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Pourquoi le prix des billets d’avion s’est envolé ?

Dans son dernier avis, l’autorité polynésienne de la concurrence constate que le prix du billet d’avion à l’international au départ et vers la Polynésie n’a cessé d’augmenter entre 2013 et 2016. Un constat qu’elle explique principalement par une stratégie « d’exploitation de la rareté de l’offre de sièges » par les compagnies locales, qui selon elle n’est pas à mettre sur le compte d’un manque de chambres d’hôtels en Polynésie.

L’autorité polynésienne de la concurrence (APC) a rendu lundi son avis sur le « transport aérien international » en Polynésie française. Un avis issu d’une auto-saisine de l’autorité en 2016 et qui résonne aujourd’hui tout particulièrement dans l’actualité avec l’arrivée de French Bee et celle, à venir, de United Airlines.

L’APC constate d’abord que le prix moyen du billet d’avion n’a cessé d’augmenter entre 2013 et 2016 sur la ligne Papeete-Los Angeles. L’autorité a en effet converti le prix billet d’avion en « salaire moyen » et constate que le tarif pour le tronçon Papeete-Los Angeles est passé de 1,2 semaine de salaire moyen à 2 semaine. Sur le tronçon Papeete-Paris, il est passé de 2,2 semaines de salaire moyen à 3 semaines. En comparaison, l’autorité constate que le prix moyen d’un aller-retour sur les lignes reliant l’Australie à Londres est baissé de 1,4 semaine en 2010 à 1,1 semaine aujourd’hui.

Pourquoi une telle augmentation ?

Pour l’APC, la règlementation en vigueur en Polynésie dans le secteur « n’a pas joué de rôle dans l’évolution des prix ». Les accords entre les compagnies desservant la Polynésie française non plus n’ont pas « en eux-mêmes d’impact défavorable », même si l’autorité recommande de les réévaluer pour « en corriger les éventuels effets anticoncurrentiels ».

L’Autorité indique ensuite avoir examiné une partie des coûts supportés par les compagnies : « les charges de carburant, les frais d’escale et les taxes et redevances ». Des coûts qui représentent « environ 40 % » des coûts des compagnies et qui, même s’ils impliquent « un surcoût » de l’escale tahitienne, « ne peuvent expliquer l’évolution du prix des billets ». L’APC cite d’ailleurs en exemple l’arrivée de nouvelles compagnies exposées aux mêmes coûts et pratiquant des tarifs beaucoup moins chers.

Le « yield management » qui tire les prix vers le haut

Pour l’autorité, l’évolution des prix entre 2013 et 2016 trouve notamment sa source dans : « l’optimisation des revenus des compagnies aériennes qui pratiquent le yield management dans un contexte d’exploitation de la rareté de l’offre de sièges qui s’alignerait, selon certaines compagnies, sur l’offre hôtelière elle-même limitée ». Pourtant, l’autorité signale que son examen n’a pas permis d’établir de « lien entre l’offre de sièges et l’offre hôtelière polynésienne ». Au contraire, elle estime même que l’augmentation de l’offre de sièges vers ou au départ de la Polynésie serait « dynamisant » pour le tourisme en Polynésie.

Pour l’APC, c’est notamment la pratique du yield management, « l’optimisation du rendement qui consiste à vendre au mieux chaque billet d’une cabine » qui maximise la recette des compagnies en obtenant la recette moyenne la plus élevée possible. L’autorité constate que sur les deux tronçons du vol Papeete-Paris, le revenu moyen par passager est supérieur à celui constaté mondialement. Selon elle, le coefficient de remplissage a augmenté en raison de la rareté de l’offre de sièges « permettant dès lors la pratique de prix moyens élevés par les transporteurs aériens (particulièrement sur la ligne Papeete – Los Angeles) ».

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4 Commentaires

  1. Marre à bout
    16 mai 2018 à 11h58 — Répondre

    Cette optimisation du prix par siège (ou yield management) a été possible grâce au duopole ATN/AF. Pourquoi l’APC n’en parle pas ? Elle se cache derrière une technique d’optimisation des compagnies mais c’est cet accord entre les 2 compagneis précitées qui a provoqué cette hausse artificielle des prix. D’ailleurs depuis l’arrivée de French Bee le prix des billets de l’ensemble des compagnies baisse…

    • 16 mai 2018 à 12h35 — Répondre

      Bonjour, je pense que vous avez mal compris. L’APC ne parle justement que de cela.

  2. Tihoti
    16 mai 2018 à 13h18 — Répondre

    Le territoire ne devrait-il pas créer des zones de vacances scolaires différentes selon les archipels, districts, afin de lisser les périodes de forte demande et contrer par le fait ce yield management ?

  3. simone grand
    16 mai 2018 à 14h47 — Répondre

    merci à l’APC de faire son travail et de prendre notre défense à nous les citoyens de base. Et dire que nous sommes dirigés par des gens bien de chez nous…

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