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Les confidences de Hollande parasitent le début d'inventaire du quinquennat

Paris (AFP) – Entre perplexité, agacement, indignation et de rares encouragements, le livre de confidences de François Hollande à des journalistes a suscité mercredi une cascade de réactions qui ont parasité le travail d’inventaire de son quinquennat ébauché dans l’Obs. 

Avant même sa parution jeudi, l’ouvrage des reporters du Monde issu de conversations avec le président de la République et l’interview accordée à l’hebdomadaire auront déjà essuyé le feu roulant des critiques et provoqué leur lot de commentaires. 

Et il aura même fallu à François Hollande éteindre un début d’incendie en recevant mercredi soir les deux plus hauts magistrats de France, le premier président et le procureur général de la Cour de cassation, en quête d’explications après avoir vu l’institution judiciaire taxée de « lâcheté ». Une forme d’écho au titre du livre : « Un président ne devrait pas dire ça… »

A quelques heures du premier débat de la primaire de droite jeudi soir, l’une des sept candidates, Nathalie Kosciusko-Morizet, a brocardé les confidences de M. Hollande. « On a envie de demander quand est-ce qu’il arrête de se confesser. Et puis quand est-ce qu’il travaille surtout ? », a-t-elle lancé.

« Cette obsession de faire lui-même la chronique de son quinquennat (…) avec des fausses confidences, c’est quelque chose qui me surprend pour l’exercice de la fonction présidentielle », a renchéri le président du MoDem, François Bayrou.

livre Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, interrogé lors du compte rendu du Conseil des ministres, a défendu « un exercice de transparence ».

« Lorsque les livres sortent, ça peut être quelque fois hors contexte, ça peut effectivement susciter des débats, irriter, mais ça permet dans une démocratie à chacun de pouvoir avoir la lecture des événements qui se déroulent, des sujets qui peuvent être à un moment ou à un autre posés », a-t-il plaidé.

« Il perd la boule », a de son côté lâché un député PS légitimiste.

Dans ce livre, dont des extraits sont publiés dans L’Express et Le Parisien, François Hollande parle de la « loyauté absolue » de Manuel Valls. Mais il prend aussi le contrepied de son Premier ministre lorsqu’il dit que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes « ne verra pas le jour », alors que Manuel Valls a encore assuré cette semaine que l’évacuation des occupants du site se fera dès « cet automne ».

Il y a en France « trop d’immigration qui ne devrait pas être là », estime encore le président, jugeant également qu' »il y a un problème avec l’islam », pas « dans le sens où ça serait une religion qui serait dangereuse en elle-même, mais parce qu’elle veut s’affirmer comme une religion dans la République ».

– « Prêt à l’inventaire » –

Le président, qui se décrit en « spectre de l’Elysée », se montre particulièrement sévère envers son adversaire de 2012, Nicolas Sarkozy, « le petit De Gaulle » dont il fustige la « grossièreté », la méchanceté », le « cynisme ».

M. Hollande qualifie aussi de « trahison » la révélation du terme « sans-dents » par son ex-compagne, Valérie Trierweiler, dans son livre « Merci pour ce moment ». « Je lui ai dit : je vois les gens qui viennent vers moi dans les manifestations, ce sont des pauvres, ils sont sans dents », explique le chef de l’Etat.

Mme Trierweiler a en retour publié, dans deux tweets, un SMS attribué à M. Hollande et datant de 2008 dans lequel il utilise cette expression.

Ce flot de confidences a quelque peu occulté sa longue interview à L’Obs.

Titré « Je suis prêt », l’entretien sonne comme une nouvelle étape vers une candidature à un second mandat alors que le président a choisi d’attendre décembre pour dévoiler ses intentions. 

Le chef de l’Etat, qui assure avoir « mené une politique de gauche », dit comprendre « l’intransigeance » de ses électeurs de 2012 même s’il « n’admet pas les procès en trahison ». 

Il demande à être jugé non pas à l’aune de ce qu’il avait « promis », même s’il est « prêt à l’inventaire » sur ses 60 engagements de 2012, mais de son action « dans le contexte que chacun connaît avec ce que proposent ceux qui prétendent nous remplacer ».

Il regrette aussi d’avoir proposé d’inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution pour les auteurs d’actes de terrorisme. « Je mesure le trouble que cette initiative a pu créer » et « non », ce n’était pas une bonne méthode « puisque les terroristes veulent mourir » et que « la déchéance de nationalité n’a donc aucune valeur dissuasive », concède-t-il.

François Hollande à la sortie du conseil des ministres le 12 octobre 2016 à l'Elysée à Paris. © AFP

© AFP ALAIN JOCARD
François Hollande à la sortie du conseil des ministres le 12 octobre 2016 à l’Elysée à Paris

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