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Référendum en Nouvelle-Calédonie : le « non » l’emporte, mais le « oui » gagne du terrain

Le « oui » à l’indépendance a resserré l’écart sur le « non », ce dimanche lors du deuxième référendum d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie. Le taux de participation a battu le record du premier référendum, avec 85,64% selon le dernier décompte. 

Les résultats officiels seront proclamés ce lundi à 18h heure locale (21h dimanche à Tahiti) par le président de la commission de contrôle Pascal Lamy. Mais d’ores et déjà, la réduction de l’écart du « oui » sur le « non » sonne comme une nouvelle « défaite victorieuse » pour les indépendantistes. Tout au long de la journée, les militants se sont mobilisés, notamment à Nouméa, où quelques tensions ont été observées, obligeant les leaders politiques loyalistes et indépendantistes à appeler au calme.

À l’issue du dépouillement des 304 bureaux de vote répartis sur l’archipel, le « oui » a remporté 46,74% des suffrages exprimés, soit 3,41 points de plus par rapport à 2018. C’est en tout 71 536 électeurs en faveur de l’indépendance en 2020, sur les 153 037 qui se sont exprimés. En 2018, ils étaient 60 199 à voter « oui ». Un vote qui a progressé dans toutes les communes de l’archipel, hormis à Maré, dans les îles Loyauté, où le mouvement Dynamique autochtone avait appelé à voter blanc.

Le « non » a, de son côté, rassemblé 81 501 électeurs pour ce second référendum, soit 53,26%. En 2018, l’écart était de 18 535 électeurs exprimés entre le « oui » et le « non ». Il se réduit de près de la moitié en 2020 avec 9 965 électeurs séparant le « oui » du « non ». Pour rappel, les indépendantistes avaient fait 43,3% lors du premier référendum, contre 56,6% pour les non indépendantistes. L’autre fait marquant de ce vote, c’est la participation à la hausse de 4,62 points sur l’ensemble de l’archipel, culminant à 85,64% à la fin du dépouillement.

« L’avenir, c’est la préparation quoi qu’il arrive — avec ou sans troisième référendum — de la sortie de l’accord de Nouméa qui interviendra d’ici 2022 », a déclaré Emmanuel Macron. 

Soulignant une « participation exceptionnelle », Emmanuel Macron a salué « un deuxième grand rendez-vous démocratique réussi ». « Je salue aujourd’hui, tous ceux qui ont contribué à la réussite du scrutin : les maires, les agents de l’État, la commission de contrôle, les observateurs de l’ONU ; je salue les forces politiques qui ont nourri cette campagne », a-t-il poursuivi.

S’il dit sa « reconnaissance » pour les électeurs qui ont porté le « non » à l’indépendance majoritaire à 53,26%, Emmanuel Macron « accueille également ces résultats avec humilité ». « J’entends la voix de celles et ceux qu’anime la volonté de l’indépendance et je veux leur dire : c’est avec vous, ce n’est qu’ensemble que nous construirons la Nouvelle-Calédonie de demain ». Le « oui » a considérablement resserré l’écart obtenant 46,74% des suffrages exprimés, contre 43,3% lors du premier référendum en 2018.

« L’avenir, c’est la dernière étape de l’accord de Nouméa », a poursuivi le chef de l’État. « Un troisième référendum est possible. C’est à vos élus du Congrès de le décider. L’État, fidèle à sa parole, se tient prêt à l’organiser si c’était leur choix », a-t-il assuré. « L’avenir, c’est aussi la préparation quoi qu’il arrive — avec ou sans troisième référendum — de la sortie de l’accord de Nouméa qui interviendra d’ici 2022. À terme, les dispositions transitoires inscrites dans la Constitution devront soit céder la place à des dispositions pérennes – si le choix du maintien dans la République est confirmé ; soit être retirées – si la Nouvelle-Calédonie choisit l’indépendance ».

« Il nous revient tous ensemble de préparer cet avenir » a encore déclaré Emmanuel Macron. « Le moment est en effet venu de répondre et d’appréhender les conséquences concrètes de tous les scénarios. Et l’État, sans se départir de son impartialité garantie par les accords de Matignon s’engagera dans cette voie ». Le Président a aussi prévenu les forces politiques calédoniennes : « que les partisans du “oui” acceptent d’envisager l’hypothèse et les conséquences du “non” ; et que les partisans du “non” acceptent d’envisager l’hypothèse et les conséquences d’un “oui” », en cas de 3ème référendum.

Appelant au « dialogue » pour « imaginer l’avenir », Emmanuel Macron a égrené les défis de l’archipel : « l’indo-pacifique ; le développement économique ; le défi climatique dont on mesure chaque jour un peu plus combien il est prégnant, urgent », mais aussi « l’éducation ; de l’agriculture, de l’industrie et de l’énergie ; du tourisme, des services et de la mer ; des alliances et des solidarités régionales ; de la sécurité au quotidien ; de l’égalité entre les femmes et les hommes ». « À tous ces défis, nous ne pouvons bien sûr répondre par “oui” ou “non” », a-t-il insisté.

Avec Outremers360°

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1 Commentaire

  1. votationpiegea
    4 octobre 2020 à 16h43 — Répondre

    c est sur que vous allez reussir a lasser les gens a les faire revoter chaque fois que le resultat ne convient pas! Y a un moment ou le oui l emportera … par lassitude / probabilite … mais ca n’est ni democratique, ni legitime de proceder comme cela

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