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Un site web rénové pour l’Académie tahitienne

L’Académie tahitienne a mis en ligne ce matin une nouvelle version de son site internet. Repensé après les problèmes techniques de 2023, le site Fare Vana’a offre désormais une interface bilingue (reo tahiti / français), une newsletter automatisée et de nouvelles fonctionnalités. Un pas de plus dans la valorisation et l’actualisation du reo tahiti.

Il est accessible dès maintenant : une version rénovée du site du Fare Vāna’a a été mise en ligne ce lundi matin.

Pour rappel, le site du Fare Vāna’a avait rencontré des difficultés début 2023 : il avait été mis hors ligne pendant quinze jours, expulsé par son service d’hébergement local, Tahiti Nui Télécom, qui dénonçait une technologie obsolète et des problèmes de sécurité. Une « expérience qui a mis en lumière la nécessité d’un changement de stratégie plus durable et mieux sécurisé », indique le communiqué de presse.

Depuis, le site a été relancé et entièrement repensé. La version mise en ligne aujourd’hui présente de nombreuses avancées par rapport à la version antérieure à 2023, selon Emmanuel Nauta, président du Fare Vana’a. « L’ancien site ne comprenait pas toutes les fonctionnalités d’aujourd’hui. Nous avons par exemple la possibilité de proposer aux utilisateurs de faire une recherche en tahitien pour obtenir la traduction en français, et inversement, du français vers le tahitien. Parmi les autres innovations, nous avons également intégré une base de newsletters. »

En effet, le site propose désormais une version totalement bilingue (reo tahiti / français), « activable en cliquant sur le drapeau tahitien ou français pour passer d’une version à l’autre », précise le communiqué. Autre évolution notable : une base de données dédiée aux newsletters permet leur automatisation. Un gain en termes de temps et de fiabilité, puisque la newsletter était « jusqu’à présent distribuée par mail, ce qui était un peu compliqué », confie Emanuelle Nauta, avant d’ajouter : « En plus, cela aura un impact mondial, puisque notre site est consulté à l’international. Donc, ceux qui souhaitent la recevoir n’auront plus qu’à s’abonner, et ils la recevront automatiquement. »

Enfin, la section « Publications » a été révisée afin de permettre la consultation des ouvrages disponibles à l’Académie.

Aujourd’hui, ce sont des millions de mots qui sont consultables sur le site, fruit d’un partenariat étroit, selon Nauta : « C’est un partenariat tripartite. Il y a l’Académie tahitienne qui, grâce à la collaboration avec Tahiti Ingénierie, nous permet d’enrichir régulièrement notre dictionnaire. D’autre part, l’UPF (Université de la Polynésie française) nous a permis d’accéder à une fonctionnalité appelée Anario (une base de données), qui est reliée au dictionnaire et nous permet de l’enrichir chaque jour. »

Un projet de rénovation qui a un coût. Si la première phase des travaux du site a été offerte par Tahiti Ingénierie en 2023, celle qui a démarré cette année représente un investissement de 1,3 million de Fcfp, financé par la Direction de la culture et du patrimoine, indique Emmanuel Natua.

La traduction des mots : un parcours du combattant 

Comment les mots sont-ils traduits du français au tahitien ? « Pour traduire un mot, nous vérifions d’abord s’il existe, parmi les termes tahitiens, un mot dont la définition se rapproche de celle du mot français. S’il n’y en a pas, nous regardons du côté de nos voisins du Pacifique — les Maoris, les Hawaiiens… — comment eux le traduisent, afin de nous en inspirer. S’agissant de la proximité des définitions, je vous donne un exemple : on nous a demandé de traduire le mot coordonnées (téléphone, adresse, etc.). En français, ce mot désigne les éléments permettant de nouer des contacts. Nouer, ça existe chez nous ; contact aussi. On rajoute les deux : TĀ’AI HONO, ce qui donne HŌRO’A TĀ’U TĀ’AI HONO : Donne-moi tes contacts. »

Un « processus long et difficile », certes, mais qu’il faut poursuivre, notamment en hommage « aux prédécesseurs qui ont fait un travail extraordinaire, un travail de fond, alors qu’ils n’avaient pas les moyens de recherche dont nous disposons aujourd’hui », conclut Emmanuel Nauta.

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