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Les rebelles en Syrie marquent des points contre l'EI

Alep (Syrie) (AFP) – Les rebelles syriens ont réussi mercredi à rouvrir une route de ravitaillement clé dans la province d’Alep après avoir mis en échec une offensive du groupe Etat islamique (EI) attaqué sur plusieurs fronts dans ce pays comme en Irak voisin.

Ailleurs dans cette même province du nord syrien, les secteurs tenus par les rebelles dans le chef-lieu éponyme ont été la cible de raids de l’aviation du régime de Bachar al-Assad qui ont tué 15 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Un baril d’explosifs -une arme dévastatrice dont l’usage est dénoncé par l’ONU et les ONG-, a été notamment largué près d’un hôpital dans l’est d’Alep, selon un correspondant de l’AFP sur place. Dix personnes ont été tuées, selon l’OSDH.

Plus au nord, les rebelles ont réussi à la faveur d’une contre-offensive à chasser l’EI de deux localités et six villages, selon l’ONG. Ce qui leur a permis de rouvrir la seule route de ravitaillement entre leurs fiefs de Marea et Azaz, qui mène jusqu’à la frontière turque.

L’assaut jihadiste avait poussé à la fuite des milliers de personnes de Marea et de la région dans le nord de la province d’Alep et menacé les dizaines de milliers de déplacés installés dans des camps autour de la région d’Azaz.

« La vie a commencé à reprendre progressivement à Marea, et des habitants commencent à revenir après la réouverture de la route. Même les charrettes de légumes y ont fait leur apparition », a indiqué un militant antirégime sur place, Maamoum Al-Khatib.

– Pas de ‘forte’ résistance –

   

Mais « les gens ont toujours peur de regagner leurs foyers en raison des mines placées par les jihadistes sur la route », a-t-il ajouté.

Selon le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, « les jihadistes n’ont pas fortement résisté » aux rebelles. Il y a eu des combats limités et les jihadistes se sont ensuite retirés.

Il a expliqué ce retrait par l’incapacité du groupe jihadiste d’ouvrir un nouveau front au moment où il fait face à plusieurs assauts dans la province d’Alep et celle voisine de Raqa.

Profitant de la guerre qui ravage la Syrie depuis mars 2011, l’EI occupe dans le nord une bande territoriale près de la frontière turque allant de la province d’Alep à l’ouest vers celles de Raqa et Deir Ezzor plus à l’est.

Une coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) et les forces du régime, qui combattent séparément les jihadistes, tentent de couper leur ligne de ravitaillement qui aboutit à la ville de Raqa, chef-lieu de la province du même nom et capitale de facto de l’EI.

Toujours dans la province d’Alep, les FDS avec le soutien crucial aérien de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, sont parvenues à la limite de Minbej et sont sur le point d’encercler complètement la ville située sur la ligne de ravitaillement. 

Les FDS bloquent les entrées est, nord et sud de la ville contrôlée par les jihadistes depuis janvier 2014 et cherchent à bloquer celle de l’ouest, selon l’ONG. Les FDS ont repris 58 villages sur leur chemin vers Minbej.

– ‘Vivre parmi les morts’ –

« Durant deux ans et demi, j’ai eu le sentiment de vivre parmi les morts à cause de la terreur que faisait régner l’EI. Aujourd’hui, nous commençons une nouvelle vie », lance à l’AFP une sexagénaire, Awach al-Abboud, qui laisse éclater sa joie en foulant le sol de Khirdeh, l’un des 58 villages « libérés » par les FDS. 

Dans la province de Raqa symbole de la domination jihadiste, l’EI est la cible de deux offensives en direction de la ville de Tabqa. Les prorégime appuyés par l’aviation russe sont désormais à 30 km au sud-ouest de Tabqa et renforcent leurs positions, avant de poursuivre leur progression, selon une source militaire. Venant à partir du nord, les FDS sont eux à 60 km de Tabqa.

La guerre en Syrie, qui a débuté en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, s’est complexifiée au fil des ans avec l’implication d’une multitude d’acteurs syriens, régionaux et internationaux. Elle a fait plus 280.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

De l’autre côté de la frontière, en Irak, les forces de sécurité avancent vers le centre de Fallouja, un bastion de l’EI à 50 km à l’ouest de Bagdad, qu’elles tentent de reconquérir, après s’être emparées d’un grand quartier du sud, selon un porte-parole militaire.

Après que l’ONU a fait état d’abus présumés par des milices propouvoir contre les civils fuyant Fallouja, la France a appelé « toutes les parties au plein respect du droit international humanitaire ».

Ruines à Alep, en Syrie, suite à des bombardements des forces gouvernementales syriennes, le 8 juin 2016. © AFP

© AFP THAER MOHAMMED
Ruines à Alep, en Syrie, suite à des bombardements des forces gouvernementales syriennes, le 8 juin 2016

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