ACTUS LOCALESSPORTS Les vahine de Pirae sortent de la Ligue des Champions avec les honneurs Charlie Réné 2025-05-11 11 Mai 2025 Charlie Réné ©OFC / Phototek Pas de miracle mais une belle bataille pour l’AS Pirae, éliminé de la Ligue des champions féminine de l’OFC ce dimanche, après une défaite 2-0 contre Hekari Women FC. Les premières tahitiennes à participer au tournoi ont su s’organiser pour tenir face aux assauts des Papouanes, vice-championnes océaniennes, plus réalistes face aux buts, plus précises dans les passes… Mais aussi beaucoup plus musclées dans les tacles et contacts, provoquant des sifflets du public mais pas des arbitres. « On sait ce qu’on doit travailler » réagit la capitaine Gwendoline Fournier. Rarement on avait vu un stade Pater aussi bien garni pour un match féminin, ce dimanche après-midi. Les supporters le savaient : l’AS Pirae, premier club tahitien à participer à la Ligue des Champions féminine de l’OFC, vivait ce troisième match de poule comme une finale avant l’heure. Après la déroute inaugurale face aux tenantes du titre de Auckland FC (0 – 11), les vahine, qui dominent le championnat et les coupes locales (y compris en futsal) depuis plusieurs années, s’étaient recomposées pour dominer les Samoane de Pansa (6-0). Contre le Hekari Women FC, arrivé deuxième des deux premières « Women’s Champions League », elles partaient en outsider, mais s’étaient promis de « tout donner ». « Maintenant on sait où on est » Et elles ont tenu parole sur le terrain, résistant aux assauts répétés des Papouanes, plus expérimentées, plus physiques pour beaucoup, et plus précises dans les passes et les relances. Sauf que l’AS Pirae a toujours su resté organisé en défense, ne laissant que très peu d’opportunités à leurs opposantes. Ce n’est qu’à la 39e minutes que Hekari trouve une faille, et plutôt par hasard, avec un centre de Michaelyne Butubu qui finit au fond des filets. Quelques minutes après, dans le temps additionnel de la première période, Shalom Waida double la mise d’une tête sur corner. Certains auraient pu parier que cette fin de période malheureuse était le signe de l’effondrement des Tahitiennes. Faux : au retour du vestiaire, toujours soutenu par son public, Pirae serre un peu plus sa défense, parvient à désorganiser la ligne adverse, s’offre de belles opportunités en milieu de terrain… Mais perd systématiquement la balle dans les pieds de derniers défenseurs avant les filets. Les supporters trembleront quelques fois, crieront leur espoir encore plus souvent, mais le tableau d’affichage de Pater ne bougera plus : avec ce 2 à 0, Hekari avance en demi-finales aux côtés d’Auckland, et les locales de la compétition en restent là. Mais qu’importe l’élimination. Le résultat est plutôt encourageant vu le pedigree des Papouanes, qui avaient failli tenir tête à Auckland trois jours plus tôt, alors que les Néozélandaises avaient infligé un sévère à 11 – 0 à Pirae. « Je pense que si on refaisait ce premier match, ça se finirait pas sur le même score », commente la capitaine Gwendoline Fournier, qui déclarait avant la compétition vouloir « faire connaître » son club dans le Pacifique, « se positionner » face aux rivales régionales, et « apprendre ». « Maintenant on sait où on est, on sait ce qu’on doit travailler, donc on est vraiment satisfaite de ces trois matchs, même s’il y a eu des bons moments et des mauvais, dit-elle ce dimanche après-midi. On va travailler sur ça pour la prochaine compétition ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/FOOT-PIRAE-OFC-1-gwendoline.wav Contacts musclés : Pater siffle, pas les arbitres Même discours chez Raimana Li Fung kuee, tout juste revenu du Mondial de Beach soccer aux Seychelles, et qui avaient laissé les rênes à Rupea Lambert pour le début de cette Ligue des Champions. L’entraineur regrette deux buts « évitables », mais se félicite de la prestation de sa jeune équipe, qui était en « découverte », et qui ont dû s’adapter, face à Auckland ou Hekari, à un pressing qu’elles ont plutôt l’habitude d’imposer à leurs adversaires locales. « Elles sortent la tête haute de ce tournoi », insiste le coach, qui, comme l’ensemble du public de Pater a montré des signes de frustrations – si ce n’est de colère – face à l’arbitrage de la rencontre. Car les Papouanes, outre leurs qualités techniques et physiques indéniables, ont développé un jeu particulièrement musclé sur les contacts ou les tacles. Les Tahitiennes se sont régulièrement retrouvées à terre après des coups d’épaule ou des défenses serrés. Le stade Pater a beaucoup sifflé, les arbitres quasiment jamais. « Il y a des choses qui ont été sifflées pour Hekari et pour nous elles ne sifflaient pas. À un moment donné, l’arbitre qui est sur le côté rigolait avec l’arbitre central et surtout à la fin, on a vu que Hekari a commencé à casser le jeu… Il y a des choses que je comprends pas, commente Raimana Li Fung Kuee. Après, je ne remets pas la défaite sur l’arbitrage. Mais les filles méritent d’avoir des arbitres de qualité, et non juste faire plaisir à d’autres ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/FOOT-PIRAE-OFC-2-raimana.wav