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Les violences éducatives ordinaires : terreau des maltraitances

Sara Aline

©LR

L’association Parent autrement à Tahiti organise une soirée autour de l’éducation bienveillante à l’occasion de la Journée de la non violence éducative, vendredi. Cette journée nationale vise à sensibiliser et lutter contre les violences éducatives ordinaires, qui sont le terreau des maltraitances.

À l’éco-lieu de Faa’a, une présentation se termine. Des mamans partagent leur expérience et leurs idées, les papas à l’autre bout de la pièce font une partie d’échecs et les enfants jouent dans le jardin ou lisent dans la bibliothèque. Les exercices pour ceux qui suivent l’école à la maison sont terminés et chacun peut enfin se relaxer. Cet endroit est géré par l’association Parent autrement à Tahiti, elle-même fondée et présidée par Sara Aline. Ce lieu, c’est la première étape de son rêve. Là où elle peut réunir parents et enfants pour des ateliers, des conférences, des jeux, du jardinage et surtout beaucoup de partage. Chaque année, l’association fête la Journée des droits de l’enfant et la Journée de la non-violence éducative qui a lieu le 30 avril. Une journée nationale qui a pour but de promouvoir d’autres façons d’élever ses enfants : sans fessées, chantage, menaces ou encore punitions. C’est une organisation américaine, EPOCH (End Physical Punishment for Children), qui  fit naître cette journée afin de sensibiliser sur les violences ordinaires subies par les enfants. Un sujet peu important comparé aux maltraitances et aux violences bien plus graves subis par les enfants dans les familles ? C’est ce qu’on pourrait croire mais ces « petites » violences sont le terreau de la maltraitance, selon Sara Aline.

Des violences qui semblent sans importance pour certains mais qui ont un réel impact sur les enfants, comme l’explique Sara Aline.

Les choses commencent à changer petit à petit et le vote de la loi « anti-fessées » en juillet 2019 en métropole a eu un impact sur les esprits. Désormais, « l’autorité parentale s’exerce sans violence physique ou psychologique », est-il inscrit dans la loi contre les violences éducatives ordinaires. La France a été le 56e pays à se doter d’une loi interdisant ce type de violences, déjà adoptée dans la plupart des pays européens. Selon une avocate, l’État étant compétent en matière d’autorité parentale, cette loi s’applique en Polynésie française. Aucune affaire n’a cependant été l’occasion de son application. En tout cas, le vote de cette loi a fait « réagir », ce qui est positif pour Sara Aline. Et dans le débat qui s’est instauré, l’association aime démonter les préjugés comme celui d’une éducation bienveillante tellement laxiste qu’elle ferait des enfants rois.

La soirée de vendredi à l’éco-lieu se déroulera de 17h à 20h. Des bénévoles de l’association animeront des ateliers autour de la bienveillance parentale. Différents ateliers seront organisés pour permettre d’échanger et de proposer des outils concrets aux problématiques des parents. La soirée est gratuite pour les membres de l’association, il est possible d’adhérer sur place.

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