ACTUS LOCALESCULTUREMUSIQUE Petiot, Tiare d’honneur : « Je ne peux pas vivre sans la musique » Vaitiare Pereyre 2025-05-17 17 Mai 2025 Vaitiare Pereyre Il joue 17 instruments, a composé plus que 400 chansons, fait danser des milliers de Polynésiens… Le tout « à l’oreille », sans jamais avoir appris à lire une partition. Autodidacte génial et roi du ta’iri paumotu, Maurice Tauru, alias Petiot, a reçu un trophée d’honneur aux Tiare Music Awards 2025. S’il regrette de ne pas avoir pu se déplacer – et ravir le public de quelques notes – pour la cérémonie de samedi dernier, il a confié son émotion ce vendredi en venant récupérer son trophée dans les studios de Tiare FM. À 84 ans, c’est la première fois que ce grand nom de la musique local reçoit une telle reconnaissance. Lire aussi : Papehau, Rehe Sound, Neycki… Les gagnants des Tiare music awards 2025 Les artistes locaux « boostées » par les TMA C’est le roi du ta’iri paumotu. Petiot, de son vrai nom Maurice Tauru, a reçu ce vendredi dans le studio de Tiare FM le trophée du Tiare d’honneur. Une récompense qu’il aurait bien sûr préféré récupérer lors de la grande soirée des Tiare Music Awards qui a couronné samedi dernier Papehau, Nohorai, Rehe sound, Neycki et d’autres lauréats. À 85 ans, cette légende de la musique locale, « malade » samedi soir mais encore bien en forme le reste du temps, aurait volontiers pris le micro pour faire une démonstration. « Je suis très content : c’est la première fois que je reçois ce genre de prix, dit-il. J’aurais voulu partager avec le public qui était là, parce que d’habitude quand je veux partager quelque chose, je vais sur scène. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/PETIOT.wav Malgré ses plus de 400 chansons, ses 75 albums, les milliers de noctambules qui ont dansé sur sa mesure, sa carrière passée par toutes les scènes du fenua, l’ancien meneur des Barefoot Boys n’a jamais mis les pieds au conservatoire. Il aime même rappeler qu’il « ne sait pas lire une partition » et qu’il est « depuis toujours » bien plus à l’aise pour s’exprimer avec un instrument entre les mains. « Je suis né musicien », répète Petiot qui explique que sur les 17 instruments qu’il sait jouer, il a seulement pris des cours de violon. « J’en ai fait pendant deux mais je ne comprenais rien. On me donnait des lectures à faire, des croches … pour moi c’était de la salade ça. » La guitare, le ukulélé, la mandoline ou bien même la batterie… Tous les autres instruments, le musicien les a apprivoisés en autodidacte : « J’étais très très fort à l’oreille ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/PETIOT-2.wav Pour ce retraité de la fonction publique, la carrière musicale a toujours été le plus importatn. « La musique c’est mon dada. Je ne pouvais pas vivre sans », se souvient l’octogénaire, toujours professeur, arrangeur, et bien sûr muxicien. De Honolulu à Nouméa, en passant par Rarotonga et la Nouvelle-Zélande, Petiot a fait voyager les sons du fenua. Partout, on lui demande de jouer, de partager sa musique. « Mais c’est impossible d’aller partout… Partout où je vais, ils me demandent : comment tu fais ça ? Je leur montre, ils filment, mais je leur dis : vous ne pourrez jamais jouer comme moi. Même si je vous apprends. Parce que toutes les secondes, je change », conclut Maurice Tauru… où plutôt Petiot, ce surnom donné pas sa grand-mère à sa naissance à cause de sa petite taille, et qui est resté. Comme ses chansons et comme sa passion.