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Le Tapura juge la baisse du prix à la pompe « insuffisante face à la réalité mondiale »

[MàJ] Le parti autonomiste dénoncé une « déconnexion flagrante » entre l’évolution des cours mondiaux du brut et ceux des prix à la pompe en Polynésie. Une déconnexion qui existe aussi, dans une moindre mesure, en métropole, et que la baisse, jugée « symbolique », de 5 francs par litre actée ce 1er décembre ne vient pas effacer. Au gouvernement on explique au contraire qu’il s’agit de la baisse maximale pour éviter un déficit du FRPH.

L’annonce avait été faite mercredi à la sortie du conseil des ministres. « À l’approche des fêtes de fin d’année », et pour « poursuivre la mise en œuvre concrète de ses engagements pour la protection du pouvoir d’achat », le gouvernement avait annoncé une baisse de 5 francs par litre d’essence et de gazole. Soit 150 francs le litre de l’un ou l’autre des carburants, à la pompe. Des nouveaux tarifs qui sont entrés en vigueur ce 1er décembre, mais qui ne font pas la joie de tout le monde. Le geste est « certes bienvenu », écrit ainsi le Tapura dans un communiqué, « mais très loin de refléter la réalité des marchés internationaux ». « Depuis plus d’un an, le prix du pétrole brut Brent enregistre une baisse continue, précise le parti autonomiste. En novembre 2025, il s’établit autour de 63 dollars le baril, poursuivant une série de reculs parmi les plus longues de ces dernières années ». Le mouvement présidé par Édouard Fritch chiffre à 25% la baisse des cours du brut depuis les territoriales d’avril 2023, là où le prix à la pompe en Polynésie n’aurait baissé que de 3,2%. « Avec des cours mondiaux en forte diminution, et en plus avec des réserves financières confortables dans la caisse du pays, les Polynésiens méritent mieux qu’une baisse symbolique, reprend le Tapura. Ils méritent une répercussion juste et proportionnée, ainsi qu’un soutien plus important en faveur du pouvoir d’achat des ménages ».

Le gouvernement Fritch avait, lors de son dernier conseil des ministres, en mai 2023, juste après la défaite au territoriales, acté une baisse de prix des carburants de 13 francs par litre de gazole, et 6 francs par litre d’essence, alignant les deux tarifs à 160 francs. Depuis lors, le gouvernement Brotherson a fait baissé les prix de 10 francs  – 5 en août 2023 et 5 ce 1er décembre 2025 – soit une baisse de 6,25%. Un chiffre effectivement très inférieur à la baisse d’environ 18% des prix du bruts sur les marchés internationaux dans la période. Ce qui ne veut pas dire que les automobilistes du reste du monde ont profité d’une telle baisse, les tarifs à la pompe dépendant des prix en sortie de raffinerie plus que de ceux du brut, et sont en très grande partie contrôlés par le niveau de fiscalité. En métropole, par exemple, les relevés de l’Insee montrent que les tarifs moyens du gazole au détail ont baissé de 5,3% entre juin 2023 et novembre 2024. La baisse est située entre 7 et 9% pour le sans-plomb, suivant ses caractéristiques.

Bien moins, donc que l’évolution des prix du brut, mais toujours mieux que celle de la Polynésie, qui a la caractéristique de réguler les prix au travers d’un fonds dédié, le FRPH, et d’assurer une péréquation entre les îles au travers d’un autre fonds, le FPPH. Deux fonds qui ont été abondamment soutenus pendant la crise Covid pour éviter l’envolée des prix à la pompe, et auxquels le gouvernement Brotherson  affecté de nouvelles recettes en 2025. Du côté de l’exécutif on précise que le FRPH est doté de 2 milliards de francs de réserve et qu’une baisse supérieure à 5 francs baisse de 5 francs suffirait à engendrer « une tendance déficitaire » qui empêcherait de « subventionner les régimes de détaxe » pour les pêcheurs et certains professionnels.

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