ACTUS LOCALESÉCONOMIE L’État en mission au fenua face aux défis maritimes Alexandra Perrini 2026-04-04 04 Avr 2026 Alexandra Perrini @Haut-Commissariat En visite au fenua, Anne-Gaëlle Baudoin, directrice générale des Outre-mer, et Xavier Ducept, secrétaire général de la mer, ont dressé un état des lieux des enjeux maritimes et économiques du territoire. L’objectif était notamment de réaffirmer le rôle clé de l’État aux côtés des acteurs locaux. Entre développement des formations, inquiétudes du secteur de la pêche et problématique des trafics de stupéfiants, cette mission a mis en lumière la nécessité d’un accompagnement renforcé et adapté aux réalités du Pacifique. Parmi les temps forts de leur visite, ils ont assisté au Comité d’orientation stratégique de la mer mercredi, au cours duquel le président du Pays et le haut-commissaire ont signé un protocole axé autour de cinq priorités liées à l’environnement, à la formation et à la sécurité. En visite officielle en Polynésie française, Anne-Gaëlle Baudoin, directrice générale des Outre-mer, et Xavier Ducept, secrétaire général de la mer, ont multiplié les rencontres avec les acteurs locaux. L’objectif pour eux : faire le point sur les politiques maritimes, accompagner le territoire sur les différentes problématiques rencontrées et affirmer le soutien de l’État sur l’économie bleue. Au cours de cette semaine intense, plusieurs sujets ont été évoqués tels que l’ouverture du nouveau bac professionnel maritime en août 2026, qui préparera aux diplômes de capitaine et de mécanicien. Mais aussi la préparation des Jeux du Pacifique, « qui évidemment pose un certain nombre de défis opérationnels et de sécurité. C’est important que l’État accompagne au plan local et au plan national pour que ce soit une fête réussie », indique Anne-Gaëlle Baudoin. Mercredi, les deux représentants de l’État étaient présents lors du Comité d’orientation stratégique de la mer (COSMer), où Moetai Brotherson et le haut-commissaire Alexandre Rochatte ont acté le renforcement de la coopération entre le Pays et l’État en matière de gouvernance maritime. Ils ont signé un protocole axé autour de cinq priorités : l’amélioration des connaissances scientifiques sur les écosystèmes marins, le renforcement de la formation, le déploiement des aires marines protégées, la surveillance de la zone économique exclusive et l’action internationale. Les échanges ont également permis de faire le point sur la feuille de route de l’économie bleue et de réaffirmer la volonté commune de concilier protection de l’océan et développement des activités maritimes, avec l’appui des professionnels du secteur. « Il faut que l’État soit au rendez-vous » La rencontre avec les pêcheurs a également été une étape importante de la visite d’Anne-Gaëlle Baudoin et Xavier Ducept. Certains d’entre eux ont fait part « d’inquiétudes » et de l’importance que l’État soit aux côtés des différentes collectivités du Pacifique. Quelques points ont été relevés par Anne-Gaëlle Baudoin : « la concurrence, par exemple, face à un certain nombre d’autres pêcheurs » ou encore « la définition de quotas qui va intervenir dans le cadre des négociations internationales », détaille la directrice générale des Outre-mer. Elle assure que « là-dessus, il faut que l’État soit à la fois au rendez-vous et encore une fois aux côtés des différentes collectivités du Pacifique, la Polynésie, Wallis-et-Futuna, la Nouvelle-Calédonie, pour être plus fort et peser dans ces discussions. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/ANNE-G-BAUDOUIN.wav Pour le secrétaire général de la mer, « venir ici était une nécessité ». Son action porte notamment sur la mobilisation de l’ensemble des ministères et des services pour réaliser des projets qui vont de la lutte contre la pollution au secours en mer, en passant par la lutte contre les trafics. Sur ce sujet-là, « on voit bien que la Polynésie est inquiète », note Xavier Ducept, qui précise que Tahiti peut être « une destination de trafic de stupéfiants » mais également « un espace traversé par les trafics ». « Et là, l’État joue tout son rôle pour justement juguler les trafics qui impactent la Polynésie et l’ensemble de la zone avec une action très déterminée », explique-t-il. « On a vu dans le cadre de l’action de l’État en mer qu’on avait des besoins et des capacités pour aller plus loin, mais au-delà de ça, également des cadres réglementaires qui nous permettent d’agir davantage, plus vite, mieux et peut-être aussi plus en coopération avec les États riverains. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/HC2.wav Au-delà des constats, les deux responsables retiennent également l’engagement des acteurs locaux, qui sont « mobilisés, combatifs et déterminés à relever les défis », souligne le secrétaire de la mer. Un sentiment partagé par Anne-Gaëlle Baudoin, qui se dit marquée par l’accueil et la richesse des échanges : « Ce territoire transforme. Il nous rappelle que, derrière les politiques publiques, il y a une culture, une histoire, une énergie humaine ». Les deux responsables repartent avec une feuille de route claire : faire remonter les besoins, ajuster les politiques publiques et accélérer certains projets, notamment en matière de sûreté portuaire et de coopération internationale. [Mise à jour : ajout de la participation au Comité d’orientation stratégique de la mer]