ACTUS LOCALESSOCIÉTÉ Un an après la mort d’Ayden, une marche du « plus jamais ça » à Papeete Alexandra Perrini 2026-05-19 19 Mai 2026 Alexandra Perrini L’association Te Feti’i organise ce samedi une marche blanche à Tahiti en « hommage aux enfants victimes de violences », notamment la petite Ayden décédée voilà un an à la suite de graves maltraitances en famille d’accueil. Cette mobilisation silencieuse veut surtout « marquer le début d’un mouvement plus grand pour renforcer la prévention, soutenir les familles, sensibiliser à la non-violence éducative et construire des solutions concrètes pour les générations futures ». Le départ est prévu à 8 heures à Taunoa, et le cortège longera le front de mer pour rejoindre l’avenue Pouvanaa et le Haut-commissariat. Lire aussi : « La violence éducative n’est pas une spécificité culturelle » L’association Te Feti’i organise ce samedi une marche blanche pour les enfants victimes de violence. Une mobilisation qui s’organise près d’un an après la mort d’Ayden. La fillette, alors âgée de 7 ans, était décédé le 20 mai 2025 des suites de graves maltraitances alors qu’elle se trouvait chez une famille d’accueil. Le message du collectif apolitique est clair : « plus jamais ça ». Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, Te Feti’i dit refuser que la mort d’Ayden soit « un fait divers de plus », et dit vouloir « éveiller les consciences avec dignité, sans violence, sans haine et sans récupération politique ». Le rassemblement doit, pour les organisateurs, marquer le début d’un mouvement plus grand pour « renforcer la prévention, soutenir les familles, sensibiliser à la non-violence éducative et construire des solutions concrètes pour les générations futures ». Le cortège doit se former à 8 heures et suivra « un itinéraire symbolique : nous partirons de la zone de Taunoa, lieu marqué par le dernier drame, pour longer le front de mer. La marche se poursuivra ensuite en direction du rond-point Jacques Chirac, puis descendra vers le Haut-Commissariat. Nous nous rassemblerons enfin à la stèle, où un temps de recueillement et un court discours auront lieu sur le parking du rond-point », détaille l’association. Une marche est aussi prévue au même moment à Moorea, sur la côte de Maharepa et d’autres îles pourraient rejoindre le mouvement. Les violences éducatives Pour cette marche blanche, l’association Une enfance sans violence s’est également jointe à l’organisation. Le collectif, créé en octobre dernier, s’appuie notamment sur les travaux de deux chercheurs de l’UPF, Lucile Hervouet et Loïs Bastide. La première, sociologue travaillant sur les violences intrafamiliales, a publié deux rapports et deux articles sur les violences sexuelles et les victimes d’inceste au fenua . D’après leurs chiffres, “40 % des personnes interrogées au fenua déclarent avoir été victimes de violences physiques au sein de leur famille pendant leur enfance. En 2024, les violences intrafamiliales représentent 73 % des atteintes à l’intégrité physique enregistrées sur notre territoire”, a résumé Vanille Chapman, la fondatrice d’Une enfance sans violence. Pour elle, « beaucoup de drames peuvent être évités si on prend le temps de se poser les questions de ce qu’on met en place en tant qu’institution, ce qu’on met en place pour sensibiliser, pour accompagner, pour former les gens ». Parce que le problème aujourd’hui, en tout cas pour les violences éducatives, on est certains que ce n’est pas par plaisir que les gens utilisent la violence pour éduquer. C’est un héritage, des croyances aussi. On pense encore que le but de l’adulte, c’est d’obtenir l’obéissance de l’enfant. Il y a des choses comme ça à déconstruire et ça ne peut pas se faire en un claquement de doigts, et surtout ça ne peut pas se faire si on est chacun de notre côté à œuvrer », a-t-elle constaté.