ACTUS LOCALESÉDUCATION

Réaffecté à Papeete mais pas sanctionné, Willy Vaiho étudie la possibilité d’un recours

Suspendu fin octobre, le principal du collège de Tubuai était convoqué ce vendredi matin au vice-rectorat. Un entretien auquel participait la DGEE et au cours duquel lui a été présenté un arrêté pris par le ministre de l’Éducation nationale qui met fin à ses fonctions aux Australes pour le nommer proviseur adjoint du lycée Paul Gauguin à Papeete. Son rôle dans certains « dysfonctionnements » à Tubuai et la nécessité d’y rétablir un « climat serein » sont mis en avant pour expliquer la décision. Mais aucune procédure disciplinaire n’est lancée à l’égard du chef d’établissement. Willy Vaiho étudie avec son avocat Stanley Cross la possibilité d’un recours.

L’affaire fait partie de celles qui ont coûté son poste à Ronny Teriipaia et, hasard du calendrier, elle a connu un retournement alors même que le gouvernement annonçait le nom de la remplaçante du ministre de l’Éducation. Depuis le 28 octobre 2025 Willy Vaiho était suspendu de ses fonctions de principal du collège de Tubuai. Une décision qui avait levé de fortes oppositions aux Australes et provoqué des incompréhensions jusqu’à Tarahoi, mais qui n’avait été prise que de façon « conservatoire » par le ministère de l’Éducation nationale, sur proposition du ministère local.

Depuis trois mois et demi, donc, Willy Vaiho attendait d’être fixé sur son sort. Et c’était l’objet de sa convocation au vice-rectorat ce matin. Un entretien en présence de son avocat Stanley Cross, d’un délégué syndical et du directeur de la DGEE, au cours duquel a été présenté un arrêté signé par le ministre de l’Éducation nationale fin janvier mettant fin aux fonctions de Willy Vaiho à Tubuai… Mais seulement pour le nommer proviseur adjoint du lycée Paul Gauguin à Papeete.

Une décision qui « coupe la poire en deux »

D’après Stanley Cross, le document fait mention, pour expliquer cette réaffectation, d’un « management et d’une communication » problématiques de Willy Vaiho au sein du collège des Australes. « On lui fait tout de même, dans cet arrêté, le reproche d’avoir contribué aux dysfonctionnements et aux tensions au sein de la communauté éducative à Tubuai », note l’avocat, qui précise que ce sont surtout « l’intérêt de service » et le « rétablissement d’un climat serein » qui sont invoqués pour justifier la décision.

Des troubles au sein du collège avaient d’abord été signalés par plusieurs professeurs, et avaient fait l’objet d’une enquête administrative conjointe de la DGEE et du vice-rectorat. Une enquête dont les conclusions n’ont jamais été détaillées, ni par l’administration, ni par l’avocat du principal intéressé, laissant libre cours à beaucoup de rumeurs sur la nature des faits qui lui étaient reprochés. Du côté du Pays, on précise tout de même que les signalements portaient sur le « non-respect de certaines procédures » dans l’organisation de l’établissement qui avait abouti à des « désaccords » et un « sentiment d’injustice » au sein des équipes pédagogiques. En novembre Stanley Cross posait une hypothèse en forme de ligne de défense : Willy Vaiho, a pris des initiatives de promotion de la « culture locale » qui ont « dérangé des profs popa’a ».

Une défense, qui n’a, à l’heure actuelle, plus lieu d’être : le vice-rectorat a aussi annoncé ce vendredi l’abandon de toute procédure disciplinaire contre le chef d’établissement réaffecté. L’Éducation nationale s’est-elle rendue compte que les reproches adressés au principal n’étaient pas fondés, ou pas assez graves pour être sanctionnés ? A-t-elle abandonné l’idée d’une procédure devant le tollé et la pression ? Difficile à dire. « Le secrétaire général du vice-rectorat ne le présente pas comme une sanction, mais posez la question à la population de Tubuai et on vous dira que c’est une sanction, parce que ce qu’ils veulent eux, c’est de revoir leur principal », reprend Stanley Cross. L’avocat avait écrit une lettre de douze pages en forme de recours gracieux au ministre de l’Éducation nationale pour pointer les irrégularités de la suspension contre Willy Vaiho – elle aurait d’après lui dû être demandée par le président du Pays et pas le ministre – et pour expliquer que les reproches transmis par le ministère polynésien étaient « hautement contestables ». Cette décision, « j’ai un petit peu l’impression qu’elle permet au gouvernement de la Polynésie française de sortir de la tête haute, elle vient couper la poire en deux, précise l’avocat. C’est un peu le sentiment que j’ai en tout cas ».

Arrêté « contestable », mais pas forcément contesté

Au cours de l’entretien, il a été précisé à Willy Vaiho et son conseil que l’arrêté du ministre de l’Éducation nationale pouvait, comme tous les documents de cette nature, faire l’objet d’un recours contentieux, devant le tribunal administratif. Stanley Cross et son client ne sont « pas encore décidés » sur cette issue, et doivent analyser ensemble l’arrêté qui leur a été transmis ce vendredi matin, et qui leur parait, de prime abord, « contestable ».

L’avocat met tout de même en exergue les pertes de salaires importantes de ces trois mois et demi de suspension de Willy Vaiho, et l’impact psychologique d’une décision « soudaine » et survenue « après une rentrée qui s’est parfaitement bien passée » et même une rencontre avec le ministre quelques semaines plus tôt. Recours ou pas, il compte bien s’adresser à la nouvelle ministre de l’Éducation Samantha Bonet-Tirao, qui pendant qu’avaient lieu les discussions au vice-rectorat, précisait ne pas avoir assez d’information sur l’évolution de l’affaire Vaiho pour s’exprimer sur la question.

Article précedent

Charte, calendriers, plan Marshall.. Les épineux dossiers de Samantha Bonet-Tirao à l'Éducation

Article suivant

Formation en Préparation Athlétique à la FTF

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Réaffecté à Papeete mais pas sanctionné, Willy Vaiho étudie la possibilité d’un recours