ACTUS LOCALESCOMMUNESÉCONOMIESOCIAL L’Épic Te Ito Rau rejette les “demandes extravagantes » de la CSIP Caroline Perdrix 2025-02-20 20 Fév 2025 Caroline Perdrix Au deuxième jour de grève d’une partie du personnel du fournisseur d’électricité de Moorea, le conseil d’administration de l’Épic dit attendre une contre-proposition et une date pour une nouvelle rencontre de la part de la CSIP, dont il refuse les « demandes extravagantes » pour des « salariés surpayés » qui ne comprennent ni « l’intérêt général » ni « la notion de service public ». Dans un communiqué diffusé jeudi soir, l’Épic Te Ito Rau no Moorea Maio où la grève menée par la CSIP est effective depuis mercredi matin, dénonce avec force les agissements de la CSIP. L’établissement commence par rappeler que sa création est consécutive au « refus d’EDT de répondre à l’appel d’offre » de la commune, et motivée par la triple volonté de protéger les consommateurs des hausses tarifaires, de ne plus voir de « redistribution des dividendes à des actionnaires étrangers », et de « mettre en place une transition écologique ». Il avance ensuite que depuis sa constitution, la CSIP n’a et de cesse d’attaquer l’établissement public, « réclamant toujours plus d’avantages et de primes pour les anciens salariés d’EDT repris par l’EPIC (…) ». Dans cette troisième grève en deux ans d’existence, « sur les 50 points de revendications, 35 relèvent directement de demande de primes, d’augmentation salariale et d’avantages divers, les 15 autres points étant la conséquence directe des erreurs de gestion et de maintenance des anciens salariés d’EDT. » Un marché public pour la maintenance, le dépannage et les pièces détachées Cyril Le Gayic, lui, affirme que les demandes des salariés ne sont que l’application des accords signés avant le démarrage des opérations de l’Épic, puis remises en cause par le maire Evans Haumani. Et pour lui les erreurs de gestion sont à chercher du côté de la mairie. À noter : l’établissement avait lancé le 21 janvier dernier, le jour même du black-out, un appel à la concurrence pour la maintenance long terme, le dépannage et la fourniture de pièces de rechange pour la centrale électrique. Son échéance a été repoussée du 25 février au 18 mars cette semaine. « Les habitants de Moorea n’ont pas à être pris en otage par des grévistes dont le niveau moyen de rémunération avoisine le million de francs par mois avec des avantages non négligeables », écrit la direction de l’établissement qui liste les diverses primes, héritées de l’époque EDT.. Le conseil d’administration « ne donnera pas suite aux différentes demandes extravagantes de la CSIP », affirmant qu’elles conduiraient à « une hausse considérable de la tarification de l’électricité », et feraient supporter aux habitants de Moorea « les égarements de salariés surpayés, incapables de s’inscrire dans une logique d’intérêt général et complètement étrangers à la notion de service public. » La balle est à présent dans le camp syndical qui doit donner une « éventuelle contre-proposition et la date d’une prochaine rencontre pour avancer dans les négociations ».