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Primaire à droite: le vote commence hors de l'Hexagone pour ce scrutin à suspens

Paris (AFP) – Campagne finie, certains territoires d’Outremer et les Français de l’étranger ont commencé dès samedi à voter pour la primaire inédite de la droite en vue de la présidentielle, le suspense planant sur l’issue du premier tour dimanche pour le trio Juppé-Sarkozy-Fillon.

Outre les scores des sept candidats après une remontée spectaculaire dans les sondages de François Fillon, la participation à ce scrutin, qui devait mobiliser samedi et dimanche 80.000 bénévoles dans 10.228 bureaux avec l’angoisse de fraudes, reste une inconnue majeure.

En Martinique, à Fort-de-France, qui votait dès samedi, un millier de personnes avaient voté A 11h00 locales (16h00 en métropole) dans la salle des séminaires d’un grand hôtel, où trois bureaux de vote et deux isoloirs avaient été disposés. 

Un métropolitain vivant en Martinique depuis 17 ans s’est déclaré « absolument surpris par l’affluence, par la quantité de personnes mobilisées pour cette primaire et l’écho que ça a, ici. D’une manière générale, on est plutôt ici tendance gauche ».

Une grand-mère exprimait « le sentiment du devoir accompli, en espérant que ce soit (son) candidat qui passe », sans le dévoiler. Se disant de gauche, un jeune père, son enfant dans les bras, voulait « absolument voter car je ne veux pas que Nicolas Sarkozy remporte cette primaire ».

Outre la Martinique, on pouvait voter samedi pour cause de décalage horaire en Guadeloupe, à Saint-Martin, Saint-Barthélémy, en Guyane, à Saint-Pierre-et-Miquelon ou en Polynésie française. Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Réunion, Mayotte voteront dimanche. Les outremers comptent 306 bureaux.

Quant aux Français de l’étranger, ils sont 58.472 inscrits – bien plus que les 7.000 ayant voté au premier tour de la primaire PS – et s’exprimeront par vote électronique. 

La primaire pourrait mobiliser dimanche un, deux, voire quelque trois millions de votants comme à la primaire PS de 2011. Seule certitude, selon le « M. Primaire » du parti LR Thierry Solère, « la participation s’annonce importante » à cette élection s’adressant « à tous les Français qui veulent l’alternance à François Hollande, même ceux qui ont voté pour lui en 2012 », comme il l’a glissé samedi. 

Outre le trio de tête des sondages Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon, sont en lice Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson.

Cet exercice va peser fortement sur l’issue des élections de 2017. Avec une gauche donnée systématiquement éliminée dès le premier tour de la présidentielle, le candidat choisi par la droite a de fortes probabilités d’accéder à l’Elysée dans moins de six mois, a priori contre la présidente du FN Marine Le Pen.

Moyennant deux euros, le scrutin de dimanche et du 27 novembre est ouvert à tout citoyen français en âge de voter et inscrit sur les listes électorales, à condition de signer une charte partageant les valeurs républicaines de la droite et du centre.

– Vers un scénario « surprise » ? –

Dans une France en état d’urgence et sous menace terroriste, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a demandé aux préfets de « prendre toutes les mesures nécessaires au bon déroulement » du premier tour.

Vendredi soir, les favoris, passés de deux à trois, ont donné leurs derniers meetings, Alain Juppé à Lille, ville natale du général de Gaulle, Nicolas Sarkozy à Nîmes, François Fillon à Paris et décerné leurs dernières piques. Tous ont également appelé à la mobilisation des électeurs.

Après de nombreux sondages plaçant Alain Juppé et Nicolas Sarkozy en tête, un sondage Ipsos a donné jeudi soir un scénario inattendu: François Fillon prenait la première place avec 30% des intentions de vote au premier tour, devant Alain Juppé ex aequo avec Nicolas Sarkozy, 29%.

Gilles Boyer, directeur de campagne de Alain Juppé, a lancé samedi sur Twitter: « Ne vous laissez pas influencer par les médias et les sondages qui vous parlent d’une « dynamique » ! Votez selon vos convictions! ».

Le Premier ministre Manuel Valls, interrogé lors d’une inauguration à Evry, a vu cette primaire comme « un beau moment démocratique », à « respecter ». Quand aux programmes, « très conservateurs » et « souvent sans imagination parce qu’il s’agit souvent de revenir en arrière, ils sont « en tout cas pour la gauche l’occasion de rappeler qu’elle doit se rassembler ».

Un combo de photos des trois candidats à la primaire de la droite, (de G à D) Alain Juppé, François Fillon et Nicolas Sarkozy. © AFP

© AFP/Archives Loïc VENANCE, Philippe HUGUEN, Martin BUREAU
Un combo de photos des trois candidats à la primaire de la droite, (de G à D) Alain Juppé, François Fillon et Nicolas Sarkozy

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