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Pourquoi une quarantaine de thoniers chinois se sont donné rendez-vous à Papeete ?

Aux cinq pavillons chinois déjà visibles sur les quais du port autonome ce mercredi matin s’est ajouté celui du Ping Tai Rong 316, qui a dû être déséchoué et remorqué par le Aito Nui après être « passé au dessus du récif » à son entrée dans la rade ce matin. Huit autres thoniers attendent au large de Papeete ou s’approchent de Tahiti en ce moment même. Au total, 46 bateaux chinois sont attendus ces deux prochaines semaines. Des visites éclair, surveillées par les services de l’État, et qui sont dûes à une vague d’inspection programmée au fenua par les autorités chinoises, comme cela avait déjà été le cas en 2019 ou 2022. Les bateaux, pourtant pour la plupart en très mauvais état, repartiront ensuite pêcher hors de la ZEE, après ravitaillement, roulement d’équipage… ou réparation.

[Mise à jour 17h00] : Si le tableau de prévision des navires du port de compte aujourd’hui qu’une quinzaine de navires chinois, le haut-commissariat précise que 46 sont attendus à Tahiti dans les deux prochaines semaines.

Il y a les Xin Shi Ji 75 et 79, thoniers de 45 mètres arrivés tôt ce matin, et amarrés au quai de cabotage de l’Ouest de la digue, aux côtés, par exemple du Vaitere 2. Il y a aussi leurs deux sisterships Xin Shi Ji 208 et 210, orientés vers le quai de pêche international, près de la zone sous douane. Entrés dans la rade mardi, ils doivent mettre les moteurs dès demain. Le Xin Ji Shi 215, lui, avait dû être envoyé de l’autre côté du port, près des vieux dépôts d’hydrocarbures de Motu Uta, où s’amarrent d’habitude les remorqueurs. Il a été rejoint en fin de matinée par un compatriote qui a su soigner son entrée : le Ping Tai Rong 316, bateau de 40 mètres qui, pour des raisons qui restent encore à éclaircir, est « passé par dessus le récif » lors de son entrée de la passe de Papeete. C’est un remorqueur du port, justement, qui a dû lui venir en aide : le Aito Nui est intervenu pour tirer le navire vers le centre de la rade à l’aide d’un câble, avant de l’escorter vers le quai, qui se trouve aussi être tout près des cales sèches.

Pas une première

Six navires de pêche chinois à quai, donc, qui ont en commun une coque décatie, des équipements de fortune et un état d’entretien général inquiétant. Ça n’est pas fini. Ce matin, les curieux qui observaient les manoeuvres de déséchouement ont été surpris d’apercevoir plusieurs autres thoniers étrangers au large. Les Feng Hui 7 et 17, une quarantaine de mètres chacun eux aussi, attendent leur heure tout près de la passe. Le Xin Shi Ji 215 et le Feng Hui 5 se sont placés en face de la piste de Tahiti – Faa’a. Les Hai Xing 817 et 815, toujours 40 mètres, toujours des thoniers, croisent à quelques milles de là, entre Moorea et Tetiaroa. Des bateaux qui ont bien averti de leur passage et réservé leur place au port autonome : au total, quinze bateaux de pêche chinois doivent passer par la rade ces prochains jours, et 46 au total dans les deux prochaines semaines d’après le Haut-commissariat.

Au port autonome, on se dit peu surpris par cette foule de pavillons chinois. Et on rappelle que ces vagues de thoniers, qui fréquentent le reste du temps Tahiti un par un, pour des réparations ou des déchargements, avant de repartir pêcher en haute mer, sont récurrentes. Une petite vingtaine il y a deux ans, près d’une trentaine en 2019… Avec à chaque fois, des interrogations et un certain émoi de la population. Et les mêmes garanties des autorités de l’État : aucun bateau étranger n’est autorisé à pêcher dans la ZEE, et les mouvements de ces navires sont surveillés de près pour s’en assurer. Le Haut-commissariat ajoute que ces arrivées par vague sont liées à des inspections programmées par les autorités chinoises, qui choisissent de les mener en Polynésie française de par sa position centrale dans le Pacifique Sud et ses infrastructures plus développées que les états voisins.

Contrôles par les autorités chinoises

Habituellement, et malgré l’état de délabrement avancé de plusieurs de ces navires, les contrôles n’aboutissent pas à des immobilisations, et les Xin Shi Ji, Hai Xing et autres Feng Hui repartent en mer. Souvent après en avoir profité pour se ravitailler en carburant et en vivres, pour effectuer quelques réparations, ou pour changer d’équipage, dont on peut croiser de nombreux marins faire des achats en ville ce mercredi. Les visites ne durent généralement qu’entre 24 et 72 heures. Au moins une exception, toutefois cette année : le Ping Tai Rong 316 – deuxième bateau de la même flotte à s’échouer sur un récif polynésien après l’accident beaucoup plus grave du Ping Tai Rong 49 à Anuanurunga en 2021 – devrait être placé en cale sèchesces prochains jours. Il s’agit de comprendre pourquoi le navire n’était plus contrôlable à l’entrée dans la passe, de réparer cette panne ainsi que les éventuels dégâts à la coque ou aux équipements.

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