ACTUS LOCALESJUSTICE Stupéfiants : « On adapte nos contrôles à la diversification des flux » Charlie Réné 2026-02-04 04 Fév 2026 Charlie Réné La procureure de la République Solène Belaouar a révélé les premiers chiffres du bilan de la délinquance 2025 qui doit être dressé dans les jours à venir avec le Haut-commissariat. 300 kilos de méthamphétamine ont été saisies dans l’année, dont 60 destinés au marché local. Une quantité à comparer aux 10 kilos de 2021, et à la vingtaine de kilos des années suivantes. Les interceptions de cocaïne font aussi un bond : 2 tonnes en 2025, quatre fois plus que l’année précédente, même il s’agit principalement de drogue en transit vers d’autres marchés, comme celle qui a été saisie en quantité record, en ce début d’année, à bord de navires fréquentant la ZEE. Lire aussi : Nouvelle saisie et nouvelle destruction de 4,2 tonnes de cocaïne Trois cents kilos : c’est la quantité totale d’ice qui a été saisie en 2025, d’après Solène Belaouar. La procureure de la République a donné ce matin un premier aperçu du bilan de la délinquance beaucoup plus complet qui doit être présenté avec le Haut commissaire en fin de semaine prochaine. Et le constat, c’est que les quantités de méthamphétamines saisies sont en explosion. Dix kilos avaient été interceptés en 2021, 21 kilos l’année suivante, puis 23, et 27 kilos en 2024, en intégrant les 15 kilos d’’ice saisie à l’aéroport de Los Angeles sur des passagers en partance pour Papeete. Les délinquants adaptent leurs techniques, les autorités adaptent ses contrôles Parmi ces 300 kilos saisis par les gendarmes, les douanes, la police ou l’armée, environ 240 étaient de la drogue en transit vers d’autres marchés, une nouveauté, puisque ce genre de saisies concernait surtout, jusqu’à présent, de la cocaïne. Mais 60 kilos étaient bien destinés au marché local. Mais le chiffre a quoiqu’il arrive plus que doublé. Et le constat, c’est aussi que les flux, longtemps concentrés sur l’aéroport se diversifient. Grâce au développement de la coopération internationale, notamment avec les États-Unis, les autorités ont fait des interceptions dans des conteneurs, sur des voiliers ou encore dans des colis postaux. « Les beaux résultats en termes de contrôles et de procédures judiciaires, ont aussi entraîné des stratégies de contournement par les trafiquants, explique Solène Belaouar. Et de la même manière que les délinquants s’adaptent pour nous contourner, nous, on adapte nos contrôles pour intercepter les délinquants et faire face à cette diversification des flux ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/BELAOUAR-1.wav Des flux plus importants aussi en matière de cocaïne : près de 2 tonnes saisies en 2025 contre 561 kilos l’année précédente. Il s’agit, à l’exception de deux petits kilos, de drogue en transit via la Polynésie mais destinée à l’Ouest du Pacifique, notamment l’Australie. Là encore, les saisies explosent, et l’actualité récente ne fait que le confirmer. Après les 4,8 tonnes de cocaïne saisies à bord d‘un navire battant pavillon togolais le 16 janvier – un record absolu pour la Polynésie – une autre saisie de même ampleur, 4,2 tonnes, a été réalisée sur un autre navire, toujours en haute mer, ce lundi 2 février. Pas d’indicateurs parfaits L’éternelle question : est-ce que les saisies augmentent parce que les contrôles sont plus performants ou parce qu’il y a plus de drogue en circulation ? Probablement un peu des deux répond la procureure de la République qui explique que ces chiffres restent des indicateurs importants de l’efficacité de la lutte contre les trafics. Les statistiques de poursuites ou de condamnations ne sont-ils pas plus pertinents pour juger de l’intensité du trafic et de la réponse pénale qui y est apportée ? « Au plan judiciaire, on a aussi des indicateurs, qui sont le nombre de poursuites ou de condamnations pour des faits d’usage de stupéfiants ou de trafic de stupéfiants, note la procureure de la République. Mais ça donne une image assez imparfaite de la situation, parce qu’il y a aussi tout un tas de procédures, par exemple de violences conjugales ou d’accidents de la circulation, dans lesquels peuvent intervenir des stupéfiants sans que ce soit nécessairement visé au plan judiciaire. Donc ce sont des indicateurs imparfaits. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/BELAOUAR-2-indicateurs.wav