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« Un jeu sans fin », un roman dystopique avec Makatea pour décor

La traduction française de Playground, de l’auteur américain Richard Powers, sort en librairie. Une fresque chorale qui mêle plusieurs thèmes à la mode : écologie marine, technologie et IA, vieillesse et mémoire, post-colonialisme, sur fond de mythologie polynésienne, avec l’île de Makatea pour décor.

Le fondateur d’un géant du numérique, Todd Keane, arrivé à la fin de sa vie et souffrant de démence, revisite ses souvenirs avec l’aide d’une intelligence artificielle. Trois autres personnages gravitent autour de lui : Rafi, ami d’enfance de Todd, passionné de gaming, sa compagne Ina, artiste polynésienne, et Evie Beaulieu, une océanographe inspirée de Sylvia Earle,

Ces personnages, qu’on suit à différentes époques de leur vie, vont se réunir à Makatea, ravagée par des décennies d’extraction minière, et qui est sur le point de servir de site d’essai pour un projet d’îles flottantes, après un référendum où le oui l’emporte d’une seule voix.

Un jeu sans fin aborde ainsi l’écologie marine, avec la dénonciation de la surexploitation et de la pollution plastique, la technologie et l’intelligence artificielle (qui génère, en les modifiant, les souvenirs du narrateur), le « gaming » comme métaphore de la vie, le post-colonialisme et les volontés de contrôle sur les territoires marins, et la mythologie polynésienne : le roman fait référence au mythe de Taaro’a sur la création du monde.

Ce roman ambitieux, dense, aux personnages fouillés, a été salué par sa « virtuosité narrative » teintée de poésie, et parfois critiqué pour son idéalisme. De quoi éveiller l’intérêt des lecteurs polynésiens, aux premières loges des enjeux du roman.

  • Un Jeu sans fin, de Richard Powers, traduction de S. Chauvin, 416 pp, publié par Actes Sud

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