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Marquises : la DSP de Tahiti Air Charter en sursis

La délégation de service public accordée par le Pays à Tahiti Air Charter pour la desserte de Ua Pou et Ua Huka a été suspendue pour trois mois, à compter du 1er janvier. La compagnie attend la validation de son manuel d’exploitation pour démarrer sa desserte et vise des vols avant la fin du premier trimestre. Le Pays, désormais directement en contrat avec Tahiti Nui Helicopters pour assurer l’intérim, n’exclut pas de relancer un appel à candidatures avant cette date.

Tahiti Air Charter, dont la délégation de service public devait démarrer le 1er juillet 2021, ne peut toujours pas faire voler son Cessna entre Ua Pou et Ua Huka. Les choses avancent, pointent ses dirigeants : la compagnie a obtenu la semaine dernière son « Part 145 », un agrément concernant l’atelier d’entretien basé à Hiva Oa. Il ne resterait donc que la validation de son manuel d’exploitation avec l’espoir de démarrer ses rotations avant la fin du premier trimestre de cette année. On « arrive au bout du bout » résume Pascal Bazer-Bachi, le directeur d’exploitation. Le responsable s’étonne un peu de ces « tracasseries de la part de l’aviation civile d’État », alors que la compagnie est certifiée depuis 2018 et opère des liaisons régulières sur les Raromatai (une quarantaine de vols par semaine). « Ce sont les mêmes avions, les mêmes pilotes. On paye peut-être le prix d’un excès de zèle… » s’interroge le responsable, qui convient toutefois que les terrains ne sont pas les mêmes entre les îles Sous-le-Vent et le nord des Marquises.

Un prix financièrement lourd pour la compagnie du groupe Degage qui a dû passer une convention avec Tahiti Nui Helicopters afin d’assurer la délégation de service public et donc le transport des passagers. Cette sous-traitance a permis d’assurer les vols aux tarifs prévus par la mission de service public, soit environ 8 000 Fcfp pour un aller simple entre Ua Pou ou Ua Huka et Nuku Hiva, au lieu d’un tarif classique hélicoptère, 2,5 fois plus haut. Le service de Tahiti Nui Helicopters était pris en charge par la subvention de délégation de service public et par Tahiti Air Charter qui devait ajouter au pot. « Ça nous a fait très mal », convient Pascal Bazer-Bachin.

Le Pays a arrêté les frais en suspendant la délégation de service public pour trois mois, à compter du 1er janvier. La prise en charge des tarifs de Tahiti Nui Helicopters revenait trop chère à la compagnie. Une convention a été passée directement entre le Pays et Tahiti Nui Helicopters pour conserver le service en attendant la dernière étape que doit franchir Tahiti Air Charter : la validation de son manuel d’exploitation. Au ministère en charge des Transports interinsulaires, on se dit confiant : le traitement du dossier à Paris a pris du temps à cause des spécificités des pistes de Ua Pou et de Ua Huka et on espère que cette validation arrivera à la fin du mois de janvier. En attendant, pour les habitants des îles du nord des Marquises, les tarifs de Tahiti Nui Helicopters ont été relevés mais plafonnés à 9 000 francs hors taxe. Pas question d’attendre trop longtemps : du côté du gouvernement, on n’exclut pas de dénoncer la délégation de service public et de lancer un nouvel appel à concurrence si la validation du manuel d’exploitation n’arrivait pas à la fin du mois de janvier.

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1 Commentaire

  1. PAT
    20 janvier 2022 à 12h38 — Répondre

    Enfin une bonne nouvelle relancer un nouvel appel d’offres et surtout que le ministre prévoit bien d’inscrire le bon type d’ avion pour nos pistes, soit un bimoteur avec 2 pilotes si cela avait été fait depuis le début on en serait pas là

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