ACTUS LOCALESSANTÉ CHPF : « Notre feuille de route est validée » Caroline Perdrix 2025-07-23 23 Juil 2025 Caroline Perdrix Le ministre de la Santé Cédric Mercadal et la directrice du CHPF Hani Teriipaia se félicitent d’avoir anticipé sur plusieurs des recommandations du rapport de la Chambre territoriale des comptes concernant le CHPF de 2018 à 2023. Ils se disent confiants pour effectuer la transition vers les nouveaux statuts des établissements et des personnels de santé, dont les textes fondateurs doivent être adoptés avant la fin de l’année. Après la publication du rapport de la Chambre territoriale des comptes sur la période 2018-2023, le ministre de la Santé Cédric Mercadal et la directrice du CHPF Hani Teriipaia sont revenus sur ses recommandations (lire encadré). On avait déjà vu, à l’occasion du dernier conseil d’administration du CHPF qui avait eu la primeur du rapport, la satisfaction des autorités de santé sur le résultat financier, modeste mais positif, obtenu grâce à l’adoption d’une comptabilité analytique, objet de deux recommandations de la CTC. « Mettre une compta analytique au CHPF, dit Cédric Mercadal, ça faisait 17 ans qu’on en parlait, et pourtant on y est arrivé en deux ans. » Cette fois, le ministre et la directrice de l’hôpital de Taaone ont exprimé leur satisfaction de voir converger les constats faits en 2023 par la nouvelle équipe gouvernementale, le projet d’établissement Avei’a 2030 adopté en 2024, et les autres recommandations de la chambre territoriale des comptes. Une gouvernance par « pôles » médicaux La première d’entre elles est « la mise en place des pôles sur l’ensemble de l’établissement, dit Hani Teriipaia. Aujourd’hui j’ai déjà créé le pôle médecine qui regroupe la diabétologie, pneumologie, médecine interne. C’est le pôle pilote. Le deuxième c’est celui de la santé mentale, psychiatrie, pédopsychiatrie et addictologie. Le troisième pôle sera celui des urgences, Samu, Smur, unité médico-judiciaire, le quatrième sera celui de l’anesthésie-réanimation », et ils seront finalisés cette année. « Le prochain sera probablement l’oncopôle ». Chaque pôle – ils pourraient être une dizaine au total – aura un contrat d’objectifs, notamment en termes de dépenses et de recettes. « C’est vraiment un co-pilotage que je mets en place avec chaque chef de pôle, reprend la directrice du CHPF. Ce sont ces chefs de pôle qui seront membres du futur directoire, associés à la gouvernance et à la prise de décisions » tandis que le conseil d’administration – dans lequel la CTC estime qu’il y a trop de politiques – deviendra le conseil de surveillance. Il est déjà prévu dans la loi sur les établissements publics de santé (le futur statut du CHPF) que son conseil ne soit présidé « ni par le ministre des Finances, ni par le ministre en charge de la protection sociale généralisée, ni par le ministre de la Santé, » rappelle Cédric Mercadal. Une unité « post-urgences » pour une meilleure répartition dans les services La recommandation d’installer une unité d’hospitalisation post-urgences est mise en œuvre depuis deux mois, confirme Hani Teriipaia, qui rappelle que le CHPF accueille environ 100 patients par jour, dont la moitié est hospitalisée. Cette nouvelle unité est un « sas » de 12 à 16 lits de médecine générale, où les patients qui sont arrivés aux urgences ne restent pas plus de cinq jours, avant d’être soit renvoyés à domicile, soit dispatchés dans le service spécialiste de leur pathologie, plutôt que d’être « casés » au petit bonheur la chance dans des services où des lits sont libres mais où ils n’ont rien à faire. « Ça va redonner de la fluidité et de la mobilité de gestion sur l’ensemble des services » dit le ministre ; « Ça permet de mettre le bon patient dans le bon lit », traduit la directrice de l’hôpital. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/CHPF-01-SERVICE-POST-URGENCES.wav Prochaine étape, une autre des recommandations de la CTC : la création d’une unité de court séjour gériatrique, qui sera installée à terme à côté des soins palliatifs. Redimensionnement et déménagements Pour faire de la place à ces nouvelles unités, un redimensionnement des services a commencé, explique la directrice. Un travail qui n’avait jamais été fait depuis l’installation en 2010 dans les locaux de Taaone, mais qui est rendu nécessaire par l’évolution de la démographie et des pathologies : « Les calibrages ne sont plus forcément cohérents par rapport aux besoins. On a commencé lundi les déménagements. Je prends par exemple la cardiologie, où il faut augmenter la capacité, alors qu’en gynécologie-obstétrique on peut réajuster le nombre de lits en raison de la baisse de natalité. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/CHPF-02-DEMENAGEMENT.wav La chambre territoriale des comptes invite le CHPF a poursuivre son effort de modernisation des systèmes d’information. Le « dossier patient informatisé » (DPI) a été déployé en octobre 2024, explique Hani Teriipaia, et malgré la difficulté de formation que pose un turnover de 60% des personnels, « aujourd’hui il n’y a plus de papier », et l’IA embarquée dans le nouveau logiciel facilite le travail du personnel hospitalier. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/CHPF-03-INFORMATISATION.wav L’intelligence artificielle qui joue également un grand rôle dans la lecture affinée de l’imagerie médicale et dans le laboratoire du CHPF, où elle a déjà permis, outre un gain de temps, « une économie de 300 millions sur les consommables. » Des espoirs pour les blocs opératoires Autre sujet qui mine le fonctionnement du CHPF depuis des années, la difficulté à ouvrir la totalité des blocs opératoires de l’hôpital, notamment parce que les infirmiers de bloc opératoire diplômés d’État (Ibode) et les infirmiers anesthésistes, dont la présence est obligatoire, sont une denrée rare au niveau national. En fin d’année dernière seuls 17 des 40 postes étaient pourvus. Là aussi, Hani Teriipaia explique que les choses avancent, tant sur la gestion des blocs que sur le recrutement, avec l’intervention d’un cabinet de consultants. Cédric Mercadal espère pouvoir proposer localement ces formations d’infirmiers spécialisés en 2026-2027, quand les locaux rénovés de l’Institut Mathilde Frébault seront à nouveau disponibles. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/CHPF-04-BLOCS-OPERATOIRES.wav Pour le ministre de la Santé, la prochaine étape est donc l’adoption par l’assemblée de deux textes : celui sur la création des établissements publics de santé, qui pourrait être examiné en session extraordinaire aux alentours du 19 août prochain, ou en début de session budgétaire, et celui sur le statut des personnels de santé en fin de session, espère Cédric Mercadal : il faut d’abord mener à bien, avec le ministère de la Fonction publique, la révision et l’harmonisation des cadres d’emploi dans la future fonction publique hospitalière – comme par exemple celui des infirmiers Bac+3 qui sont toujours en catégorie B. Mais « tout le travail préparatoire est en train d’être fait en parallèle, dit le ministre, ça permettra une transition plus facile et plus rapide. » Le rapport de la CTC, conclut Hani Teriipaia, est vraiment « rassurant et encourageant pour tout ce que je dois préfigurer avant le passage en EPS. » Les recommandations de la Chambre territoriale des comptes 1. Finaliser, d’ici à la fin de l’année 2026, la mise en place des pôles sur l’ensemble de l’établissement. 2. Mettre à l’étude, dès 2025, la création d’une unité de court séjour gériatrique. 3. Installer, dès 2025, une unité d’hospitalisation médicale post-urgence. 4. Adopter, d’ici à 2026, un programme d’évaluation des pratiques professionnelles. 5. Finaliser, d’ici à 2026, la mise en œuvre du programme de fiabilisation du cycle de la dépense. 6. Adopter, d’ici à 2026, un programme de sécurisation et de fiabilisation des recettes. 7. Inscrire, dès 2025, des objectifs de maîtrise des dépenses dans chacun des contrats de pôle. Le rapport est consultable dans son intégralité ici.