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Salon du livre : première édition de la joute de traduction reo tahiti-français

La première « joute de traduction » du reo tahiti vers le français s’est tenue ce vendredi, au Salon du livre, sur l’esplanade basse de To’ata. Après un mois de préparation, les étudiants de licence 2 en langue tahitienne de l’université de Polynésie française, répartis en quatre équipes, ont présenté et défendu leurs traductions d’un poème de Patrick Amaru, écrivain et figure emblématique de la culture polynésienne, devant un jeune public venu nombreux. Un exercice qui sera renouvelé dimanche, mais cette fois à partir de l’anglais.

Une première au Salon du livre de Tahiti : la joute de traduction du reo tahiti vers le français a fait sa première apparition sur l’esplanade basse de To’ata, ce vendredi, dans une ambiance studieuse et chaleureuse. Devant un public nombreux, principalement composé de jeunes, les étudiants de deuxième année de licence reo tahiti de l’UPF ont présenté leurs traductions d’un poème de Patrick Amaru, écrivain et figure de la culture polynésienne, disparu en 2018.

Un mois pour se mettre d’accord sur une traduction

Répartis en quatre groupes de cinq à huit personnes, les étudiants avaient un mois pour se mettre d’accord sur une traduction du poème, avant de la défendre et de l’expliquer à tour de rôle ce vendredi. Pas de compétition, mais un exercice collectif et de partage, où les différences d’interprétation étaient mises à l’honneur.

« On n’a jamais plusieurs traductions qui sont pareilles, à moins de s’adresser à une machine, explique Mireille Vignol, traductrice qui travaille beaucoup avec l’éditeur local Au Vent des îles. Donc, ces quatre traductions sont complètement différentes. Ce qu’ils sont en train de faire, c’est qu’ils défendent leur choix. Il y en a un qui dit : ‘moi, j’estime que ce mot tahitien, on ne peut pas le traduire’. Ensuite, les autres vont dire : ‘nous, on a voulu quand même le traduire en français pour expliquer ce que ça veut dire’. Donc il y a toute une logique de la langue et de la traduction : Qu’est-ce qu’on traduit et qu’est-ce qu’on ne traduit pas ? Et comme résultat, est-ce qu’on veut avoir quelque chose qui est plus lisse en français ou est-ce qu’on veut plutôt rester proche du tahitien et garder un petit peu la musique de la langue. C‘est toutes ces problématiques-là qu’ils sont en train d’explorer. »

Mireille Vignol, traductrice.

« On n’a pas traduit mot à mot, on a préféré se concentrer sur le sens »

« Avec mon groupe, on n’a pas traduit mot à mot, parce qu’on a préféré se concentrer sur le sens », a expliqué le rapporteur du premier groupe. D’autres ont choisi de conserver les noms propres ou le nom des lieux pour leur caractère « sacré ». Et certains ont même décidés de ne pas traduire des passages ou des phrases entières, estimant que « le sens découlait du reste du texte ».

Le Salon du livre, organisé depuis jeudi sur le thème « 25 ans… et demain / E ananahi ia », se poursuit tout le week-end à To’ata, avec une douzaine d’auteurs invités, des ateliers, projections et débats. Ce dimanche, une seconde joute de traduction aura lieu, cette fois de l’anglais vers le français — un format qui n’avait plus été proposé depuis 2018, souligne Marie Kops, coordinatrice de l’événement.

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