ACTUS LOCALESSPORTS Tahiti Pro : la WSL a ouvert une filiale à Tahiti Lucie Rabreaud 2025-07-24 24 Juil 2025 Lucie Rabreaud Vahine Fierro, en mai 2024, lors de son sacre historique à la Tahiti Pro. ©J.Brouillet / Radio1 La WSL, la Fédération tahitienne de surf et le Pays ont fait le point sur l’organisation de la Tahiti Pro. Une épreuve du Championship Tour qui rapporte, au bas mot, 190 millions de francs par édition, sans compter les retombées en termes de visibilité. Il s’agissait donc de s’assurer que l’étape, inscrite depuis 1999 dans le calendrier du CT, continue le plus longtemps possible à se tenir à Teahupo’o. Le surf polynésien a de quoi être rassuré : une convention a été signée pour les trois prochaines années entre le Pays et la World Surf League, qui a même ouvert une filiale à Tahiti. Lire aussi : Cinq Polynésiens dans le « main event » de la Tahiti Pro Après les Trials, qui ont fait briller – et s’affronter – la crème du surf local, place au « main event » de la Tahiti Pro, qui aura lieu du 7 au 16 août prochain. Comme d’habitude l’effort est collectif côté organisation : la WSL était aux côtés de la Fédération tahitienne de surf et du ministère de la Jeunesse et des Sport, ce jeudi, pour faire le point sur cette compétition à résonnance mondiale. Un trio qui a gagné en sérénité depuis l’année dernière, avec la signature d’une convention triennale : l’épreuve du PK0 est sanctuarisée dans le calendrier du CT jusqu’en 2027 – elle ne l’a pas quitté depuis 1999, malgré les restructurations fréquentes du championnat de la WSL – et le Pays, de son côté, réaffirme son soutien au long terme à l’évènement. Les ministères du Tourisme et des Sports se répartissent ainsi une aide de 50 millions de francs. Il a fallu « plusieurs mois de négociations entre le tourisme, le sport et l’entité de la WSL », pour arriver à ce résultat, comme l’explique Nahema Temarii. La ministre précise que les subventions seront désormais versées, plutôt qu’à la Fédération Tahitienne de surf, partenaire de l’organisation à Teahupo’o, comme les années précédentes, à la filiale de la WSL, créée sur Tahiti. D’où l’exigence de la mise en place de cette filiale : une façon de garantir que « l’utilisation de cette participation financière va rester à l’échelle locale ». Une société locale créée par la WSL Et donc parmi les nouveautés de cette année – et les clauses de la convention – la création d’une filiale locale de la WSL à Tahiti. Une société active depuis le 15 mai et qui va permettre de mieux protéger les intérêts économiques et sportifs de chacun. « C’est tout l’enjeu de ce type de négociation des sportifs, mais aussi ceux de la vie économique, reprend la membre du gouvernement. On le sait, à N+1 la fréquentation de Teahupo’o a été multiplié par 10. Il n’y a aucun moyen de mesure bien précis, mais il suffit de discuter avec nos tavana, avec ceux qui vivent au quotidien là bas. Et je crois que c’est une réussite en termes de préservation des espaces, de la quiétude, et bien sûr de développement économique… Je parlerais même de développement économique durable ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/NAHEMA-retombees-eco.wav Car les retombées de la Tahiti Pro sont importantes : la Fédération tahitienne de surf les estime à 190 millions de francs pour les dix jours d’évènement inscrits au calendrier. Et il ne s’agit là que d’une estimation des dépenses des athlètes, officiels et visiteurs présents pendant cette waiting period, la compétition elle-même ne s’étalant, au final, que sur trois à quatre jours, quand les conditions sont les plus favorables. Les organisateurs le répètent tous les ans : ce chiffre ne tient pas compte des retombées internationales en termes de visibilité, d’attrait de la destination Tahiti. Même si une étape du CT a beaucoup moins d’impact sur le grand public qu’une épreuve olympique, la compétition WSL a beaucoup participé à l’aura qu’a aujourd’hui Teahupo’o dans le monde entier. Plus de limite d’âge sur les Trials La Fédé est aussi revenue sur un changement important dans la réglementation des Trials, qui ont eu lieu le weekend dernier. Auparavant, seuls les athlètes de 17 ans et plus pouvaient se présenter. Il n’y désormais plus de limite d’âge sur les Trials, comme d’ailleurs dans les compétitions internationales de la WSL, où se croisent des athlètes de plus en plus jeune. C’est ce qui a permis à Kelia Gallina, 13 ans le mois prochain, de participer et de gagner ces trials, prenant le dessus sur plusieurs favorites plus expérimentées. Une « fierté » pour la ministre des Sports. Et la preuve qu’il faut « remettre les athlètes au cœur des décisions » prises par les instances sportives et « rester attentif à leurs besoins pour les accompagner au mieux sur leur carrière sportive ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/NAHEMA-Kelia-.wav C’est dans cette optique que le programme Héritage a été créé, entre les fédé polynésienne et française, et pour propulser toutes les pépites du surf vers les plus hautes marches des podiums. L’objectif final : les JO de Los Angeles en 2028. En attendant, la Tahiti Pro c’est du 7 au 16 août prochains avec pas moins de cinq Polynésiens à suivre : Mihimana Braye, Teiva Tairoa et Kauli Vaast côté garçons, et Vahine Fierro et Kelia Gallina côté filles.