ACTUS LOCALESINTERNATIONALPACIFIQUE

Les pays du Pacifique inquiets des menaces de déportation de Trump

Donald Trump a ordonné, dès sa première semaine à la Maison-Blanche,  l’arrestation et la reconduite à la frontière de ressortissants étrangers dont le visa est périmé ou qui ont un casier judiciaire aux États-Unis. Et si une grande partie de l’attention s’est tournée vers les centaines de milliers de migrants sud-américains menacés de déportation, de nombreux originaires des îles du Pacifique sont aussi concernés, dont deux Polynésiens. Fidji et Tonga, qui peinent à faire face aux problèmes créés par le trafic et la consommation d’ice, sont particulièrement inquiets.

Une nouvelle liste de personnes, non détenues mais sommées de quitter le territoire américain, établie par le ministère de l’Immigration et des douanes, comporte 353 Fidjiens, 151 Tongiens, 57 Samoans, 72 Micronésiens, et 39 citoyens des îles Marshall. Deux Polynésiens y figurent aussi. La version rendue publique ne liste pas les identités ni la gravité des faits qui leur sont reprochés. Il peut s’agir de personnes dont le visa a expiré, mais aussi de criminels qui ont purgé leur condamnation aux Etats-Unis. Les pays qui protestent contre ces retours forcés se voient menacés par l’administration Trump de représailles, sous la forme d’augmentation de taxes ou, dans le cas des pays insulaires du Pacifique, de refus de visas de travail saisonnier à leurs ressortissants.

Ces déportations des États-Unis ne sont pas nouvelles. Selon le Lowy Institute, au moins 3 500 ressortissants du Pacifique ont été déportés par les USA, mais aussi par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, entre 2004 et 2020, et l’administration Biden a aussi procédé à de nombreuses expulsions. Cette semaine, les petits pays insulaires ont abordé le sujet avec le secrétaire général du Forum du Pacifique, pour exprimer leurs inquiétudes, alimentées justement par les expériences passées : le retour des déportés a accompagné la montée du trafic, de la consommation de drogue et de la violence que rien ne semble parvenir à enrayer.

« Nous avons assez de problèmes »

C’est notamment le cas de Tonga, qui peine déjà à assimiler les précédents déportés dont beaucoup ont été condamnés pour des crimes violents et souvent liés à la drogue. « Nous avons assez de problèmes comme ça », a déclaré le Premier ministre tongien ‘Aisake Eke. « Nous avons déjà beaucoup de personnes qui ont purgé des peines de prison en Amérique et qui ont été renvoyés à Fidji, où ils introduisent différent types d’activités criminelles dans lesquelles ils sont bien expérimentés », a déclaré l’avocat fidjien Dorsami Naidu à ABC Australia. De plus, Fidji, où l’ice est consommée par injection intraveineuse, fait face à une épidemie de HIV : plus de 1 000 cas ont été recensés ces derniers mois.

Les pays qui expulsent les migrants ne donnent pas suffisamment d’information sur les déportés pour que leur arrivée puissent être encadrée, se plaignent les pays insulaires, qui manquent de moyens pour faire face, tant du point de vue des forces de l’ordre que des structures de santé. Stigmatisés et sans soutien familial – beaucoup ont quitté leur pays très jeunes et ne maîtrisent pas la langue – les déportés reprennent leurs activités illégales.

Une autre catégorie de personnes est également menacée : les enfants de migrants nés aux États-Unis, puisque Donald Trump veut mettre fin au droit du sol. Le décret présidentiel est, pour l’instant, bloqué par un juge fédéral.

Article précedent

Digibarre, un logiciel calédonien qui séduit les avocats à Tahiti et en métropole

Article suivant

Journée culturelle chinoise : un regain d’intérêt des jeunes

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Les pays du Pacifique inquiets des menaces de déportation de Trump