ACTUS LOCALESTRANSPORTS Le CFPA s’attaque à la pénurie de chauffeurs de bus Vaitiare Pereyre 2025-03-17 17 Mar 2025 Vaitiare Pereyre Il manque aujourd’hui 150 chauffeurs de bus au fenua, un chiffre qui pourrait grimper à 380 d’ici trois ans. Et la formation ne suit pas : seul le RSMA forme des conducteurs de transport en commun, à raison de huit par an. Pour relancer le rythme, le Centre de formation professionnelle pour adultes (CFPA) a racheté le bus école commandé par le RTCT, qui n’a jamais pu l’utiliser faute d’agrément, et lancera en mai un programme dédié en coopération avec des auto-écoles privées. Objectif : répondre aux besoins pressants des entreprises de transport en commun, de transport scolaire et de transport touristique. Depuis 2019, faute de véhicule adapté, la Polynésie ne forme plus de chauffeurs de bus, à l’exception des huit stagiaires du RSMA qui obtiennent chaque année leur permis D. Pourtant, la situation devient critique : selon la Direction des transports terrestres, il manque aujourd’hui 150 conducteurs, et ce chiffre pourrait grimper à 380 d’ici trois ans. Pour tenter d’inverser la tendance, le Pays a demandé à son Centre de formation professionnelle pour adultes (CFPA) de faire l’acquisition d’un bus école, un véhicule pédagogique qui était resté inutilisé pendant deux ans. L’importation devait prendre du temps, mais l’établissement est tombé sur une affaire en local. Il a racheté un véhicule pédagogique initialement commandé en 2022 par la compagnie RTCT pour former ses propres conducteurs, et qui n’avait pas pu être mis en service faute d’agrément. Prix d’achat : 22 millions de francs, au lieu des 32 millions initialement prévus par le Pays pour l’opération. L’objectif ? Former rapidement des jeunes adultes à partir de 21 ans pour répondre aux besoins du secteur. Une formation accélérée et professionnalisante Aujourd’hui, la formation de chauffeur prévoit 399 heures de cours théoriques et pratiques. « Nous avons déjà un titre pro reconnu par l’État, mais pour essayer de gagner du temps, nous allons proposer un titre pro local afin de condenser les cours, explique Jean-Michel Blanchemanche, directeur du CFPA. L’idée, c’est de faire deux mois de conduite et de formation théorique, puis d’intégrer les stagiaires en entreprise avant de les faire revenir pour passer le titre local. À l’issue de cette formation, nous demanderons à la DTT une attestation de qualification professionnelle »,. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/03/BUS-ECOLE-1.wav Car jusqu’à présent, les chauffeurs de bus en Polynésie doivent attendre deux ans après l’obtention de leur permis D avant de pouvoir prétendre à cette attestation, indispensable pour conduire en toute autonomie. Avec ce nouveau dispositif, le CFPA espère réduire ce délai et faciliter l’accès à l’emploi. Au-delà de la conduite, une formation à la relation client L’apprentissage ne se limite pas à la maîtrise du volant. Un volet important sera consacré à la relation avec les passagers, un enjeu important alors que plusieurs polémiques ont éclaté ces dernières années sur le comportement de certains chauffeurs. « Avoir un titre pro, cela signifie que le conducteur a une vraie connaissance de la clientèle : comment l’accueillir, comment la gérer, qu’elle soit valide ou en situation de handicap, comment contrôler son véhicule et assurer la sécurité des passagers, à l’intérieur comme à l’extérieur. L’objectif est d’avoir des chauffeurs mieux formés et surtout mieux perçus par la clientèle », précise encore le directeur du CFPA. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/03/BUS-ECOLE-2.wav Pour maximiser l’efficacité du dispositif, le CFPA va s’associer aux auto-écoles, qui prendront en charge la formation pratique, tandis que le centre se concentrera sur l’enseignement théorique, assuré par un formateur spécialisé. À noter toutefois que le fenua ne recense seulement que quatre formateurs option groupe lourd, agréé pour dispenser ces formations. Dans les jours à venir, le directeur du CFPA rencontrera également les entreprises de transport pour mieux comprendre leurs besoins et adapter la formation en conséquence. La première session de formation, qui devrait concerner une dizaine d’adultes, est prévue en mai 2025. Le CFPA ambitionne de former entre 30 et 60 chauffeurs par an. Jean-Michel Blanchemanche. Directeur du CFPA