ACTUS LOCALES

Mission ONU pour le Tapura qui veut contrer la « radicalisation » du Tavini

Le Tapura part au Timor oriental, pour participer au séminaire du Comité des 24. Il s’agit d’influer sur la préparation des résolutions sur les territoires à décoloniser, qui seront présentées en assemblée générale de l’ONU à la fin de l’année. La représentante Tepuaraurii Teriitahi, le député Moerani Frébault et le hakaiki Benoit Kautai veulent contrer le discours du Tavini qu’ils jugent de plus en plus radical, et le « détournement des moyens de l’assemblée au profit de l’idéologie. » Mais surtout, ils veulent répéter que « ce n’est pas une priorité du tout » pour les Polynésiens.

À la veille de leur départ pour le Timor oriental, où ils porteront la voix des autonomistes devant le Comité des 24, Tepuaraurii Teriitahi, Moerani Frébault et Benoît Kautai ont expliqué, aux côtés d’Édouard Fritch, ce qui les a décidés à faire le voyage. D’abord parce que la décolonisation, « dans l’esprit des Polynésiens, ce n’est pas une priorité du tout », dit Tepuaraurii Teriitahi, et qu’on ne leur a jamais demandé formellement s’ils étaient d’accord pour que s’ouvre un quelconque dialogue de décolonisation. Ensuite parce que les indépendantistes sont « l’institutionnel en face ». Mais aussi parce que les autonomistes voient monter ce qu’ils appellent une « radicalisation » du Tavini sur le sujet.

Trois raisons d’aller défendre l’autonomie

« Tout d’abord ça a été la résolution qui nous parle de république fédérale de Ma’ohi Nui avec cette constitution que les élus de l’assemblée sont censés avoir reçu et que nous n’avons jamais reçue, dit l’élue, mais qui peut induire en erreur l’ONU en laissant penser que « toute l’assemblée est pour ». Puis la commission d’enquête qui a été votée en commission des institutions avec un budget de 25 millions, « là, on utilise les moyens de l’assemblée, l’argent public, pour évaluer les ressources d’un futur pays indépendant, peut-être parce qu’on a l’intention de les monnayer ? » Enfin, plus récemment, le « grand effacement » de la date du 29 juin, vu comme la négation de « 40 ans d’histoire et de l’action de Gaston Flosse, avec toujours l’idée de mettre les Polynésiens dans le même panier alors que la majorité ne partage pas leurs aspirations idéologiques. »

Moerani Frébault, lui, veut rappeler que les Polynésiens se gouvernent eux-mêmes. C’est leur voix et non celle de la France que les émissaires du Tapura veulent porter, insiste le député, qui estime que les pays membres du C24 « ne connaissent pas du tout le fonctionnement des institutions de la Polynésie. » Il expliquera que « les Polynésiens sont compétents dans tous les domaines, sauf les domaines régaliens où on n’a de toute manière pas la capacité d’agir, (…) et le gouvernement a toutes les clés pour décider de l’avenir de la Polynésie. (…) Le choix des Polynésiens est pleinement respecté, et c’est ce qu’on va aller défendre. »

Benoit Kautai fera,lui, entendre la voix des communes qui « se gèrent librement avec l’appui de l’État ». De ce point de vue, le vote d’hier au Sénat en faveur des compétences communales est un argument supplémentaire.

Les deux camps sont au moins d’accord sur une chose : le Tapura va de nouveau inviter l’ONU a envoyer une mission en Polynésie, ce qu’elle n’a jamais fait en 13 ans. Pour qu’elle puisse constater, dit le Tapura, « qu’il n’y a pas d’alignement de planètes en faveur de l’indépendance ». Ce n’est d’ailleurs pas non plus le sujet prioritaire de l’ONU, rappelle Édouard Fritch, puisque l’ONU, aujourd’hui affaiblie politiquement et en manque de moyens financiers, a d’autres questions plus brûlantes à traiter.

Le parti rouge et blanc sera aussi présent à la prochaine réunion du C24 en octobre prochain, lorsqu’il s’agira de finaliser la résolution qui sera soumise à l’adoption de l’assemblée générale en fin d’année.

Article précedent

Festivals U7-U9 – Samedi 17 mai 2025

Article suivant

Économie : la confiance est revenue en 2024 mais reste fragile

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Mission ONU pour le Tapura qui veut contrer la « radicalisation » du Tavini