ACTUS LOCALESSOCIAL Hausse de 1,9% du point d’indice : les syndicats de fonctionnaires prêts à la grève Vaitiare Pereyre 2025-04-18 18 Avr 2025 Vaitiare Pereyre Les syndicats de la fonction publique territoriale avaient rendez-vous à la présidence ce matin, pour rentrer dans le dur des négociations du point d’indice. Après avoir demandé jusqu’à 40 % d’augmentation, du côté de la Fraap, les centrales se sont accordées sur une demande commune de 7,8 %, visant selon eux à compenser la perte de pouvoir d’achat des agents ces dernières années. Face à eux, Moetai Brotherson a expliqué que sa “meilleure proposition”, compte tenu de la situation financière du Pays, était d’augmenter le point de 1,9 %. Soit 1,4 milliard de francs de dépenses annuelles supplémentaires, qui pourraient être actées dès le 1er mai. Insuffisant, voire “malsain” pour les syndicats, prêts à se mobiliser pour obtenir davantage. La Fraap promet d’ores et déjà un “mouvement de grève d’une ampleur inimaginable”. Un exercice de « concertation », et des mines déconcertées, à la présidence ce jeudi. Les organisations syndicales étaient conviées pour la première fois à des « négociations annuelles » avec l’exécutif. Des discussions inspirées de celles qui ont lieu chaque année, le 1er mai, pour les salariés du privé, et qui ont fait l’objet de deux rencontres cette semaine. La première, qualifiée de « session d’information » par les syndicats, a eu lieu mardi. Il s’agissait pour le président Moetai Brotherson de « présenter la situation économique et budgétaire » du Pays, explique-t-il. Mais le cœur des discussions, c’est surtout la revalorisation du point d’indice des 7 000 fonctionnaires publics territoriaux. Gelé en 2008 à 995 francs, il avait été réévalué à 1 060 francs il y a neuf ans. C’était en 2016, et depuis, toutes les organisations se battent pour « un rattrapage ». Proposition commune des syndicats Il s’agit pour les syndicats de réussir à « pallier l’inflation ». À l’origine, ils avaient émis des propositions d’augmentation différentes : allant de 6 % en deux fois pour Ati’a i Mua à 7,8 % pour la CSTP-FO, et 8,5 % pour le SFP. La Fraap, syndicat majoritaire dans la fonction publique, avait bloqué les aéroports en décembre dernier, demandant alors une réévaluation de 40 % de cet indice. Une revendication à gros enjeux budgétaires, qui ferait passer le point d’indice à 1 500 francs contre les 1 060 actuels, et qui se chiffre à 11 milliards de francs par an. Engagée dans un bras de fer que le président veut résoudre avec l’ensemble des organisations, la fédération avait finalement suspendu son préavis en janvier, avant de revoir sa copie de moitié et de demander 20 % aujourd’hui. Finalement, pour faire face au président et à ses nombreux arguments, elles avaient réussi « pour une fois » à parler d’une même voix. Elles se sont mises d’accord ce jeudi sur une proposition commune : 7,8 % d’augmentation. Une hausse de 80 points, en deux fois (en mai et en fin d’année), soit 1 140 francs, qui, d’après les syndicats, ne « correspond pas vraiment » à la réalité mais qui doit tout de même permettre aux agents de regagner « un peu de pouvoir d’achat ». “On ne peut pas demander au gouvernement de rattraper 20 ans de choses qui n’ont pas été faites” De son côté, le président du Pays explique n’avoir inclus, dans ses « propositions » faites mardi, aucune révision du point d’indice. Il parle en revanche d’un « ensemble de mesures paramétriques », qui venaient à la fois améliorer la condition des fonctionnaires, mais aussi « rétablir une forme d’équité au sein même de la fonction publique du Pays ». C’est finalement le chiffre de 1 080 francs qui a été avancé, une « limite raisonnable » selon Moetai Brotherson. Elle équivaut à une hausse de 20 points, en une fois, soit une évolution de 1,9 %, qui pourrait être actée dès le 1er mai, d’après le président. Une proposition qui ne satisfait aucun des syndicats, mais « le gouvernement gouverne et le président doit décider « , explique Moetai, qui dit avoir « entendu les arguments des uns et des autres ». « On ne peut pas demander au gouvernement, au bout de deux ans et demi d’exercice, de venir rattraper 20 ans de choses qui n’ont pas été faites », dit-il encore. « Depuis notre arrivée aux commandes du gouvernement, l’inflation cumulée a été de 2,4 %. » Il précise ainsi que l’ensemble des mesures, à savoir les 613 millions déjà accordés pour le reclassement des infirmiers de catégorie B à A, les revalorisations des grilles indiciaires des personnels d’assistants sociaux éducatifs, puis l’augmentation des catégories D, cumulé à cette hausse du point d’indice, représente déjà 3,8 % de rattrapage. Une hausse de 1,4 milliard Une masse salariale totale qui augmente donc de 1,4 milliard de francs la première année, et qui va continuer d’augmenter chaque année avec l’avancement normal des fonctionnaires. Pas de quoi convaincre les syndicats, et surtout pas la Fraap, qui menace d’un « mouvement de grève d’une ampleur inimaginable ». Un mouvement qui pourrait, à en croire Edgard Sommers, secrétaire général adjoint de la CSTP-FO, être solidaire de l’ensemble des organisations syndicales. « À la veille de ce week-end pascal, on a l’impression de s’être fait avoir », affirme-t-il. Face à ce fossé entre les propositions du gouvernement et leurs demandes, les syndicats ne comptent pas en rester là et prévoient de se rencontrer dans les prochains jours.