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Les éducateurs spécialisés restent « sur leur faim » à la sortie du haussariat

Alors que la délivrance de diplômes d’État à des étudiants qui suivent une partie de leur formation au fenua est théoriquement régie par une convention datant de 2009, et qui aurait dû être modifiée en 2018, la machine administrative est toujours grippée et une quinzaine d’éducateurs spécialisés ne sont toujours pas reconnus comme titulaires en bonne et due forme d’un diplôme national qui leur confère le grade de licence. L’entrevue qu’ils ont eue avec un membre du cabinet du ministre des Outre-mer les laisse pour l’instant sans réponse claire.

Reçues vendredi soir par un membre du cabinet de Manuel Valls, deux des éducatrices spécialisées diplômées d’État qui attendent la délivrance de leur diplôme depuis quatre ans, sont ressorties du rendez-vous « un peu sur leur faim ». Ce dossier, que le vice-rectorat a transmis à la direction des interventions de l’État au Haut-commissariat, bute sur les modalités d’une réforme qui date de 2018 mais qui n’a pas été correctement appliquée pour les élèves polynésiens. Cette réforme prévoyait que les jeunes diplômés d’État se voyaient reconnaître le grade de licence, or personne ne trouve trace de la convention entre les écoles de la Croix rouge qui dispensent cette formation, et une université française qui soit habilitée à décerner ce grade.

D’après les échanges avec Marine Gales-Mélo, dit Chistophe Psychogios du Syndicat de la fonction publique, qui accompagne les anciens élèves dans leurs démarches, Ce qui bloque, c’est l’agrément de l’IFPSS-Croix rouge pour cette formation particulière : « Il y a un gros souci à l’origine. Il semblerait qu’en fait l’agrément n’avait pas été attribué. Ils (l’État, ndr) ont encore besoin de documents, comme les diplômes des formateurs, et de savoir s’il y avait une convention avec une université en France parce que la formation était pilotée par l’école de la Croix rouge de la région PACA-Corse qui, elle, avait un agrément, et donc pour le moment il y a tout un pataquès administratif à régler. »

« L’engagement qui a été pris par la conseillère du ministre c’est de mettre l’huile dans les rouages pour essayer d’accélérer les choses, poursuit le syndicaliste, et qu’en attendant ils remettraient des attestations aux gens qui en ont besoin pour justifier de leur grade de licence. »

Un problème de structuration juridique, donc, dit Christophe Psychogios. : « La convention de 2009 qui a servi de base n’était plus applicable depuis la réforme de 2018, c’est-à-dire avant même l’entrée en formation des étudiants. Le problème est conceptuel, dès l’origine les choses n’ont pas été faites de façon totalement carrée, et à la fin de la chaîne c’est les étudiants qui en payent le prix. Ça remet sur le tapis le défaut d’anticipation, et la distinction entre ce qui relève du Pays et ce qui relève de l’État. »

« Un problème de rigueur dans le pilotage et le déploiement de la maquette de la formation localement, estime le syndicaliste. On a eu les infirmiers il y a une quinzaine d’années, plus récemment les aides-soignants, ces éducateurs spécialisés il y a quatre ans, et on a de nouvelles promos d’assistants sociaux qui vont bientôt sortir, il y a eu un marché qui a été donné à l’université avec une école privée en France pour le diplôme d’infirmier, est-ce qu’on doit se questionner là aussi sur l’architecture juridique qui va faire qu’à nouveau, trois ans après, on va se retrouver devant les portes du Haut-commissariat parce que les choses n’ont pas été faites correctement ? »

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