ACTUS LOCALESPOLITIQUE Suivi en temps réel, nouvelle inspection… Le Pays resserre l’orbite de ses satellites Charlie Réné 2025-07-23 23 Juil 2025 Charlie Réné La direction du budget est en train de s’équiper d’un outil informatique qui lui permettra de suivre, en temps réel, la situation financière des satellites du Pays. OPH, OPT, ATN… Ces établissements et Sem aux finances chancelantes perturbent régulièrement, par leurs besoins de subventions d’équilibre, les prévisions budgétaires. Warren Dexter, qui assure que la Polynésie aurait vu sa dernière notation par Standard & Poor’s grimper sans ces plombs financiers, veut limiter les « surprises »… Et mieux piloter ces structures, en recréant une inspection de l’administration spécialisée sur les finances, dont les agents iront peser dans les conseils d’administration. Lire aussi : Standard & Poor’s maintient la note de la Polynésie française Éviter les « surprises » dans les constructions de budget. C’est un des objectif de la « solution informatique » qui a été présentée ce mercredi en conseil des ministres par Warren Dexter, et qui devrait bientôt lier la Direction du budget et des finances aux différents satellites du Pays. Etablissements publics comme l’OPH, l’OPT, G2P, l’ILM, TNTV, l’Egat ou Vanille de Tahiti, sans compter les Sem comme ATN… « Au bas mot, une trentaine de structures » qui, de façon systématique ou par mauvais temps, s’appuient sur les subventions d’équilibre de la Polynésie. Le budget accordé à ces établissements avait augmenté de 500 millions de francs entre les budgets 2024 et 2025 pour atteindre 5,6 milliards de francs. Pas question de leur couper les vivres, « l’objectif, c’est de pouvoir anticiper », pointe le ministre des Finances, qui à son arrivée en fonction s’inquiétait surtout « de l’état des comptes sociaux ». « J’avais vraiment sous-estimé le poids de ces satellites » : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/WARREN-SATELLITE-1.wav Warren Dexter assure même que les spécialistes de Standard & Poor’s, qui ont annoncé il y a quelques jours le maintien du « A » de la Polynésie, ont précisé lors de leur dernière évaluation que la collectivité aurait pu bénéficier d’une majoration de sa note – et donc de conditions plus avantageuse dans ses prêts – sans ces boulets financiers. Des agents spécialisés dans les conseil d’administration La solution de suivi informatique, qui « a été testée de façon concluante par d’autres collectivités », n’est qu’une première étape. Pour mieux piloter ces satellites, le ministre projette aussi de « remettre en place une inspection générale de l’administration » – fondue dans la DMRA puis dans la récente Direction des talents et de l’innovation – qui serait cette fois ciblée cette fois uniquement sur les Finances. « Elle permettra de faire participer des agents d’élite, spécialisés, au conseil d’administration, pour assurer un suivi des décisions stratégiques qui peuvent avoir un impact sur les finances publiques », précise-t-il. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/WARREN-SATELLITE-2.wav Aucun calendrier n’est pour l’instant précisé sur la création de cette inspection spécialisée, qui reste à être actée par le gouvernement. 11 milliards d’emprunts supplémentaires Le ministre des Finances a aussi été autorisé, lors du conseil des ministres de ce mercredi à signer pour 10,919 milliards de francs d’emprunt, afin de financer des opérations déjà inscrites au budget 2025 du Pays. 2,9 milliards sont destinés aux infrastructures de Tahiti 2027, soit la première tranche du prêt cofinancé par l’AFD et la Banque des territoires. Les 8 milliards restants seront orientés vers différents investissements du ministère des Grands Travaux, qui multiplie les projets d’aménagement dans le secteur des transports et du maritime -, du logement ou de l’Éducation, en plein effort de rénovation des établissements du secondaire. Ces fonds ont été empruntés sur 10 ans aux trois banques locales : 3 milliards au taux fixe de 2,75% à la Socredo, 1,5 milliards à 2,90% à la BP, 1,5 milliards à 2,90% à la BT, avec qui le ministre va aussi signer un crédit revolving de 1,5 milliards indexé sur l’Euribor. Des conditions de financement jugées « avantageuses » par le gouvernement.