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Nouvelle offensive anti-drogue : 7 400 pieds arrachés, 15 millions saisis, 395 mis en cause

La gendarmerie a mené, depuis début février une nouvelle vague de l’opération Matai Rorofai, qui a mobilisé plus de 130 gendarmes et enquêteurs spécialisés sur tous les archipels pour lutter contre les trafics de stupéfiants. Hormis 30 grammes d’ice et 80 cachets d’ecstasy, c’est surtout le paka qui était dans le viseur. Pieds arrachés, herbes et avoirs criminels saisis, pages Facebook de revente fermées… La gendarmerie a, au total, mis en cause 395 personnes, dont plusieurs chauffeurs de bus prenant en charge des élèves, qui ont été contrôlés positifs aux stupéfiants.

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Après les offensives pré-olympiques, et les différentes répliques de 2024 – année pendant laquelle la Polynésie a représenté le tiers des destructions de pieds de cannabis à l’échelle nationale -, la gendarmerie a remis le couvert de son dispositif Matai Rorofai, des opérations de « vaste ampleur » destinées à lutter contre le trafic de stupéfiants. Depuis le 1er février, et jusqu’à ce mardi, ce sont ainsi l’essentiel des effectifs de gendarmerie qui ont été mobilisés, ainsi que la plupart des services d’enquête spécialisés : analystes criminels, enquêteurs de la Section de Recherches (SR), de l’antenne de l’Ofast, du Gir et experts en nouvelles technologies (N’Tech)… Le Haut-commissariat et la procureure de la République, en charge de l’opération, avaient aussi fait appel à un escadron de gendarmes mobiles, à la cellule d’Identification Criminelle du Comgend, à des opérateurs de drones, des équipes cynophiles ainsi qu’au GIGN pour des missions d’observations ou d’intervention.

Des chauffeurs de bus positifs aux stupéfiants

Au total 130 gendarmes ont été mobilisés chaque jour ces deux dernières semaines, avec des missions très diverses. Les barrages routiers ont été accentués, avec 1 565 véhicules et conducteurs contrôlés, et 270 tests de dépistage de stupéfiants menés, dont 36 se sont révélés positifs. « À titre d’exemple, lors d’un contrôle des flux à Afaahiti, les militaires de la brigade motorisée de Faa’a ont été confrontés à un refus d’obtempérer de la part d’un conducteur de deux-roues, raconte le Haut-commissariat dans un communiqué. Rapidement interpellé, celui-ci était en possession de cannabis conditionné en sticks. Placé en garde à vue, il a permis aux enquêteurs d’identifier son fournisseur, qui a été interpellé à son tour, ainsi que cinq autres personnes impliquées dans le trafic ».  1,5 kilo d’herbe et 1,5 million de francs ont ainsi pu être saisis, et cinq personnes seront jugés le 10 mars prochain. La gendarmerie a aussi intensifié sa surveillance des abords d’établissements scolaires « qui ont permis d’inspecter 80 bus et d’identifier 3 chauffeurs positifs aux stupéfiants ».

Haro sur les points de deal… Et les pages Facebook

Les équipes ont aussi mené des campagnes d’identification et de destruction de plantations de cannabis – à Tahiti ou à Raiatea, où les opérations, assistées d’hélicoptère, avaient déjà attiré l’attention – et entrepris, côté ville, le « harcèlement des points de deal » pour « déstabiliser les trafiquants et sécuriser les quartiers ». Des opérations de fouilles ont aussi été conduites à Tatutu et Nuutania, et les investigations se sont même étendues à la toile. Une vingtaine d’individus revendant du paka ou de l’ecstasy sur les réseaux sociaux ont été arrêtés, trois pages Facebook cumulant 4180 membres ont été signalés sur la plateforme Pharos et ont depuis été fermées.

Le bilan de cette quinzaine de jours d’action est donc jugé satisfaisant par le Haut-commissariat : 7 419 pieds de cannabis détruits au total, 31,57 grammes d’ice et 80 cachets d’ecstasy saisis, ainsi que 17,2 kilos de paka récoltés et 15 720 000 francs « d’avoirs criminels »… Surtout, 395 personnes ont été mises en cause pour des infractions à la législation sur les stupéfiants, dont 45 placées en garde à vue pour les soupçons les plus graves. De quoi donner du travail aux officiers de police judiciaires, puis au parquet et aux juges pendant de longs mois.

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