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Point d’indice à 1 080 francs : Moetai Brotherson persiste et signe

Après les négociations sur la revalorisation du point d’indice, le gouvernement a confirmé qu’il n’irait pas plus loin que les 1 080 francs annoncés jeudi. Les fonctionnaires du Pays seront toutefois prochainement autorisés, comme les fonctionnaires communaux et sous certaines conditions, à cumuler leur mission et des activités rémunérées en dehors de l’administration.

« Le gouvernement a décidé » : au 1er mai, la valeur du point d’indice passera de 1 060 à 1 080 francs, soit 1,89% de hausse. Coût annuel estimé, 781 millions pour les 7 687 agents de la fonction publique. Un compromis entre demandes des syndicats – qui avaient fini par s’entendre sur une demande de hausse de 7,8% –  et maîtrise de l’équilibre budgétaire du Pays, explique le communiqué de la présidence, qui liste aussi les « très nombreuses mesures » déjà prises, comme la revalorisation des grilles de rémunération des agents de catégorie D qui entrera elle aussi en vigueur le 1er mai (+252 millions/an), le reclassement dans une catégorie supérieure, en reconnaissance de l’évolution du niveau de diplôme requis, d’un certain nombre de personnels de santé et de la sphère socio-éducative (+360 millions/an), la rémunération des astreintes hors heures normales de tous les agents de la fonction publique, et la rémunération des heures supplémentaires en semaine comptant un jour férié pour les agents de la Direction de la santé. Le gouvernement annonce par ailleurs qu’il va engager une « révision structurelle de l’ensemble des cadres d’emploi » afin de « corriger les disparités internes ».

Pour la Fraap, un point d’indice 1 080 francs est « une réponse méprisante à une réalité accablante », « un affront », et  le syndicat écrit : « Nous dirons : assez. (…) Si le  gouvernement reste sourd à nos réalités, nous ferons en sorte qu’il entende notre détermination, notre unité, notre force. »

Les mesures refusées par les syndicats

Le communiqué présidentiel rappelle aussi que les organisations syndicales ont souhaité privilégier l’augmentation du point d’indice, qui profite à tous les agents publics, aux propositions du gouvernement qui souhaitait « prioriser ses efforts à destination des agents aux revenus les plus faibles ». Ainsi, il était question de revaloriser les grilles des agents de catégorie C et B, de mettre en place des tickets-restaurants selon un plafond de rémunération, et d’octroyer une prime exceptionnelle en fonction des tranches de rémunération.

Le cumul d’activités bientôt autorisé pour certains agents

Le gouvernement va également autoriser les fonctionnaires du Pays à exercer une activité complémentaire. C’est déjà le cas dans la fonction publique d’État et, depuis un décret pris le 4 décembre dernier, dans la fonction publique communale polynésienne, elle aussi régie par l’État. Les activités accessoires seront soumises à autorisation préalable, et elles ne devront compromettre « ni le bon fonctionnement du service, ni son indépendance, ni sa neutralité ». Les conditions seront définies avec les syndicats dans le cadre du Conseil supérieur de la fonction publique.

À titre d’exemples, les fonctionnaires communaux peuvent déjà envisager de cumuler leur emploi public avec de nombreuses activités rémunérées, telles que l’expertise et la consultation, l’enseignement et la formation, l’encadrement et l’animation dans un cadre culturel ou sportif, l’activité agricole, les petits travaux chez les particuliers, la collaboration avec un conjoint, l’aide à domicile à un membre de la famille, les services à la personne, et même les très vaguement définies « activités d’intérêt général auprès d’une personne publique « ou les « missions d’intérêt public de coopération internationale ».

Cette avancée promise aux agents publics, dont certains perçoivent certes des traitements modestes mais qui bénéficient tous de la sécurité de l’emploi, pose tout de même question dans un pays où 50 000 personnes sont sans travail.

 

 

 

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