ACTUS LOCALESJUSTICESOCIÉTÉ Premier colloque sur l’animal domestique et le droit en Polynésie Nanihi Laroche 2025-09-19 19 Sep 2025 Nanihi Laroche “L’animal domestique et le droit, le cas de la Polynésie française”, c’est le thème du tout premier colloque juridique sur les chiens, qui aura lieu dix jours après les Tahit Uri Days, les 30 septembre et 1ᵉʳ octobre, à l’UPF. Près de 160 spécialistes – juristes, magistrats, policiers, psychologues ou membres du gouvernement – y débattront des liens entre condition animale, société et justice, avec des thèmes comme « violence intrafamiliale et maltraitance animale », ou encore « le chien comme soutien thérapeutique« . Un événement qui ambitionne de faire de la Polynésie un territoire pilote sur ces enjeux au niveau des outre-mer. Dix jours après les Tahiti ’Uri days, l’UPF hébergera le tout premier colloque juridique sur le thème L’animal domestique et le droit, le cas de la Polynésie française. Un événement qui ambitionne de faire du territoire « un moteur de réflexions sur les questions de conditions animales en Outre-mer », selon Laure Bélanger, vice-présidente au tribunal de première instance de Papeete. Des magistrats aux policiers, en passant par des membres du gouvernement, près de 160 spécialistes sontdéjà inscrits à ces deux jours de table ronde, le 30 septembre et le 1ᵉʳ octobre. « Polynésie : le seul territoire français à avoir un ministre de la Condition animale » « La Polynésie est le seul territoire français à avoir un ministre de la Condition animale, M. Taivini Teai. Une première en France », explique la magistrate. « La question animale relève à la fois de la compétence du Pays, et à la fois de la compétence de l’État. Sans oublier la complexité géographique et culturelle, car ce sont des questions qui sont liées aussi au mode de vie d’une population », ajoute-t-elle. C’est face au constat que « la Polynésie a un rapport particulier aux animaux domestiques », que l’idée d’un colloque pluridisciplinaire a émergé. Pendant deux jours, juristes, magistrats, policiers, psychologues, anthropologues ou encore membres du gouvernement croiseront leurs regards avec trois objectifs en tête : « mettre en lumière les enjeux humains liés à la condition animale, réfléchir sur la responsabilisation des acteurs publics et privés, et identifier des leviers d’action concrets pour faire évoluer les choses », indique la vice-présidente du tribunal. Laure Bélanger, vice-présidente du tribunal de 1ère instance. « Si tu me quittes, j’égorge le chien » Au programme, il y aura notamment le lien entre violences intrafamiliales et maltraitance animale. « La personne qui maltraite son animal, dans certains cas, peut le faire parce que c’est un être vulnérable. Et donc, dans les êtres vulnérables qu’il y a au sein du foyer, il peut y avoir aussi le conjoint, il peut y avoir également l’enfant, précise Laure Bélanger. Autre élément : l’animal, qui n’est pas que révélateur de violences intra-familiales, peut aussi être un moyen de pression. C’est l’exemple type du conjoint qui veut quitter l’autre conjoint. Le conjoint qui ne veut pas être quitté va utiliser l’animal comme moyen de pression en disant : si tu me quittes, j’égorge le chien ». Elle évoque aussi une étude universitaire selon laquelle «un nombre significatif de personnes qui ne quittent pas le domicile conjugal alors qu’elles se font taper parce qu’elles ont peur de laisser leur animal. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/09/COLLOQUE-1-maltraitance-famille.wav « On s’est rendu compte, et c’est le pédopsychiatre qui intervient, notamment le docteur Ben Kemoun qui en parlera, qu’en fait, voir un enfant qui maltraite un animal peut être un révélateur, et qu’il reproduit des actes de violence qu’il voit au sein de sa famille, dit Laure Bélanger. Ou alors, ça peut aussi révéler des problématiques psychiatriques ou psychologiques de la part de l’enfant. On sait tous que les psychopathes, très souvent, ont commencé par des actes de torture sur des animaux. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/09/COLLOQUE-2-enfant.wav « Un soutien psychologique pour les victimes » Le colloque a aussi toute une partie sur la valeur sociale et thérapeutique de l’animal. L’exemple du chien Ukyo, premier assistant judiciaire en Polynésie, « montre que l’animal peut être bien plus qu’une victime ou un danger : il devient un soutien psychologique pour les victimes, ça peut être également un moyen d’aider les délinquants à la réinsertion, et ça peut être un soutien pour les forces de l’ordre avec le chien qui cherche la drogue par exemple », explique la magistrate. D’autres thèmes seront aussi discutés : l’animal comme outil thérapeutique en milieu carcéral, ou encore la question de la détention d’animaux par des personnes sans domicile.