ACTUS LOCALESPOLITIQUE Premières auditions sur le mode de scrutin des territoriales Caroline Perdrix 2025-03-03 03 Mar 2025 Caroline Perdrix Les trois députés polynésiens mènent cette semaine les premières auditions sur le mode de scrutin en Polynésie française, thème de la « mission flash » qui va rendre un rapport à l’Assemblée nationale en avril. Ce lundi, le président Moetai Brotherson et les communautés de communes étaient au programme. Faut-il réviser le mode de scrutin des territoriales en Polynésie ? C’est la question à laquelle Moerani Frébault, Nicole Sanquer et Mereana Reid-Arbelot espèrent apporter des réponses à l’issue d’une mission flash de la Délégation aux Outre-mer. Les trois députés sont accompagnés de René Carlé, administrateur de l’Assemblée nationale. Derrière cette question en apparence simple, celles, plus complexe, du mode de scrutin qui pourrait remplacer les dispositions actuelles, instaurées en 2011 pour assurer plus de stabilité après les multiples renversements que les gouvernements polynésiens avaient connus depuis 2004. Faut-il conserver le seuil d’accès au second tour à 12,5% des suffrages exprimés, faut-il supprimer la prime majoritaire de 19 sièges, ou simplement réduire le nombre de sièges octroyés par la prime ? Faut-il garder une circonscription unique à 8 sections ? A Here ia Porinetia militait depuis sa création pour la suppression de la prime majoritaire, et en avait obtenu l’inclusion dans la profession de foi de l’alliance Amui Tatou aux dernières législatives. Aujourd’hui les autonomistes dans leur ensemble ne sont pas nécessairement aussi catégoriques, et envisagent plutôt une diminution du nombre de sièges. Ce lundi la mission a commencé les auditions avec deux communautés de communes la Codim des Marquises, et Teporionu’u qui réunit Papeete, Pirae et Arue. Teraii Alpha, qui devait intervenir pour Tereheamanu, n’a finalement pas participé. En fin de matinée, c’est Moetai Brotherson qui a été entendu. Sa position n’a pas varié, il n’est pas opposé à une modification du mode de scrutin mais à condition de découpler la présidence de l’assemblée en faisant élire le président du Pays au suffrage universel. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/03/MISSION-FLASH-01-SANQUER.wav Pour rappel, une élection du président polynésien au suffrage universel nécessiterait un changement de la Constitution. Mais elle pose d’autres questions, dit Nicole Sanquer : « Est-ce que le président nomme toujours le gouvernement, ou est-ce que cette prérogative revient à l’assemblée ? Ça entraîne évidemment une série de questionnements sur la gestion du Pays. » Mardi la mission parlementaire va auditionner les représentants des partis politiques, à l’exception d’Oscar Temaru qui a décliné l’invitation. Mercredi une table ronde est organisée avec plusieurs professeurs de la faculté de droit de l’UPF. Jeudi, la mission entendra le président de l’assemblée Anthony Géros et la présidente du Cesec Voltina Dauphin.