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Relance : la commande publique met le turbo

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Le président Édouard Fritch entouré de son gouvernement a présenté vendredi matin le volet investissement public du plan de relance de l’économie polynésienne. 61 milliards de Francs sont engagés, sur plusieurs exercices, et le montant prévu des liquidations sur l’exercice 2020 est déjà de 20,87 milliards, avec l’objectif de les porter à 30 milliards d’ici la fin de l’année. Le plan de relance proprement dit sera présenté en août.

 « Accélérer la commande publique (…) quand l’activité est en berne, pour redonner du moral aux entreprises », levier classique de la sortie de crise. Si le Pays, fort de ses bonnes performances budgétaires ces dernières années, avait engagé nombre d’opérations d’investissement, c’est le calendrier qui donnait des sueurs froides aux entreprises, notamment dans le bâtiment et les travaux publics. Plusieurs patrons du BTP avaient d’ailleurs été invités ce vendredi matin à la conférence de presse donnée par le gouvernement au complet ou presque. Ils seront en première ligne pour fournir de l’emploi.

C’est donc « un état des lieux précis de notre campagne d’investissement, ce qui est en cours et aussi ce qui se prépare au-delà », qui a été présenté.

61,66 milliards engagés

C’est le montant des « commandes, notifications de marchés, et travaux qui ont déjà commencé ou qui commenceront d’ici décembre. » Sur ce total, 20,87 milliards seront liquidés (c’est-à-dire qu’ils feront l’objet d’un paiement effectif en 2020) avant la fin de l’année. Et le gouvernement veut augmenter ce chiffre à 30 milliards d’ici décembre.

Dans ces 61,66 milliards de Francs, ce sont les ministères du Logement et de l’Équipement qui font figure de poids lourds, avec 17,59 milliards pour le Logement, dont 4,9 milliards liquidés dans l’année, et 17,60 milliards pour l’Équipement dont 8,7 milliards liquidés dans l’année.

25 milliards d’appels d’offres

Au-delà de ces dépenses certaines de près de 21 milliards, le gouvernement prévoit de lancer des appels d’offres pour un montant total de 25,15 milliards de Fcfp. Ils ont été présentés mois par mois de juin à décembre, pour permettre aux entreprises d’anticiper. Il s’agit là des « projets bien engagés, pour lesquels toutes les études préalables ont déjà été réalisées », insiste Édouard Fritch. Outre les projets de l’OPH, on y trouve, par exemple, les appels d’offres pour de nombreux travaux dans les établissements scolaires, la construction d’ateliers d’agro-transformation, la reconstruction des quais de Bora Bora, l’aménagement de la marina de Avera à Raiatea, plusieurs travaux et mises aux normes des aérodromes des îles, la suite de la rénovation du viaduc de la Punaruu, les travaux d’aménagement de la Tarahuu, ou le début du terrassement pour le projet du Village Tahitien.

Assouplissement des procédures publiques, commission de relance et comité de pilotage

Pour traduire ces chiffres dans la réalité, le Pays s’apprête à assouplir les procédures administratives sur les trois prochaines années, notamment en accélérant les permis de construire, ou encore l’attribution et la notification des marchés publics. Une « Commission interministérielle de relance » réunissant tous les services instructeurs sera créée, ainsi qu’un « comité de pilotage des investissements publics » État-Pays-communes qui sera notamment chargé de sélectionner les projets prioritaires sur 5 ans en tenant compte des bassins d’emploi et des objectifs d’aménagement du territoire. Enfin, l’Observatoire du BTP sera réactivé, réunissant notamment les acteurs de la filière, les syndicats, l’ISPF, l’OPH et les ministres. Les explications de Teva Rohfritsch :

Plan de relance complet et collectif budgétaire début août

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Le plan de relance général, espère Édouard Fritch, sera présenté début août. Un collectif budgétaire, qui intégrera le nouvel emprunt garanti par l’État, sera présenté à l’assemblée à la même époque.

« Nous ne sommes pas gênés aujourd’hui en matière de financement pour les opérations en matière d’investissement qui nous attendent, martèle le président. Je veux que la population comme les acteurs économiques de ce pays croient comme moi que la Polynésie peut s’en sortir. Vraisemblablement avec quelques plumes en moins, ça c’est une réalité. Il nous faut, nous tous, prendre nos responsabilités et nous remettre au travail. Comme en 2008-2010, nous allons nous sortir de cette catastrophe.»

Alors, combien de temps faudra-t-il pour en sortir ? « C’est vraiment la boule de cristal, répond le vice-président Teva Rohfritsch, a minima trois ans, je dirais de trois à cinq ans, mais on fait tout pour que ça aille plus vite. »

 

 

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1 Commentaire

  1. louis Bresson
    11 juillet 2020 à 9h14 — Répondre

    Damned! Nuihau Laurey avait donc raison ! C’est magnifique, la politique !

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