ACTUS LOCALESNOUVELLE-CALÉDONIE Nouvelle-Calédonie : les loyalistes veulent que « le FLNKS revienne dans le jeu » Les Nouvelles calédoniennes 2025-09-12 12 Sep 2025 Les Nouvelles calédoniennes Après la nomination de Sébastien Lecornu en tant que Premier ministre, Sonia Backès estime qu’il faudrait que Manuel Valls reste ministre des Outre-mer, afin de maintenir "un équilibre, si on veut que les choses progressent sans être en confrontation". ©A.-C.P. De retour de Paris, la cheffe de file des loyalistes se dit rassurée quant aux soutiens du Premier ministre, Sébastien Lecornu, et des différents partis politiques à l’accord de Bougival, exceptée La France insoumise. Le calendrier doit se poursuivre, affirme Sonia Backès, qui estime qu’il faut trouver des solutions « pour que le FLNKS revienne dans le jeu ». Par ailleurs, les élus du Congrès se prononceront lundi sur le projet de loi organique repoussant le scrutin au mois de juin 2026. Le texte devra ensuite être examiné par les sénateurs et les députés français. Entretien de Sonia Backès avec notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes. Vous rentrez de Paris. Qui avez-vous rencontré ? Et êtes-vous confiante pour la suite concernant l’accord de Bougival ? J’étais un peu inquiète, je ne savais pas trop quel était l’état des forces en présence à Paris. Le vote de confiance est arrivé. C’est important de bien caler les choses avant qu’on reparte. La proposition de loi organique sur le report des élections est censée passer au Sénat le 23 septembre s’il y a un Gouvernement. Derrière, le projet de loi constitutionnelle doit passer au Conseil des ministres le 17 s’il y en a un, sinon le 24 septembre. J’ai vu tout le monde sauf La France insoumise, et tout le monde soutient Bougival. Le Rassemblement national n’est pas contre. Ils disent qu’ils vont être vigilants sur la rédaction qui sera proposée. La première question était de savoir si le gouvernement continuerait de le soutenir, et le Premier ministre soutient, il n’y a pas de difficultés. Pensez-vous que le texte sera voté par le Parlement ? Je pense qu’il faut que Manuel Valls reste ministre des Outre-mer, parce qu’il faut qu’il aille au bout. Il mesure la difficulté des équilibres. Il sait comment on en est arrivé là. Et c’est l’intérêt, au-delà de Bougival, de la Nouvelle-Calédonie. On voit bien que Lecornu, c’est un ami, mais ça a fait bondir les indépendantistes. Il faut un équilibre si on veut que les choses progressent sans être en confrontation, donc ce serait mieux que Manuel Valls reste. Vous parlez de confrontation. Continuer le calendrier de Bougival sans le FLNKS, est-ce tenable ? L’idée n’est pas de faire sans le FLNKS. Tout le monde les voit, on a vu une partie des nouveaux discuteurs. Personne n’est opposé au fait d’essayer de trouver des solutions pour qu’ils reviennent dans le jeu. Le problème, c’est qui décide au FLNKS, on fait avec qui ? Imaginons qu’on se mette d’accord avec les nouveaux, qu’on trouve un compromis qui ajuste des choses, et puis ils se font sanctionner par d’autres qui ne sont pas contents, parce que ceux qui décident aujourd’hui, ils veulent Kanaky au 24 septembre 2025. Si les gens qui sont là dans le BP du FLNKS et qui ont fait 2 % aux élections, si ce sont eux qui décident et que le plan c’est à quelle date on fait Kanaky, ça n’arrivera pas. Ce qu’on leur a dit, c’est d’abord de régler leurs problèmes internes. Personne ne peut avoir 100 % de ce qu’il veut. Je suis convaincue de deux choses. Un, il y a aujourd’hui au sein des indépendantistes deux lignes qui n’étaient pas aussi visibles avant. Une ligne développée par l’UNI, qui est de dire on veut l’indépendance mais avec tout le monde, et une ligne d’une partie extrême du FLNKS, qui veut faire l’indépendance en nous faisant dégager par la théorie du chaos pour être majoritaires et faire l’indépendance. Et puis, il y a une partie au milieu qui ne sait pas trop où elle va. Ma deuxième conviction est qu’il y a une partie des indépendantistes qui ne veut pas d’accord, parce qu’un accord ça fait rester les gens. Il ne faut pas cacher cette réalité. « Oui, ce mandat est trop long, il faut aller aux élections » Et faire des élections en 2025, comme le demande aujourd’hui le FLNKS ? Oui, mais le problème c’est qu’on n’a pas de corps électoral. Le corps électoral actuel aurait été attaqué, et on avait des chances de gagner, donc on aurait fait les élections qui, un an après, auraient été annulées. Donc, oui, ce mandat est trop long, il faut aller aux élections. Le problème, c’est comment on règle le corps électoral ? Soit on le réglait à part, c’est ce que Darmanin a essayé avec le succès qu’on connaît, soit avec un accord global. On en trouve un, mais ça ne va pas non plus. Après, est-ce qu’il faudrait que finalement, on enlève de la loi constitutionnelle tout ce qui ne concerne pas purement et simplement le référendum et qu’on fasse que le référendum d’abord pour au moins mesurer qui est pour, qui est contre Bougival, et puis le reste, on le fait après ? C’est peut-être une solution de repli pour ne pas braquer, je ne suis pas fermée, mais aller aux élections… En plus, le conseil constitutionnel va rendre son délibéré sur la QPC, Question prioritaire de constitutionnalité, le 19 septembre. Le seul moyen, c’est de passer par un accord global. Et si le Parlement ne votait pas Bougival ? On reviendrait à la situation ainsi créée. Les gens qui vont refuser au Parlement de voter ça, ils n’ont qu’à trouver une solution, parce que c’est facile de dire que ce n’est pas bien, mais si ça ne va pas, c’est quoi le plan B ? On va continuer à voir crever la Nouvelle-Calédonie à petit feu.