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« Monsieur Pageau était au courant »

© Valentine Bluet

Deuxième jour de procès d’escroquerie à la défiscalisation dans la faramineuse affaire « Pageau », mardi au tribunal correctionnel de Papeete. L’attention du tribunal s’est portée sur le bras droit désigné de Thierry Pageau, Jehan Morault, et sur les dossiers montés avec deux autres apporteurs d’affaires. Les prévenus se sont rejetés la responsabilité des montages frauduleux, Thierry Pageau estimant ne pas avoir été au courant de tous les agissements de son bras droit.

Mardi matin, le deuxième jour du procès de l’affaire « Pageau » a été consacré au volet concernant le bras droit de Thierry Pageau, Jehan Morault. Le co-gérant du cabinet de défiscalisation « Gestom » était à la barre aux côtés de deux apporteurs d’affaires. Le premier, son oncle, Herold Taurua, mécanicien, avait été officiellement recruté pour servir d’interprète en tahitien. Officieusement, il réalisait de fausses factures en apposant sa signature et le tampon de son garage. Il recevait ensuite les rétrocessions qu’il reversait à Jehan Morault : plus de 129 millions de Fcfp de crédit d’impôt et 4,6 millions de Fcfp de commissions. Selon les prévenus, le but était de compléter au plus vite les dossiers de SNC (sociétés en noms collectifs) avant la fin de l’année. « Thierry Pageau mettait la pression et ne semblait pas se soucier de la réalisation ou de l’état des biens », avait indiqué Herold Taurua lors de l’instruction. Des déclarations qu’il a eu beaucoup de mal à confirmer devant le tribunal. Même son de cloche du côté de Charles Li, ex beau père de Thierry Pageau et également en lien avec Jehan Morault. « J’agissais sur instruction de Morault mais je savais que Pageau était au courant de tout » a expliqué Charles Li. Les deux apporteurs d’affaire ont cependant eu du mal à confirmer qu’ils avaient bien rencontré Thierry Pageau.

De son côté, Jehan Morault a reconnu son implication mais a expliqué qu’il rendait des comptes à Thierry Pageau et qu’il avait versé à plusieurs reprises de l’argent en liquide à sa mère et à un autre prévenu. Pour son avocate, Me Boulleret, Jehan Morault n’est pas le bras droit mais l’homme de paille.

Interrogé par le président du tribunal, Thierry Pageau s’est montré très sur de lui, affirmant ne pas avoir eu connaissance des agissements de Jehan Morault. « Je n’ai jamais demandé de faire de faux dossiers, je n’étais même pas au courant de ces dossiers frauduleux », s’est défendu le principal prévenu du dossier. « Je n’ai jamais reçu de fonds de la part de Mr Morault pour ces dossiers là ». Une ligne de défense soutenue par son avocat, Me Aureilles, pour qui son client ne pouvait être au courant de tout entre ses différents cabinets à Wallis, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie.

Le procès doit se poursuivre jusqu’au 23 mai avec mercredi l’audition très attendue de Thierry Pageau.

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1 Commentaire

  1. Slipman
    15 mai 2018 à 14h52 — Répondre

    La justice devrait aller enquêter du coté de Papara, quartier Lucky, pas loin de l’abattoir où Pageau « louait » une parcelle de terre pour la fabrication de ces fameux bateaux….Une famille en a bien profité….

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