ACTUS LOCALESSOCIÉTÉ Service national : le recrutement des 30 volontaires polynésiens débutera en mars Charlie Réné 2026-01-12 12 Jan 2026 Charlie Réné ©De nouvelles recrues du Rimap-P. ©FAPF Ouvert aux candidatures dès ce lundi en France, le nouveau « service national » militaire et volontaire, annoncé par Emmanuel Macron, ne commencera ses recrutements que début mars en Polynésie. La trentaine de jeunes de 18 à 25 ans retenus seront intégrés en septembre au Rimap pour un service de dix mois, dont un mois de formation de base. Comme le précise le contre-amiral Guillaume Pinget, ils assureront un soutien aux forces armées jusque dans les archipels, mais pas hors du territoire. Les plus âgés, devraient même être affectés à métiers spécifiques autour des drones ou de la logistique notamment. Ce n’est qu’à partir de 2027 que ce service national, qui doit monter en puissance et concerner 42 500 jeunes Français par an à l’horizon 2035, s’ouvrira, côté fenua, à la Marine et l’Armée de l’air. Lire aussi : Avions, navires, réserve, chantiers… Les forces armées « montent en puissance » Le recrutement pour le nouveau « service national » militaire et volontaire a été ouvert en métropole France ce lundi 12 janvier. Annoncé en novembre dernier par le président de la République Emmanuel Macron, il doit être déployé dès septembre 2026. Un calendrier serré pour un dispositif censé renforcer le lien armée-nation et participer au renforcement annoncé des effectifs et moyens militaires, dans un contexte d’accumulations de menaces internationales. Cette nouvelle formule, près de 30 ans après la fin du service militaire obligatoire, concernera bien sûr les Outre-mer et la Polynésie. Même si les candidatures locales ne s’ouvriront qu’au début du mois de mars au Cirfa d’Arue. Invité de la rédaction Radio 1 et Tiare FM, vendredi 9 janvier, le contre-amiral Guillaume Pinget, commandant des forces armées en Polynésie française, a tracé les contours de ce nouveau service. Un service de 10 mois, dont un mois de formation de base, qui s’adresse aux 18-25 ans, avec « 80 % » de « jeunes en début de créneau, pour une expérience un peu de césure après des études », et « 20% de jeunes un peu plus expérimentés qui auront déjà un peu avancé dans leurs études qu’on recrutera pour des compétences plus spécifiques ». Notamment dans « les drones, la logistique », entre autres métiers. Jusque dans les îles, mais pas hors territoire « Pour ces appelés du service national, le principe c’est qu’ils ont une vocation opérationnelle, reprend le Comsup. Ils aideront les armées à remplir leur mission de protection et de résilience ». Concrètement au fenua, ils auront un rôle de soutien « pour des missions de présence dans les îles, dans les archipels ». « Leur emploi sera sur le territoire, il n’y aura pas de projection en opération extérieure. Ces jeunes à l’issue du service national auront trois possibilités : soit ils disent finalement l’armée ça me plaît bien, j’ai envie de m’engager; soit finalement je vais faire de la réserve ; soit ils disent : ‘moi je souhaite juste reprendre mon cursus normal académique’, et dans ce cas là ils seront dans la réserve opérationnelle de deuxième niveau pendant cinq ans, à l’issue de quoi ils seront libérés de leurs obligations ». Pour ceux qui souhaiterait rejoindre les « 400 réservistes » actuels – un chiffre qui doit largement augmenter d’ici 2030 dans le cadre de la loi de programmation militaire – il y a « des postes qui pourront leur être proposés », assure le commandant. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/SERVICE-NATIONAL.wav « Une vocation opérationnelle », pas comme le RSMA Il s’agira d’un processus sélectif, avec 30 places ouvertes cette année, intégrées au Rimap-P (Régiment d’infanterie de marines du Pacifique – Polynésie). « Ça ne remet pas du tout en cause le dispositif du RSMA (Régiment du Service militaire adapté) qui est une vocation d’insertion professionnelle, qui reste sur sa propre feuille de route, et sous une logique plutôt ministère des Outre-mer », insiste le Comsup, là où « les appelés du service national auront une vocation opérationnelle de soutien des missions des forces armées ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/SERVICE-NATIONAL-2-RSMA.wav Le RSMA, qui s’adresse lui aussi aux jeunes de 18 à 25 ans, propose des formations allant de l’éducation de base à des parcours plus spécifiques, notamment pour des métiers comme : « agent d’accueil administratif », » agent de restauration » ou « aide à la personne ». En 2025, le RSMA et ses différentes compagnies (basées à Arue, Tubuai, Hiva Oa, et Hao) a accompagné plus de 800 bénéficiaires, avec un taux d’insertion affiché de 91 %. Le Rimap, en attendant la Marine et l’armée de l’Air C’est le Rimap qui accueillera premiers volontaires, à partir du mois d’octobre. Et le régiment ne part pas de rien : une « découverte de l’armée de terre » avait été conduite pendant quatre mois, entre mars et juin 2025, et l’expérience est qualifiée de « réussite » par le contre-amiral. Trouver des candidats ne devrait pas non plus être un problème : « Je suis tout à fait confiant dans notre capacité à remplir les effectifs de 30 jeunes », précise Guillaume Pinget qui rappel que « la Polynésie reste un territoire de recrutement avec un intérêt pour les métiers militaires ». Au niveau national, ce service volontaire doit monter en puissance d’année en année : 3000 jeunes cette année, 4000 en 2027, puis 10 000 en 2030 et un objectif réévalué ce lundi à 42 500 en 2035 par la ministre des Armées. En Polynésie, si les chiffres des prochaines années ne sont pas encore fixés, le dispositif devrait suivre la même évolution. Et s’étendre aussi à « la marine et l’armée de l’air », pour lesquels « des expérimentations sont conduites sur d’autres territoires », indique le contre-amiral. « On verra comment est-ce qu’on peut incorporer ça ici en Polynésie, sachant que pour la marine de l’armée de l’air il y a déjà des dispositifs de volontariat qui existent, avec une vingtaine de places par an pour la marine, une douzaine pour l’armée de l’air, et qui ont vocation aussi à être densifiés », précise le Guillaume Pinget. Cette année, le recrutement débutera début mars via le Cirfa (Centre d’information et de recrutement des Forces armées) du camp de Arue. Le processus comprendra « deux étapes : la visite médicale et la visite d’aptitude, puis un contrôle de sécurité élémentaire, qui sera effectué sur chaque candidat avant l’incorporation », rappelle le Comsup. À terme, l’inscription sera aussi possible lors des « Journées de mobilisation », évolution du dispositif des « Journée défense et citoyenneté » à partir de cette année, ainsi que sur la plateforme Parcoursup. Mais pour cette première année, les candidats intéressés devront impérativement se présenter directement sur place.