ACTUS LOCALESINTERNATIONALPOLITIQUE Quel avenir pour le Groupe d’initiative de Bakou ? Caroline Perdrix 2025-03-14 14 Mar 2025 Caroline Perdrix L’Azerbaïdjan et l’Arménie ont enterré jeudi la hache de guerre. Dans ce conflit territorial et ethnique qui durait depuis 1988, la France avait soutenu l’Arménie, s’attirant la colère de Bakou qui avait alors répliqué en parrainant la lutte anticolonialiste dans les territoires ultramarins français. Le Groupe d’initiative de Bakou va-t-il poursuivre son soutien au parti bleu ciel ? Peu importe, « le travail continue », répond-on au Tavini. L’Azerbaïdjan, opposé à son voisin arménien depuis la fin des années 80 sur la question du Haut-Karabagh, a annoncé jeudi que les deux pays sont prêts à signer un accord de paix. Une annonce saluée par le secrétaire général de l’ONU, la Russie et la France. Mais alors, que va devenir le « Groupe d’initiative de Bakou », une pseudo-ONG créée en juillet 2023 par le pouvoir azerbaïdjanais pour s’opposer à la France qui soutenait l’Arménie ? L’Azerbaïdjan, accusé d’annexion brutale d’un territoire étranger et de nettoyage ethnique, avait répliqué en choisissant le terrain de l’anticolonialisme, soutenant les mouvements indépendantistes des territoires ultramarins français et les réunissant au sein d’un « Front de libération international des colonies françaises ». L’occasion pour certains élus et responsables du Tavini, son secrétaire général Vito Maamaatuaiahutapu en tête, d’aller à plusieurs reprises en Azerbaïdjan, tous frais payés. Et d’en revenir en entretenant la fiction d’une collaboration déconnectée des « tensions entre Bakou et Paris ». L’objectif affiché du Tavini est de s’assurer du soutien à l’ONU du mouvement des pays non alignés que l’Azerbaïdjan présidait de 2019 à 2024. Du côté du Tavini, on dit se réjouir : « On a été content d’apprendre qu’un accord a été trouvé », dit Ella Tokoragi, qui est une des vice-présidentes du Groupe d’initiative de Bakou. Il est trop tôt pour dire si le GIB survivra à la réconciliation dans le Caucase, mais elle « pense que oui ». En tout cas, « on continue la lutte, le travail continue avec nos collègues de Kanaky et des autres territoires », dit-elle.