ACTUS LOCALESCULTURE

Servitude(s) : les gentils et les méchants ne sont pas ceux que l’on croit

Les éditions Au Vent des îles viennent de sortir un nouveau roman noir, le premier d’Arnaud Garnier. Ce médecin pédiatre a exercé pendant huit ans à Raiatea, où il a trouvé l’inspiration pour cette histoire qui se termine mal. Le lecteur suit notamment Ange Delagrive, un journaliste désabusé et alcoolisé qui doit interviewer Jacques Brel, deux prédicatrices aussi qui adorent semer des idées apocalyptiques dans la tête des gens et la quiétude d’un atoll des Tuamotu avant la tempête. Un thriller violent qui tient en haleine jusqu’à la fin.

C’est toujours très facile de se faire une idée convenue sur les gens et toujours une belle surprise quand on a tout faux. En lisant Servitude(s)s d’Arnaud Garnier, on commence par se dire que vraiment ce Ange Delagrive n’a pas l’air très doué. Journaliste à la rubrique nécrologique mais version hagiographie : pas question de dire du mal de ces personnalités décédées même si, selon Ange Delagrive, elles n’ont rien fait de bien. Alcoolique pur et dur, justement pour oublier ces horribles articles, les souvenirs de la guerre aussi, et la société qu’il n’aime pas beaucoup. Approximatif sur les horaires, ce qui lui jouera des tours alors qu’il est envoyé en mission à Tahiti, où il doit ensuite rejoindre les Marquises pour interviewer le Grand Jacques.

C’est à Auahi, où il finit par atterrir contre toute attente, et où il trouve enfin la paix. Mais pour quelques semaines seulement car l’atoll aussi va bientôt basculer dans l’horreur grâce à deux prédicatrices infernales. Un thriller noir, aux nombreuses surprises, qu’il est difficile de lâcher avant la fin.

C’est le premier roman d’Arnaud Garnier, médecin pédiatre qui a exercé à Raiatea pendant huit ans. Ce lecteur compulsif, trainé depuis tout petit dans les bibliothèques et médiathèques, fan de James Ellroy et Stephen King, est arrivé à l’écriture grâce à la Polynésie. Dès son premier jour, on lui parle de l’affaire des bûchers de Faaite. « C’est resté dans un coin de ma tête… » Avec un ami dessinateur de BD, ils montent un spectacle et Arnaud Garnier en écrit l’histoire : Servitudes. Ils décident de continuer à y travailler pour en faire une bande dessinée. Arnaud Garnier s’attaque au scénario et finalement se retrouve à écrire « de façon compulsive » avec beaucoup trop de détails pour une BD, ce sera donc un roman. Deux ans de travail plus tard, Servitude(s) est publié chez Au Vent des îles.

Un héros assez minable, du moins dans les premières pages, deux femmes qui semblent être le mal incarné, un Jacques Brel agonisant, une petite île des Tuamotu qu’on pense préservée de tout… « C’est un livre très riche, plein de fausses pistes, ça donne un rythme incroyable au texte », estime l’éditeur Christian Robert. L’auteur explique que son titre « Servitudes » est une référence au nom des rues et voies polynésiennes et aussi aux différentes servitudes humaines : l’alcool, le fanatisme religieux, l’amour impossible.

Article précedent

La recette du jour 20/05/2026

Article suivant

59 médailles, 40 en or : la moisson américaine du taekwondo polynésien

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Servitude(s) : les gentils et les méchants ne sont pas ceux que l’on croit