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Au Tavini, « gagner une mairie pour gagner une mairie, ça ne nous intéresse pas »


Le congrès du Tavini, ce samedi, sera l’occasion de fixer le cadre de la campagne des municipales dans le camp indépendantiste. Hors de question de se présenter pour la seule conquête des mairies : le scrutin local doit s’inscrire dans la stratégie d’accession à la pleine souveraineté. Et le message indépendantiste doit être distillé par tous les candidats bleu ciel. Tony Géros compte notamment le rappeler à l’attention des jeunes militants « nouveaux entrants ». Sera aussi discutée au passage la position du parti pour les élections nationales et notamment les législatives auxquelles le Tavini pourrait ne pas participer.

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« Cadrer ». C’est un mot qui revient dans la bouche de Tony Géros en parlant des objectifs du congrès annuel du Tavini, ce samedi au motu Ovini. Ce rassemblement militant, présenté comme un « tournant » ou une « étape décisive dans le vie du parti », doit être l’occasion de s’accorder sur un bilan des deux années de mandat à la tête du Pays, de traver des perspectives en termes d’actions de l’exécutif et du législatif, ou de présenter un très attendu projet de « Constitution de la République fédérale de Ma’ohi Nui ». Mais le rassemblement doit surtout être l’occasion de fixer le cadre des municipales de mai 2026. À scrutin à gros enjeux pour le Tavini, qui ne compte aujourd’hui que trois tavana officiellement affiliés – à Faa’a, Paea et Raivavae – et qui veut confirmer, après sa victoire aux territoriales et malgré les résultats en demi-teinte des dernières législatives, sa légitimité au niveau local.

« L’aspiration à la souveraineté doit se ressentir dans la proximité »

Les règles de formation des listes – en tout cas celles qui seront soutenus et promus officiellement par le parti – avaient été annoncées d’avance : du 100% bleu ciel, ou, à défaut, des listes d’ouverture menés par un militant indépendantiste. Ce lundi, lors d’une conférence de presse, Tony Géros a pris soin de rajouter une condition : ces listes devront porter les valeurs fondamentales du Tavini « au coeur » de leur programme et de leur communication.

« L’aspiration de ce pays à la souveraineté doit se ressentir dans la proximité, insiste le vice-président du parti et maire de Paea, qui estime avoir suivi ces préceptes dans sa dernière campagne communale. Nous essayons de recamper les positions du Tavini en rigidifiant le positionnement de la fonction de maire. On n’est pas maire pour s’embourgeoiser, pour rester six ans, renouveller, et caetera… On est maire certainement pour répondre aux besoins de la population au niveau de ses aspirations de proximité, mais on est maire également parce qu’on fait partie d’un groupe qui aspire à faire parvenir ce pays à sa souveraineté ».

En clair, pas question de « dépolitiser » l’élection locale : pour profiter du soutien et du nom du Tavini Huiraatira, il faut assumer « ses 40 ans d’histoire » et « son ADN ». Le message, qui sera aussi martelé, samedi, par le secrétaire du parti Vito Maamaatuaiahutapu, qui doit revenir d’Azerbaïdjan ces jours-ci, s’adresse surtout aux jeunes militants, dont beaucoup sont d’aspirants candidats. « On n’a pas de problème avec ceux qui sont aguerris a la démarche électorale du Tavini, Mais il y a des nouveaux venus, des nouveaux entrants », reprend Tony Géros. Tous devront intégrer dans leur programme, et faire ressortir dans leur propagande « les principes généraux clairs » du mouvement indépendantiste. « Si on veut être maire, c’est qu’on a décidé de militer davantage dans le parti avec cette fonction » ajoute le tavana. Une façon aussi d’annoncer qu’en cas de victoire, les candidats bleu ciel seront rapidement rappelés à leurs responsabilités.

Les législatives, vraiment nécessaires ?

Les questions électorales devraient occuper une bonne place dans les débats au motu Ovini puisque le Tavini veut aussi mettre sur la table son positionnement pour les élections nationales. Et notamment les législatives qui pourraient être déclenchées par une dissolution dès le mois de juillet. « On va réinterroger la base sur notre volonté, sur la nécessité de continuer à participer à ces élections », reprend le président de l’assemblée, qui semble nettement pencher, comme Oscar Temaru, vers l’option d’un retrait de ce genre de scrutin.

« On doit rendre à la France ce qui est à la France et garder à la Polynésie ce qui est à la Polynésie, détaille-t-il. Se présenter à une élection nationale, c’est accepter le principe de voter des lois nationales qui sont réfléchies pour l’intérêt de la nation, qui sont écrites pour les besoins de l’intérêt général de la nation, et qui concourent à un seul objectif, c’est de promouvoir cette nation. Et comme on se reconnait pas là-dedans, ce serait un peu discourtois de notre part de dire qu’on aspire à notre propre souveraineté et de s’immiscer dans les affaires de la France et contribuer à l’écriture de ses textes ».

Une position qui sera défendue samedi et soumise « au débat démocratique ». Mais pas au vote : « on voit bien quand une position se dégage dans un congrès » estime Tony Géros.

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