ACTUS LOCALESCOMMUNESMUNICIPALES

Rémy Brillant : « Je veux gagner au premier tour »

La tête de liste de Papeete Na mua roa a peaufiné son maillage communal et son programme électoral. Centre-ville rénové, réaménagé grâce à l’implantation de parkings qui libéreront la voirie, constructions en hauteur, mais aussi espaces verts, conseils participatifs de quartiers, et solutions pour les sans-abri, il dévoile les grands axes de son programme et affiche sa confiance.

Rémy Brillant est prêt à passer la vitesse supérieure. Ses 250 référents sont opérationnels, la permanence sera inaugurée mercredi prochain, et les grands axes de son programme sont définis. Il ne dévoilera pas sa liste, en cours de finalisation, mais bénéficie déjà du soutien du Taatira no te Hau et entretient le suspense sur le reste. Mais « après pratiquement dix mois de réunion dans tous les quartiers, je pense qu’aujourd’hui je suis complètement légitime. Je veux gagner au premier tour, je pense qu’on en a les moyens », dit l’ancien directeur général des services de la mairie – il a quitté son bureau le 14 août. Adoubé par Michel Buillard, il défend le bilan du maire sortant, en rappelant notamment que Papeete est désendettée ou presque, et que la trésorerie s’élève à 4 milliards de francs pour un budget annuel de 14 milliards. La mairie est aussi, avec 700 employés, le plus gros employeur de la ville.

« Pas d’autre ambition politique »

Sa candidature n’est pas un tremplin pour un destin politique territorial, affirme-t-il pour marquer sa différence avec, par exemple, un Tematai Le Gayic. Il la décrit plutôt comme « le même voyage mais une autre étape. » « Personnellement je n’ai pas d’autre ambition politique. J’ai 64 ans, j’ai plus de choses à donner qu’à prendre (…) », et il met en avant sa connaissance des rouages administratifs et du terrain.

Pas d’autre ambition que 2026-2032, donc, si ce n’est peut-être de développer l’intercommunalité au-delà des compétences actuelles de Teporionu’u créée avec Pirae et Arue, et pourquoi pas au-delà de ces trois communes : le slogan « Papeete d’abord » ne veut donc pas dire « Papeete tout seul », et Rémy Brillant pense qu’en raisonnant à l’échelle de la grande agglomération, « on peut aller plus loin et faire des économies qui vont se répercuter ensuite sur les contribuables ».

À plus court terme, il envisage une ville « propre, sûre, bien entretenue, solidaire et humaine », avec une meilleure qualité de service public. « J’ai été directeur général des services, certains pourraient me dire que c’est un peu de ma faute. Je ne pense pas, mais ce n’est pas encore suffisant”, reconnaît-il. Une ville où les habitants des quartiers auraient leur mot à dire à travers des « conseils de quartier » qui auraient la main sur un budget participatif, pour « décider d’un certain nombre de choses à faire chez eux », dit Rémy Brillant, qui veut aussi que les mutoi aillent dans ces quartiers au lieu de passer« 70% du temps dans le centre-ville ». Il est favorable à l’implantation dans certains quartiers excentrés, comme La Mission qui compte 5 000 résidents, des Fare Ora promus par le gouvernement.

2 000 places de parking pour rendre le centre-ville aux piétons

Une ville avec dont il veut « repenser l’attractivité » : grâce par exemple à un fonds pour aider au ravalement des façades décrépites de la capitale, et même à l’assistance technique nécessaire aux travaux.

Il propose de construire 2 000 places de parking en centre-ville. Trois emprises foncières pour ces parkings sont déjà identifiées et feraient l’objet de partenariats public-privé.  Papeete pourrait alors supprimer 1 000 places de stationnement sur la voirie, et « gagner de l’espace ».

Faire vivre la ville, c’est aussi attirer de nouveaux habitants. Rémy Brillant approuve l’idée de Jordy Chan de promouvoir la construction de logements, bureaux et commerces, et il se dit « assez ouvert » à des immeubles de plus grande hauteur, qui « marqueraient qu’on est la capitale » et permettraient aux porteurs de projets de proposer des logements abordables.

17 km2 d’espaces verts dans les vallées

Papeete a aussi besoin de développer ses espaces verts, dit Rémy Brillant : la commune est propriétaire, hors de ses limites, de la vallée de la Fautaua, et de l’essentiel de celle de Tipaerui : 17 km2 au total, soit l’équivalent de sa propre emprise foncière, « et tout ça ce sont des zones protégées, accessibles au public. Donc il y a quelque chose à faire, il y a encore du potentiel, on a aussi ce côté montagne à développer. »

« Un véritable centre d’accueil de jour et de nuit » pour les SDF

Et Rémy Brillant ne peut pas ignorer les SDF, dont le nombre est aujourd’hui estimé à 750 ; il veut « construire un véritable centre d’hébergement, d’accueil de jour et de nuit ». Il est prêt à « travailler avec le Pays. Il faut aussi qu’il y ait des responsabilités au niveau de la commune ». Le centre de Fare Ute, qui peut accueillir 90 personnes, pourrait être agrandi « jusqu’à une capacité de 150 lits » et pérennisé.

Article précedent

Octobre rose : le Pays veut élargir la gratuité des radio titi

Article suivant

Jt Vert 02/10/2025

1 Commentaire

  1. Louis Bresson
    2 octobre 2025 à 8h23 — Répondre

    « …rendre le centre-ville aux piétons », dites-vous. Excellente idée, en commençant par leur offrir des trottoirs « vivables ». Par exemple devant l’Oasis, en face de la cathédrale, où le bitume est défoncé depuis plus de trente ans.

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Rémy Brillant : « Je veux gagner au premier tour »