ACTUS LOCALESPOLITIQUESOCIÉTÉ Synergie veut une compagnie d’ordre public pour le Pacifique Charlie Réné 2025-07-24 24 Juil 2025 Charlie Réné En tournée en Polynésie, Cyril Leteuil, conseiller technique Outre-mer de Synergie-Officiers, a développé ses propositions auprès du Haut-commissariat. Il suggère la création d’une compagnie régionale d’ordre public commune à la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie, qui permettrait des déploiements plus rapides et moins coûteux en cas de troubles. Il demande aussi la nomination d’un officier de la DTPN comme adjoint au chef de l’Ofast, office de lutte anti-stupefiants aujourd’hui uniquement composée de gendarmes au fenua. Et invite l’État à renforcer les moyens locaux en matière de renseignement, de cybercriminalité et de lutte contre les influences étrangères. Tournée de « contact » pour Synergie-Officiers, à un peu plus d’un an d’élections syndicales dans tous les commissariats de police de France. Le « conseiller technique national chargé des outre-mer et de la coopération internationale de sécurité » du syndicat, Cyril Leteuil achève, ces jours-ci, un déplacement où il a eu l’occasion de rencontrer les encadrants de la DTPN de Polynésie française et le personnel du commissariat de Papeete, où il a été en poste de 2003 à 2007. Il y a bien sûr expliqué les grands thèmes de combat de son organisation, affiliée à la CFE-CGC au niveau national, et qui promeut notamment un corps unique entre les officiers et les commissaires. Mais le syndicaliste a aussi eu l’occasion d’échanger avec la Directrice de cabinet du Haut-commissariat Émilia Havez et développer auprès d’elle les propositions locales de son organisation, représentative en Polynésie comme au national. Une force pour « inter-réagir » entre le fenua et le Caillou À commencer par la création d’une « compagnie régionale d’ordre public », répartie entre la Nouvelle-Calédonie et le fenua. Elle pourrait s’appuyer, « dans un premier temps », sur les sections d’intervention existantes de part et d’autre, renforcées « d’un tiers pour Papeete et de deux tiers pour Nouméa », où les problématiques sécuritaires sont plus profondes ces derniers temps. Une façon de créer de la solidarité policière dans le Pacifique, mais surtout de gagner en « efficacité et en réactivité » en cas de besoin dans un archipel ou l’autre. « L’idée c’est non pas d’attendre qu’il arrive une émeute ou des troubles à l’ordre public, mais de créer en amont des protocoles qui permettent de travailler en commun, de faire des exercices en commun et de pouvoir ‘inter-réagir’ d’une île à une autre en cas de coup dur, précise Cyril Leteuil. Sachant qu’un coup d’avion, c’est 7 heures, que les populations se connaissent, qu’il n’y a pas de décalage horaire… Et que ça peut faire des économies pour l’État ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/SYNDICAT-POLICE-1-compagnie-regionale.wav Le commandant Tamatea Tuheiava, délégué local de Synergie – Officiers, précise que la question d’envois de forces de la DTPN polynésienne sur le Caillou s’était posée en mai, juin et juillet dernier, et qu’une équipe avait même été mobilisée et se tenait prêt à partir. Dans le contexte, très chronophage pour les forces de l’ordre, de préparation de l’épreuve des Jeux Olympiques, ces renforts étaient finalement restés au fenua. Mais l’épisode a de quoi encourager, selon lui, à s’organiser pour l’avenir. Tamatea Tuheiava, commandant à la DTPN et délégué local de Synergie Officiers, et le conseiller technique Outre-mer du syndicat Cyril Leteuil. Pas de policiers à l’Ofast Le conseiller technique national dit aussi avoir été très surpris d’apprendre qu’aucun agent de la Police nationale n’a été intégré à l’antenne locale de l’Ofast, créé début 2021. Cet office anti-stupéfiants a pourtant justement été lancée pour faire travailler ensemble du personnel de la gendarmerie, de la police, des douanes ou de la justice. « C’est étonnant que la police ne soit pas représentée ici, alors que la lutte contre le narcotrafic est une priorité du ministre de l’Intérieur » précise-t-il. Et que le développement du trafic d’ice et des « nouvelles route » de stupéfiants font de la Polynésie un territoire à enjeux. L’antenne locale de l’Ofast échange bien au quotidien, avec la DTPN, et les partenariats police – gendarmerie sont globalement « efficaces » au fenua, comme le confirme Tamatea Tuheiava. Mais le syndicat estime tout de même qu’un poste d’adjoint au chef de l’antenne locale, qui resterait « bien sûr » dirigée par un gendarme, devrait être créé et attribué à un policier. Une façon selon Cyril Leteuil de mieux faire jouer les « complémentarités » avec la gendarmerie et de faire profiter cet office du « savoir-faire, des compétences techniques, du réseau » de la Police Nationale : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/SYNDICAT-POLICE-2-Ofast.wav Le conseiller technique du syndicat estime que ce nouveau poste peut être créé, après discussions à Paris, soit par une « ligne supplémentaire », soit « à périmètre constant dans le cadre d’un départ en retraite ». Enfin, Cyril Leteuil dit avoir « attiré l’attention » du Haut-commissariat sur les compensations indemnitaires pas toujours au niveau des responsabilités pour certains officiers, ainsi que sur les moyens affectés à certaines missions. Si la DTPN est « globalement » bien dotée en Polynésie – « Ça peut toujours être mieux ! » lance Tamatea Tuheiava – le renseignement et la lutte contre la cybercriminalité et les escroqueries en ligne mériteraient d’être étoffés. Le conseiller technique de Synergie – Officiers y ajoute la « lutte contre les influences étrangères ». Pas de ciblage en particulier, mais ces influences et leurs conséquences ont été très débattues, à Paris, concernant en Calédonie pendant les émeutes de 2024 et en Polynésie à l’occasion du rapprochement du Tavini et de l’Azerbaïdjan.