ACTUS LOCALESFAITS DIVERS Les jumeaux voleurs de scooter récidivent : retour à la case prison Nanihi Laroche 2025-08-05 05 Août 2025 Nanihi Laroche ©image d'illustration Tahiti Vol/FB Déjà condamnés à plusieurs reprises au cours des derniers mois, les jumeaux de Faa’a ont de nouveau comparu hier devant la justice, après une nouvelle tentative de vol de scooter survenue mercredi dernier. L’un était en liberté conditionnelle, et l’autre sous un régime de semi-liberté. Le véhicule visé, un Tweet 50cm3, appartenait à la Fédération polynésienne des sports adaptés et handisports (FPSH). Les deux jeunes de 18 ans ont été rapidement interpellés et condamnés ce lundi à deux ans de prison ferme, dont 6 mois avec sursis, ainsi qu’à 156 heures de travaux d’intérêt général et au remboursement des dommages causés, s’élevant à 31 750 francs chacun. Ils ont été immédiatement incarcérés. Les célèbres jumeaux voleurs de scooters, déjà passés devant le tribunal en avril et mai derniers, ont de nouveau été interpellés après une tentative de vol survenue mercredi dernier. Cette fois, leur cible était un deux-roues appartenant à la Fédération polynésienne des sports adaptés et handisports (FPSH). C’est un vendeur de fruits, témoin de la scène, qui a mis fin à l’opération. L’homme a vu trois garçons arriver sur un scooter 50 cm³ et s’arrêter près du véhicule de la FPSH. Il aurait entendu l’un des jumeaux dire : « C’est celle-là la Tweet, va faire le guet ». Comprenant ce qui se tramait, il a réussi à attraper l’un des jeunes, un mineur de 16 ans, pendant que les deux frères prenaient la fuite. Il a immédiatement contacté les forces de l’ordre et remis le garçon à la police. Les deux fugitifs, âgés de 18 ans, n’ont pas échappé longtemps aux gendarmes. Déjà bien connus des autorités et identifiés sur place par le témoin, les frères ont rapidement été localisés. Leur père a d’ailleurs facilité les recherches, indiquant que l’un se trouvait chez sa petite amie et l’autre dans les environs. Tous deux ont été placés en garde à vue. Le scooter a été retrouvé, endommagé. Ce n’était pas prémédité, « on voulait juste un stick » Les jumeaux ont reconnu avoir tenté de voler le scooter, mais ont nié toute préméditation. Ils ont expliqué qu’ils sortaient pour aller chercher un « stick » et auraient eu l’idée de voler l’engin en passant devant. Une version difficile à croire, selon la procureure qui rappelle que les jeunes étaient en possession d’outils spécifiques pour forcer le scooter. De plus, le mineur interpellé a confirmé que l’acte était bien planifié. Le but, selon lui : revendre l’engin pour 15 000 francs et acheter du paka et de l’ice. Un lourd passif judiciaire Les jumeaux n’en sont pas à leur première affaire. L’un avait déjà été condamné le 24 avril à trois mois de prison ferme pour recel de bien volé avec dégradation, en récidive. L’autre avait écopé le 28 avril de neuf mois de prison dont cinq ferme, avec un sursis probatoire de deux ans. Il devait notamment effectuer 117 heures de travaux d’intérêt général, suivre un traitement pour ses addictions et indemniser ses victimes. Lors des faits du 30 juillet, le premier était en liberté dans le cadre d’un sursis probatoire, le second était en semi-liberté, ce qui lui permettait de sortir en journée pour des travaux ce réinsertion avant de devoir retourner dormir en prison. Le parquet a insisté sur la gravité de la situation, soulignant que ces jumeaux, désormais très connus, inspireraient un petit réseau de jeunes impliqués dans des vols similaires, y compris dans des locaux militaires ou au sein de la gendarmerie. « Il ne faut plus faire dans le symbolique ou dans l’assistanat », a déclaré la procureure. « Certes, il n’y a pas de violences physiques, mais il y a récidive systématique et implication de mineurs. » Peines alourdies et mandat de dépôt Les deux frères ont été condamnés à deux ans de prison ferme, dont six mois avec sursis. Concrètement, cela signifie qu’ils devront effectuer 18 mois de détention, sans possibilité d’aménagement de peine pendant cette période. À cela s’ajoutent 156 heures de travaux d’intérêt général, une obligation de soins pour leurs addictions, ainsi que le paiement de 31 750 francs chacun à la FPSH pour les réparations. Pour l’un des jumeaux, sous le coup d’un sursis lié à une précédente condamnation, le tribunal a décidé de révoquer la mesure, le contraignant à exécuter les quatre mois de prison ferme restant à effectuer sur sa peine antérieure. Il devra donc faire 22 mois de prison ferme, sans possibilité de libération conditionnelle. Celui qui était en semi-liberté prend quant à lui six mois de prison supplémentaires pour « évasion ». Tous les deux ont été immédiatement conduits en détention. Pour ce qui est du troisième voleur, il sera jugé devant le tribunal pour enfants.