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SDF : « Quand le CDI est obtenu, on n’a pas de suite un logement pérenne »

724 personnes ont dormi « au moins une fois dans la rue » au cours de l’année 2025, d’après des chiffres de l’association Te Torea. L’objectif pour cette organisation : sortir les sans-abris de la rue. Si l’association a mis en place un dispositif d’insertion en collaboration avec les entreprises pour aider les personnes sans logement à signer un contrat de travail, la sortie durable de la rue reste freinée par le manque de logements accessibles. « Les sans-abris ne seront pas prioritaires sur une famille avec un enfant », note Vai-Iti-Nina Ya-Matsy, la directrice de l’association.

En 2025, l’association Te Torea a recensé 724 personnes « qui ont dormi au moins une fois dans la rue » au cours de l’année, selon sa directrice, Vai-Iti-Nina Ya-Matsy. En moyenne, entre 100 personnes en journée et 190 à 200 en soirée se trouvent dans la rue, un chiffre qui ne cesse d’augmenter, précise-t-elle. Dans le lot, si une partie des individus vit dehors de manière permanente, d’autres effectuent des allers-retours entre la rue et leur logement : certains viennent par exemple à Papeete pour le travail mais vivent à la presqu’île. Ils font alors « le choix » de rester en ville, notamment parce que les transports leur coûtent trop cher.

« La grande mission » pour Te Torea, en plus de l’accompagnement social, est « d’essayer de sortir le maximum » de personnes de la rue. Bien que certains réussissent à obtenir un travail, Vai-Iti-Nina Ya-Matsy pointe la difficulté pour eux de trouver un logement, malgré des dossiers déposés à l’OPH, à l’aide sociale ou encore à la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité (DSFE).

« Autant d’entrées que de sorties »

« Quand l’emploi est sécurisé, c’est-à-dire que le CDI est obtenu, on se retrouve bloqués, parce qu’on n’a pas de suite un logement pérenne », indique la directrice. Elle rappelle que les hébergements de l’association sont « provisoires » et ne sont donc pas disponibles sur le long terme. « Le coût d’un logement sur Papeete est exorbitant », souligne-t-elle. Même si la personne signe un contrat et qu’il s’agit de « la première case à cocher », les sans-abris ne seront « pas prioritaires sur une famille avec un enfant », concernant les dossiers pour des appartements.

D’après les chiffres de l’association, 157 personnes sont parvenues à quitter la rue en 2025. Dans le lot, des anciens sans-abris qui sont retournés au sein du domicile familial et d’autres qui ont rejoint leur île d’origine. Vai-Iti-Nina Ya-Matsy constate que chaque année, il y a « autant d’entrées que de sorties ».

Plateforme d’insertion professionnelle

Certaines personnes sans domicile sont parvenues à trouver un emploi, mais la recherche de travail demeure un levier essentiel de la réinsertion. Pour maximiser les chances de sortie, l’association a mis en place une plateforme pour aider les sans-abris à intégrer une entreprise. Il s’agit d’un « dispositif d’insertion professionnelle » baptisé « Nati o Te Torea, un lien, une chance ». Le programme a pour but de permettre « à plusieurs personnes employables d’intégrer le marché de l’emploi ordinaire », explique la directrice. « C’est une vraie et grande collaboration entre une entreprise privée, l’association Te Torea et le natif, l’appellation donnée à la personne sans-abri. »

Les entreprises qui souhaitent s’engager doivent ouvrir ou mettre à disposition un poste existant au profit d’une personne sans-abri. L’association passe ensuite « par une mesure d’aide à l’emploi qui est financée à 100 % par le Pays », précise encore Vai-Iti-Nina Ya-Matsy. « Le challenge, c’est que l’entreprise qui recrute le natif le forme. Tout ce qu’elle doit lui demander, c’est de la motivation et de la volonté. » Depuis la mise en place de cette plateforme en 2023, plus de 20 personnes ont signé un CDI avec des « grosses ou petites » entreprises. L’objectif est d’accroître encore ce chiffre. 

L’association Te Torea dispose actuellement de deux structures distinctes : un centre d’hébergement de nuit situé à Tipaerui, ainsi qu’un espace d’accueil ouvert de jour comme de nuit à Fare Ute. Ce dernier se trouve au centre des discussions avec la mairie de Papeete autour de la problématique du « sans-abrisme ». Lors d’une réunion avec le tavana Rémy Brillant mi-avril, l’idée de réhabiliter ce site a été évoquée, avec pour objectif d’y accueillir « au moins cent » personnes.

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Jt Vert 22/04/2026

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