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Troubles en Nouvelle-Calédonie autour de la reprise de l’usine de nickel Vale

C’est le « dossier Vale », du nom de la plus grande usine de nickel de Nouvelle-Calédonie, qui suscite de vives tensions. Indépendantistes et loyalistes soutiennent chacun un projet de reprise différent. Depuis ce matin (lundi à Nouméa), les protestataires bloquent plusieurs accès au centre-ville. Plusieurs épreuves du baccalauréat sont reportées, certains centres d’examen étant inaccessibles.

Le 4 novembre dernier, Vale, le groupe minier brésilien annonçait entrer en négociations pour la cession de son usine de nickel de Goro à un consortium associant Trafigura (25%), un groupe de négoce suisse, des représentants des provinces calédoniennes (20%), des salariés actionnaires (23 %), la société civile calédonienne (7%) et la compagnie financière de Prony (25%), qui a réuni un financement de 1,2 milliard d’euros. Malgré la présence potentielle de 50% de Calédoniens au capital de la nouvelle entité baptisée Prony Resources, cette offre ne fait pas l’unanimité sur le Caillou.

Les indépendantistes et coutumiers lui préfèrent l’offre de la compagnie minière du nord de l’île Sofinor associée à Korea Zinc. Une offre rapidement rejetée par Vale et sévèrement jugée par Bercy dans une note interne qui décrit une « structure de gouvernance confuse », un « projet économique » réduit à « quelques lignes » et des « modalités de financement imprécises ».

Vendredi au terme d’une table ronde de 10 heures à l’initiative de l’Etat, un « compromis » avait été trouvé entre tous les protagonistes de ce dossier industriel aux contours très politiques. Il avait notamment été convenu que la présidente de la province sud, Sonia Backès (loyaliste) demande à Vale de surseoir à sa décision de vendre son usine. Mais côté Vale, on envisageait un report de « quelques jours » tandis que du côté adverse on estimait avoir besoin de « deux, trois mois » pour améliorer l’offre de Korea Zinc. Chaque camp accuse l’autre de manquer à sa parole.

« On a l’impression d’avoir perdu notre temps. Nos mobilisations vont reprendre sur le terrain », ont indiqué les dirigeants de l’ICAN et du FLNKS samedi soir après une réunion houleuse à la province sud. De son côté, la coalition « Les loyalistes » à laquelle appartient Sonia Backès a dénoncé une « politique de la terre brûlée » et « les menaces de violence ».

Selon le haut-commissariat de la République, « plusieurs gendarmes ont été blessés » lors d’une intervention dimanche matin pour libérer les accès au site de l’usine de Vale. Ce matin (lundi à Nouméa) les protestataires bloquent les accès au centre-ville de Nouméa.

 

« Soutenons l’état de droit », dit Thierry Santa

Le président du gouvernement calédonien, Thierry Santa, s’est exprimé sur les réseaux sociaux. Il accuse les partisans de la reprise par Korea Zinc d’avoir « renié leur engagement ».

 » Ne nous laissons pas tromper. Dans un état de droit, personne ne peut dénoncer l’accord d’exclusivité signé entre Vale Monde et Trafigura / Prony Resources. Dans un état de droit, les droits des acteurs économiques sont garantis. Dans un état de droit, les coups de force n’y changeront rien.
En revanche, les coups de force et les blocages n’auront qu’une conséquence : fragiliser encore l’économie calédonienne, nos familles, nos populations, en particulier les plus vulnérables d’entre-nous. »
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Journal de 7:30, le 07/12/2020

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