ACTUS LOCALESPOLITIQUE « On ne peut pas accepter ça », dit Tony Géros des accusations de Tina Cross Caroline Perdrix 2025-08-10 10 Août 2025 Caroline Perdrix En réponse aux accusations de Tina Cross, Tony Géros dément toute intention de motion de défiance contre le gouvernement : « Entre Moetai et moi ce n’est pas un sujet du tout ». Mais il reconnaît que ce n’est pas l’envie qui manque à certains élus Tavini, qui alimentent des « bruits de couloirs ». Il envisage une mesure disciplinaire contre Tina Cross qui, en tant que collaboratrice d’une élue, « est assujettie à une hiérarchie interne à l’assemblée ». Lire aussi : Tina Cross accuse Tony Géros de saboter le Tavini Lire aussi : À Mataiea, les Cross mère et fille éjectées du comité Tavini : « Depuis deux ans, il n’y a jamais eu de réunion » Le vice-président du Tavini Anthony Géros était samedi à Mataiea pour procéder, avec Oscar Temaru et le secrétaire général du parti Vito Maamaatuaiahutapu, au renouvellement du comité communal. La conséquence, dit ce dernier, d’une demande des militants Tavini qui accusent leur ancienne présidente, Hinamoeura Cross-Morgant, de n’avoir pas rempli son rôle, notamment en n’organisant aucune réunion dans la commune depuis deux ans. Jeudi dernier, Tina Cross avait longuement exposé ses griefs contre le vice-président et le secrétaire général du parti qu’elle accuse de vouloir écarter sa fille. Elle allait plus loin en accusant Anthony Géros de fomenter une motion de défiance contre le gouvernement Brotherson, et d’avoir un comportement « mafieux » pour contrôler son groupe. « Ça m’a beaucoup attristé, disait Anthony Géros samedi matin, parce que c’est une personne que nous respectons beaucoup, avec qui nous avons milité plusieurs années, et ça fait mal au cœur d’être calomnié comme ça, outragé, insulté de cette manière. » Il laisse entendre que Tina Cross pourrait être « téléguidée ». « Entre Moetai et moi ce n’est pas un sujet du tout » Le président de l’assemblée se défend de vouloir mettre des bâtons dans les roues de Moetai Brotherson : « Je lui rappelle simplement que jamais on n’a voté contre le gouvernement. Ensuite à plusieurs reprises j’ai rencontré le président du Pays pour le rassurer » sur les « bruits de couloirs » (…) on s’est vu en tête à tête pour lui dire ‘ce que tu entends, ce n’est pas vrai’. » Les deux hommes ont des visions différentes sur l’accession à l’indépendance, reconnait-il, « mais ce qui est essentiel c’est que l’objectif est le même. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/08/TONY-GEROS-01.wav En revanche, il reconnaît que la tentation de la motion de défiance existe chez certains élus de son camp. « Entre Moetai et moi ce n’est pas un sujet du tout, affirme Anthony Géros. Par contre c’est vrai qu’il peut y avoir certains élus peut-être qui essayent de fomenter des intérêts cachés et puis à partir de là, laisser courir le bruit pour espérer que ça morde à l’hameçon. Alors moi, pour taire ce genre de propos, j’ai fait deux affiches dans le bureau de mon secrétariat. J’ai mis, ‘il n’y a pas de motion de défiance au cabinet de la présidence’. Donc tous ceux qui rentrent, ils voient cette affiche, c’est clair. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/08/TONY-GEROS-02.wav Quant aux fameuses « mises en commun », ces cagnottes constituées par les élus avec une partie de leurs crédits collaborateurs pour offrir les services de spécialistes au groupe, il n’est ni inhabituel ni très significatif qu’il y en ait plusieurs, dit le président de l’assemblée qui affirme ne pas avoir le décompte exact en tête : » Quand j’étais dans la minorité c’était la même chose, on avait une mise en commun unanime d’abord, ensuite il y en a qui ont voulu se retirer, puis revenir, ça bouge tout le temps. Au Tavini on avait demandé aux 38 la mise en commun, et il y en a deux qui n’avaient pas accepté. Dernièrement j’ai appris qu’il y a une partie qui s’est désolidarisée, ça les regarde, ce sont des crédits qui appartiennent aux élus. » Une sanction possible contre Tina Cross ? Mais Anthony Géros n’a pas l’intention d’en rester là. Il a demandé à ses services une retranscription des propos tenus par Tina Cross pour voir « ce qui touche à l’honorabilité de la fonction de président de l’assemblée » et à celle d’autres élus cités. Il envisage une action disciplinaire contre Tina Cross qui, en tant que collaboratrice d’une élue, « est assujettie à une hiérarchie interne à l’assemblée, et donc institutionnellement on ne peut pas accepter ça. Je vais demander au bureau quel type de décision on va prendre, et on va également s’inspirer de l’avis du déontologue. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/08/TONY-GEROS-03-SANCTIONS.wav