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Michel Buillard, pas candidat mais déjà en campagne


Invité à clôturer, aux côtés de Cyril Tetuanui, le Congrès des maires qui s’est achevé ce jeudi à Papeete, le maire de la capitale a profité de son discours pour dresser un bilan succin de ses trente ans de mandature. Aménagements, « petite Croisette » sur le front de mer, assainissement, maisons de quartier… Michel Buillard, qui ne se représentera pas mais veut figurer sur la liste de son dauphin Rémy Brillant « pour aider », n’a pas cherché à cacher, contrairement aux autres maires réunis devant lui, que la campagne des municipales était déjà lancée. Et il estime qu’elle sera très relevée à Papeete, même si « la population accepte volontiers » la candidature de son SG. 

« Pas un adieu » mais « un peu un au revoir » pour Michel Buillard. Le tavana de Papeete, en poste depuis 1995, a profité de son discours de clôture du Congrès des maires, que la capitale accueillait ces quatre derniers jours, pour évoquer la fin de sa carrière politique. À 74 ans, et après un cinquième mandat marqué par un grave accident fin 2021 et une longue rémission, l’élu autonomiste ne se représentera pas – il l’avait déjà annoncé – et préfère « transmettre le flambeau » à son secrétaire général Rémy Brillant pour candidater en mars 2026. Une décision « pas facile à prendre », reconnait devant ses homologues de tous les archipels, l’élu autonomiste, qui a aussi été député, ministre du Travail ou de la Santé, et vice-président du gouvernement au début des années 90. « On ne met pas aisément un terme à une aussi longue vie publique au service de notre capitale et de notre Pays ». La décision est d’ailleurs tellement peu aisée, que Michel Buillard la nuance aussitôt : « si Rémy est d’accord je vais l’aider sur sa liste, précise-t-il au micro. Mais c’est quand même un au revoir, j’ai un peu de nostalgie, ça me fend le cœur ».

Et pour l’alléger un peu, le discours, très applaudi, a été l’occasion d’un bilan miniature, complété par la distribution, à tous les participants du congrès du livre Papeete en Capitales, commandé par la mairie en 2012 et fraichement réédité. Michel Buillard parle du « privilège » d’avoir pu « aménager », « moderniser » sa commune pendant ses 30 ans de mandat, de l’avoir « adapter à sa vocation touristique ». Notamment par la réfection – sur le long terme, il est vrai – du front de mer, « cette petite Croisette dont j’avais toujours rêvé ».

« Éteindre » la polémique de la Step

Mais le tavana insiste surtout sur ce qu’il considère comme « une des plus belles réussites du conseil municipal » : le système d’assainissement collectif de Papeete et de sa Station d’épuration, que les élus des îles et du reste de Tahiti avaient été invités à visiter la veille. Le choix de ce sujet n’est pas anodin : il s’agit du premier angle de campagne choisi par Tauhiti Nena, rival de Michel Buillard aux deux dernières municipales, et qui se considère comme le favori du scrutin de 2026 en son absence. Le chef de file du Papeete to’u ‘oire reproche à l’équipe sortante de « brader » les « milliards » de francs d’investissements réalisés dans cette Step en confiant sa gestion à la communauté de communes Teporionu’u, formé avec Pirae et Arue, et donc en « perdant le contrôle » de cet « outil stratégique ».

Rémy Brillant avait déjà répondu à l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports. Michel Buillard, lui, a voulu « éteindre la polémique », devant Tauhiti Nena, au premier rang après s’être mêlé ces derniers jours, comme René Temeharo par exemple, aux discussions du congrès. « Ces crédits n’appartiennent pas à Papeete, c’est de l’argent public, et il faut l’utiliser pour le bien de notre population », insiste-t-il, rappelant avoir travaillé « de longues années » pour aller chercher ces financements auprès de l’État ou de l’Union Européenne

 

Sécurité : « On en est pas encore aux problèmes de Faa’a, mais on est pas loin »

Même incursion politique en matière de sécurité. « On en est pas encore au couteau… Faa’a, ils en sont au revolver. On en est pas encore aux problèmes de Faa’a, mais on en est pas loin », lance le tavana, en s’éloignant du discours écrit. Il met en avant ses pistes de solution : les maisons de quartiers… Mais aussi les CAE, conventions d’accès à l’emploi supprimés pour leurs dérives clientélistes, mais dont Michel Buillard estime qu’ils ont permis de « reprendre en main » des jeunes de quartiers difficile. « Je ne critique pas Oscar, nuance-t-il à la sortie de l’estrade. IL a des problèmes délicats à résoudre, je suis solidaire du combat qu’il mène. Mais j’avais ma manière de voir les choses et surtout d’œuvrer, qui est différente de celle des autres. Vous connaissez la situation dans nos quartier Estall ou Vaitavatava. Les jeunes étaient un peu à l’abandon, je les ai repris en main. Grâce à la formule des CAE, on les a testé sur leurs compétences professionnelles, et y’en a pas mal qui travaillent à la mairie aujourd’hui ». 

« J’ai l’impression que la population accepte volontiers » la candidature de Rémy Brillant

Aucun doute, la campagne est lancée à la capitale. Et elle risque d’être relevée. En dehors de Rémy Brillant, Tauhiti Nena, ou Tematai Le Gayic, candidat déjà officiel du tavini, Pascale Haiti-Flosse et René Temeharo pourraient se lancer dans la course, et le nom de l’entrepreneur Jonathan Crawford a aussi circulé ces derniers mois. De quoi rendre l’élection difficile, convient le maire sortant. « Mais Rémy a commencé à tourné déjà depuis quelques années avec mon appui, et j’ai l’impression que la population accepte volontiers, précise-t-il. C’est au plus fort. Moi je souhaite que Rémy gagne, mais j’ai du respect pour tous les autres… Pour les autres ».

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Jt Vert 08/08/2025

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