ACTUS LOCALESÉCONOMIEENVIRONNEMENTSECTEUR PRIMAIRE Unoc : « une dynamique dont il faut se saisir », dit le Cluster maritime Lucie Rabreaud 2025-06-12 12 Juin 2025 Lucie Rabreaud Le Cluster maritime de Polynésie française (CMPF) salue les annonces faites par le président du Pays et le Président de la République à l’occasion de l’Unoc à Nice. Concernant les zones de protection renforcée de la ZEE, « c’est un pas en avant. C’est vraiment positif », même s’il reste encore « beaucoup de chemin à faire ». Les discussions vont se poursuivre mais il faut y aller pas à pas pour préserver l’équilibre entre les enjeux de préservation et les enjeux économiques, dit Stéphane Renard, coordinateur du CMPF. Et concernant le traité sur la haute mer, s’il est bel et bien ratifié et appliqué, ce serait « historique ». Le Cluster maritime avait envoyé une délégation à la conférence des Nations Unies sur l’océan à Nice. Ses membres rentrent satisfaits de leur déplacement et se montrent enthousiastes sur les différentes annonces faites sur place. La modification de statut de la ZEE qui passe d’aire marine gérée et aire marine protégée est l’aboutissement « d’un travail de plusieurs décennies », note Stéphane Renard qui était le coordinateur sur place pour le Cluster maritime. Un nouveau statut qui va permettre un classement au niveau de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avec des zones de protection strictes et fortes et des comités de gestion qui se professionnalisent. « Tout ça continue de se structurer, il y a encore beaucoup de chemin à faire, il y a encore sans doute d’autres zones qui vont être définies, le travail de zonage qui a été fait avec les îles, les archipels et les pêcheurs. Bien sûr tout le monde n’est pas encore satisfait, il y a encore du chemin à parcourir mais en tous les cas c’est un pas en avant, c’est une progression donc il faut continuer à aller dans ce sens et dans cette dynamique. Pour nous c’est vraiment positif. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/UNOC-CLUSTER-AMP-tres-positif.wav Grâce à ce changement de statut, explique Stéphane Renard, la Polynésie pourra accéder à des programmes d’investissement, de financement et de préservation jusqu’à présent hors de sa portée. Cela permet aussi de donner de la crédibilité au travail des associations qui peuvent promouvoir leurs actions au niveau international : « C’est une dynamique encore une fois qu’il faut saisir, qu’il faut comprendre, des nouveaux interlocuteurs qu’il faut arriver à convaincre. » Zonage côtier : poursuivre la négociation Les maires des Marquises et des Australes n’étaient pas sur la même longueur d’onde, s’opposant au zonage côtier proposé par Moetai Brotherson. Ils demandaient une zone de 50 milles nautiques réservées aux pêcheurs côtiers, auraient pu accepter 30 milles, mais n’ont obtenu que 15 milles. Mais ce ne sont pas des décisions figées, rappelle Stéphane Renard : « Ce sont des dynamiques. C’est la première fois que ce zonage aujourd’hui sur certains archipels est à 30, sur d’autres est à 15, pour de multiples raisons et de multiples besoins d’arbitrage. La position du Cluster c’est de dire que de toute façon, il faut y aller pas après pas, il faut arriver à ce que l’ensemble des acteurs puisse intégrer ces nouvelles données, voir ce que ça donne, qu’est-ce que ça produit comme conséquences et comme effets. Et puis si demain on peut aller plus loin, continuer de négocier, de voir ce qui peut être amélioré pour satisfaire l’ensemble des parties. De toute façon c’est toujours la difficulté des usages multiples de ces grands espaces maritimes, donc il faut arriver à équilibrer les besoins des uns et des autres. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/UNOC-CLUSTER-equilibre-besoins-des-uns-des-autres.wav Pour le Cluster maritime, le but du jeu est donc de maintenir la discussion entre les différentes parties pour continuer à trouver cet équilibre entre les enjeux de préservation et les enjeux économiques. Rappelons que Moetai Brotherson s’est donné jusqu’au 8 juin de l’année prochaine, prochaine Journée mondiale des océans, pour finaliser un accord. Enfin, Emmanuel Macron assure qu’une soixantaine de pays se sont engagés à ratifier le traité sur la haute mer – qui concerne notamment les exploitations minières sous-marines ou la question des DCP dérivants – ce qui pourrait ainsi permettre de le mettre en application dès le 1er janvier 2026. C’est « historique » pour le Cluster. « Pour nous qui sommes au milieu du plus grand océan du monde, avec des zones immenses qui étaient jusqu’à présent des zones de non droit, l’application de ce traité amène de la régulation, une manière de coordonner les usages de l’ensemble des grandes puissances. Donc pour nous, c’est absolument essentiel. Si on arrive à la ratification ferme et définitive du BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdictions, ndlr) avant la fin de l’année, c’est de toute façon une très grande avancée effectivement pour la planète entière. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/UNOC-CLUSTER-BBNJ-grande-avancee.wav