ACTUS LOCALESSANTÉ

Une campagne de dépistage de l’hépatite B aux Australes et aux Marquises

L’hépatite B, qui fait encore plus d’un million de victimes par an dans le monde, est toujours d’actualité au fenua. Particulièrement aux Australes et aux Marquises, parmi les personnes nées avant l’instauration de la vaccination obligatoire à la naissance en 1995. Une campagne de dépistage va être réalisée en 2026 dans les deux archipels, en commençant par Hiva Oa et Rurutu.

Les hépatites virales de type B et C restent un problème de santé majeur, particulièrement dans « la région Pacifique qui concentre près de 40% de la charge mondiale, avec une prévalence élevée du VHB et des cancers du foie associés », rappelle le bulletin de veille sanitaire de l’Arass. En 2019, 1,1 millions de décès dans le monde sont attribués aux hépatites virales, qui provoquent cirrhoses et cancers du foie. On estime que le virus de l’hépatite B est responsable de 40% des cancers du foie, le 2e cancer le plus mortel.

La vaccination à la naissance contre le virus de l’hépatite B, rendue obligatoire au fenua en 1995, a porté ses fruits chez la jeune génération, qui montre aujourd’hui une prévalence de l’antigène HBs inférieure à 1%, soit le seuil officiel de l’OMS pour considérer que le virus de l’hépatite B est éradiqué.

Le virus de l’hépatite B se transmet par tous les liquides et sécrétions biologiques, le plus souvent par le sang et par contact sexuel. L’hépatite B est considérée comme une maladie infectieuse extrêmement contagieuse : le virus de l’hépatite B est 50 à 100 fois plus infectieux que celui du SIDA. Les principales voies de transmission sont la transmission de la mère à l’enfant pendant l’accouchement, le contact étroit avec une personne infectée, les contacts sexuels, les injections (toxicomanie), les transfusions à risques, voire le tatouage. Statistiquement dans le monde, les modes de transmission les plus fréquents sont de la mère à l’enfant et entre enfants d’une même famille. Si 90% des adultes contaminés par le virus guérissent spontanément, ce n’est pas le cas des enfants : seuls 10% des nourrissons et 50% des enfants de 1 à 5 ans sont capables d’éliminer le virus ; les autres deviennent porteurs chroniques. Il n’existe pas de traitement curatif, seulement des traitements qui permettent d’atténuer les symptômes et qui doivent être pris à vie. Dans les cas les plus graves, une transplantation s’avère nécessaire.

De forts taux de prévalence aux Australes et aux Marquises

Une enquête, publiée en 2024, à partir d’analyses sérologiques de plus de 2 500 personnes, a révélé que 15% des participants présentaient des anticorps indiquant une exposition antérieure au virus de l’hépatite B. Toutes ces personnes étaient nées avant la mise en place de la vaccination obligatoire.

Aux Australes le taux de prévalence est de 3,8%, et aux Marquises de 6,5%. L’étude a montré que les personnes de sexe masculin, nées avant 1995 et avec un faible niveau d’éducation étaient les plus susceptibles d’être porteuses de la maladie. Enfin, plus de 60% des porteurs ignoraient leur statut avant l’étude.

La persistance de foyers dans les Australes et les Marquises incite les autorités de santé à mettre en place un dépistage ciblé et à améliorer l’accès aux soins. Les premières actions sont prévues en 2026 à Hiva Oa et à Rurutu, où tous les habitants nés avant 1995 seront dépistés.

Article précedent

Drogue : le Haut-commissariat interdit l'accès à certains points de deal

Article suivant

À Vaipoopoo, la coopérative des pêcheurs distribue ses "poissons du cœur"

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Une campagne de dépistage de l’hépatite B aux Australes et aux Marquises