté des parents de jeunes joueurs. « J’espère que vous trouverez vite une solution pour ce terrain. Nous, parents, on n’a pas les moyens de racheter des crampons à chaque fois ! » peut-on lire sous une publication mentionnant l’association sportive de Tefana. D’autres témoignages rejoigne celui-ci: « C’est fiu d’enlever ça après chaque entraînement. En plus, quand ça durcit, c’est encore plus difficile à enlever. » « Ça ne fait qu’empirer » Et le problème ne se limite pas aux chaussures. On en retrouve aux abords du stade, puisque certains tentent de s’en débarrasser avant de regagner leur domicile. « Maintenant, il y a certains joueurs qui viennent à l’entrainement avec des tournevis » , confie Xavier Samin, un des coachs de l’équipe de Faa’a. Il en parle d’ailleurs comme une galère quotidienne: « Jusqu’à maintenant, on ne nous a pas dit que c’était toxique pour la santé, mais c’est gênant. Quand tu joues, tu sens des petites bosses sous la chaussure. Et après, ça se colle, ça part dans la voiture, puis à la maison… et ça ne fait qu’empirer. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/03/GANIVET-1.wav Face à cette situation, la mairie de Faa’a assure suivre le dossier depuis septembre dernier. Au départ, le service des sports pensait à « un effet saisonnier », mais il s’est vite avéré que le problème était bien plus sérieux. D’autant plus que le stade Ganivet fait partie des terrains retenus pour les Jeux du Pacifique 2027, au même titre que ceux de Pater ou de Paea. Une « dégradation précoce » Pour répondre à cette « dégradation précoce » du terrain – dont la construction a coûté 460 millions de francs (60% financés par la commune, 40% par le Pays) – l’élue en charge des sports, Pauline Niva, a tenté d’intégrer la rénovation du gazon dans le financement des Jeux du Pacifique. Une piste confirmée par Tutea Mollon, directeur du développement éducatif, social et culturel de la commune, qui évoque des discussions en cours avec le Comité organisateur des Jeux (COJ) : « Le Pays est en train d’étudier la question. Ils nous ont demandé une estimation des coûts avant de se positionner. En fonction des possibilités et des délais, ils décideront soit de maintenir une partie des compétitions à Faa’a et d’assumer une partie du financement, soit d’organiser les épreuves ailleurs. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/03/GANIVET-2.wav Si le Pays décide finalement d’écarter le stade Ganivet, la mairie dit avoir d’autres solutions pour résoudre ce problème. Une expertise a été commandée afin d’évaluer la proposition du prestataire initial, qui suggère de retirer les granulats actuels et de les remplacer par un matériau plus adapté. Mais la municipalité veut s’assurer que la prochaine solution soit durable. « Notre objectif, c’est de mettre en place un stade qui doit durer 10 ans », insiste la mairie, qui espère voir ce problème réglé avant le début de la saison prochaine, en août 2025.