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Taravao : des coups et des insultes pour de la mayonnaise et du jambon

Un vol à l’étalage a dégénéré en agression, ce dimanche matin, au supermarché Champion de Taravao. Pris en flagrant délit par un vigile, un jeune homme de 19 ans, sans domicile fixe et à la situation familiale complexe, a insulté et frappé au visage la gérante du magasin et tenté de fuir. Déjà condamné à sept reprises, souvent sur fond d’alcool et de paka, il a reconnu une partie des faits et a écopé ce lundi de 18 mois de prison dont 6 avec sursis.

Le scénario est classique : des produits – en l’occurrence de la mayonnaise et du jambon – cachés sous le tee-shirt et dans le short, un passage en caisse avec une simple baguette de pain, et une tentative de sortie discrète. Sauf que ce dimanche matin, le vigile repère le manège. Rattrapé, le jeune homme de 19 ans, connu comme un sans-abri vivant dans le quartier, s’énerve et insulte le vigile, puis frappe la gérante du magasin au visage et au bras lorsqu’elle tente d’appeler les forces de l’ordre. Manifestement ivre, il tente de fuir avant d’être rapidement arrêté par la police.

L’histoire ne s’arrange pas une fois arrivé au poste : même menotté, le jeune homme tente de s’échapper, insulte les gendarmes et continue à se débattre et à donner des coups de coude une fois plaqué au mur. “Pour éviter qu’il me morde ou qu’il me crache dessus, on l’a mis au sol, ventre et tête contre le sol”, a expliqué un gendarme lors de sa déposition faite aux enquêteurs. Même au sol, l’homme continuait de donner des coups avec ses jambes, poussant chaises et bureau autour de lui.

“De l’argent pour du rhum mais pas pour la mayonnaise ?” 

À la barre ce lundi, le jeune homme est plus calme, et reconnaît les faits, à l’exception du coup de poing contre la gérante : « Je n’ai pas tamponné la femme, c’est l’homme que j’ai tamponné », assure-t-il. Les témoignages du vigile et de la gérante, ainsi que le certificat médical semblent pourtant contredire cette version : sept jours d’ITT ont été accordés à la responsable du magasin et trois pour le vigile. Face à l’idée d’un acte de détresse alimentaire, la procureure demande de manière rhétorique : « Il a de l’argent pour acheter du rhum et du pain, mais pas pour de la mayonnaise ? » 

Originaire de Fakarava, le mis en cause est connu de la justice depuis 2022, alors qu’il était encore mineur. Plus de sept condamnations à son actif : vols, dégradations, conduite sans permis, violences, évasion lors d’une permission… Il a été incarcéré en 2023 pour des faits similaires. 

Son avocate parle d’une « tentative de vol alimentaire qui a dégénéré », et souligne un parcours difficile. Le jeune homme vit entre la rue et la maison de ses grands-parents fa’a’amu à Vairao. Sa mère vit à Fakarava et son père est incarcéré à Nuutania. 

18 mois d’emprisonnement et 420 000 francs d’indemnisation

Le parquet rappelle la récidive et requiert 18 mois d’emprisonnement, dont 6 avec sursis, assortis d’une obligation de soins pour ses problèmes d’alcool mais aussi de paka, une obligation de travail et l’exécution des 78 heures de travail d’intérêt général déjà prononcées lors de sa dernière condamnation. Des réquisitions suivies par le tribunal, qui fixe à 180 000 francs les dommages intérêts pour le vigile et la gérante du magasin, et à 60 000 francs ceux du gendarme lui aussi victime de coups.

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